SOIR D ETE
SOI-Ji T)'liTl-:
i- A fcnciro sur la nuit s'ouvre Au fond du sombre corridor; Une brume d'argent recouvre Le parc touffu, plus vaste encor.
Le vieux marronnier sous la brise Incline son panache blanc Sur l'eau du bassin qui s'irise D'un rayon de lune tremblant.
Seul dans l'ombre, je sons renaître Les premiers désirs à la fois.
Le passé frissonne en mon être ; O jeunesse! 6 senteurs des bois!
Oh ! qui fera dans ce silence Eclater les bruyants accords D'un concert lointain d'où s'élance La vois stridente des grands cors?
138 I.nS AMANTS
I,;ï-b;is, quels arclicts miiuiscules A Titania, pour son bal, Dans les lis et les renoncules
C^hantoront un t'ou carnaval?
Ce soir, quel orchestre invisible, A minuit, sur les nénufars, Jouera la valse irrésistible Pour les willis aux fronts blafards?
duel aigipan, brisant l'ccorce Du chêne aujourd'hui son gardien, Ixra luire et danser son torse Au clair de lune arcadien ?
Mais l'an est mort, le Dieu d'ilclladu Couronné d'herbe et de roseaux 1 Et ce n'est que dans la ballade Que les willis sortent des eaux !
Le cor ne vibre ni n'expire ; Et les lutins, tournant en rond, Seulement dans le beau Sliakspeare Dansent aux noces d'Obéron.
Et le démon à mon oreille Siffle avec un rire moqueur L'air qui, par une nuit pareille, Pour toujours a fondu mon cœur.
lit toute la nuit, dans l'allée, J'ai vu, comme des linceuls creux, Tous mes espoirs, troupe affolée.
Se poursuivre ou se fuir entre eux.