‹ Œuvres complètesChapitre 2 sur 84 · I II · texte numérisé non relu

I II

Ccu\ de l'Argonnc et de Valmy Sont vêtus de pourpre éclatante.

Ils souriaient licrs, dans l'attente.

Nous criant : « Sus à l'ennemi ! »

Mais toujours passaient les Barbares !

IZt les vieux sonneurs de fanfares Criaient en vain : « Debout, les morts ! Redonnez-nous, grands dieux avares !

Du sang qui coule dans des corps ! »

LES PAROLES DU VAINCU

Dans les soleils couchants je vois Des ruines au nom sonore, Dont la gloire sur nous encore Flambe et croule, comme autrefois !

Dans les soleils fondants j'admire O Paris ! les reines d'orgueil.

J'ouvre, éperdu, longtemps, mon œil Et je vais criant, l'ame en deuil :

« Xinive ! Echatane ! Palmvre ! »

Plus d'une fois ta noble épée, O Patrie 1 a de son revers Quelque part fait tomber leurs fers !

Par ton sang fraternel trempée, Plus d'une plaine était en fleur, Où l'on riait de ton malheur !

Ah ! pour que rien ne te flétrisse.

Toi l'unique Libératrice, Oublie aussi ; pardonnons-leur !

LF.S PAROLES DU VAINCU

Vous, cnlaïus conçus dans rannco Aux ciels éclaboussés de sang !

Fils des veuves au lait puissant !

O vous dont l'Ame est condamnée A rêver de meurtre en naissant 1 Irritez nos soifs éphémères!

Répétez-nous les cris perdus Que dans le ventre de vos mères \'ous jetaient les mourants vaincus !

Un long l'antômc avec l.i nuit

Revient, angoisse inévitable !

Un spectre illustre à chaque table

S'assied muet ; son sang reluit 1

Un grand linceul au coin des bornes

Barre la route au citoyen I

Dans chaque rue un être ancien,

L'aïeule auguste aux grands yeux mornes,

Nous suit dans l'ombre et ne dit rien !

LES PAROLES DU V A I N" C U

Q.u'ils sont gnis, les corbeaux, mon l'rcro ! Les corbeaux de notre pays I Ah ! la chair des héros trahis Alourdit leur vol funéraire!

Quand ils regagnent, vers le soir, Leurs bois déserts, hantés des goules, Frère, aux clochers, on peut les voir.

Claquant du bec, par bandes soûles, Flotter comme un lourd drapeau iuiir.

Dévore l.i honte et l'outrage !

Ne dis plus, toi le fils des preux :

« Ces renards étaient trop nombreux.

Tais-toi ! Couve en ton cœur ta rage I Attends 1 prépare un jour, pour eux, Sans répit, l'heure expiatoire. Laisse-les nous voler l'histoire.

Ces porteurs d'étendards affreux Sans souffle altier dans la victoire I

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