I.E FANTÔME
Une vapeur fuit sous tes yeux, Comme un fantôme de sirène, Avec mon spectre qu'elle entraîne Hors de la terre et hors des cieux!
LE %i:VEIL
L r. S modernes rumeurs ;i l.i fin se sont tues. Dans un jardin peuplé d'innombrables statues, La plus belle des nuits qui suivent les beaux jours Fait mouvoir des lueurs sur ces fixes contours. Près des rameaux émus d'un désir de caresses, Tous, les l'aunes, les Dieux, les Nymphes, les Déesses, Troublés d'un torse nu qui tremble aux pièces d'eaux. Croient sentir une chair frissonner sur leur dos. Un tronc sveltc, par place, achève un vieux portique ; Et les Olympiens revoient un temple attique, Comme aux jours où chacun, autour d'autels fumants, Rôdait, soûl de nectar, ivre d'embrassements. Pour qu'un baiser rapide illustrant des victimes Mêlât le sang divin au sang des corps sublimes. Ces déserteurs du ciel dont la divinité N'avait d'autre vertu que la pure beauté, Ressuscites par l'Art en des formes divines, Sentent le sm\ïi divin dilater leurs narines.
Lu parfum J'ambroisie et de myrrhe est épars.
Le vent comme un soupir s'éteint. — De toutes parts
Quelque chose d'errant monte, flotte, étincelle,
llmplit tout d'un espoir de vie universelle,
Principe créateur des esprits et des corps,
lùerncl artisan d'union et d'accords,
Souffle qui vivifie, assimile et transporte
Lame d'un Dieu perdu, l'odeur d'une fleur morte!
La Nuit, mère fertile et du monde et des Dieux,
La sainte Nuit qui clôt doucement tous les yeux.
Cache aux mornes témoins de la Nature entière
Le mystère du rcve animant la matière ;
lu propageant l'amour au fond des longs sommeils,
La plus belle des nuits fait les plus beaux réveils !
Et le poète seul qui passe dans un songe
Voit le parc, au travers de la grille qu'il longe.
Tressaillir, plein d'échos oubliés dans les airs.
Plein de fantômes blancs et de socles déserts.