SU% LE VIEUX 'B^'MC
IvegardeI II n'est qu'un astre aux cieux, Et qu'un chemin devant la porte.
Ecoute! Il n'est qu'un chant qui sorte De ce verger silencieux.
Il n'est qu'un souflle sur la lande, Qu'un feu de pâtre à l'horizon, Et tout autour de la maison Q.u'un seul parfum qui se répande.
Dans le bleu clair de cette nuit Il n'est qu'une cloche qui tinte, Q'une hirondelle, hors d'atteinte, Q.u'une voile sur l'eau sans bruit.
Tourne les yeux, prête l'oreille Tout auprès de nous à présent.
Dans l'herbe il n'est qu'un ver luisant, Q.u'un nid qui reste sur la treille.
SUR LE VIEUX liANC 165
Rentre en toi-même ! A notre mort, 11 n'est qu'un amour qui rayonne, Qui caresse, embaume et résonne, Q.ui nous guide quand tout s'endort.
164 I.r.S AMANTS
GL0%I^1 l'K EXCELSIS
,A Frédéric 'Tlessis,
Jv. me suis endormi, disant au bois : « Croisez, Beaux arbres, sur mon front vos palmes bienfaisantes ! Rafraîchisseurs divins des regrets embrasés, Versez en moi l'oubli des détresses présentes lu la paix que vous seuls versez! »
Et le bois, frissonnant des bourgeons jusqu'aux cimes, Mêlant les vois de l'arbre aux voix de l'arbrisseau, A fait chanter en moi les musiques sublimes Dont le premier amour, notre second berceau, A jamais berce ses vicimcs.
Je me suis réveillé, disant : « Forêt, tais-toi! Tant de jours ont passé sur la blessure ancienne ! Laisse périr la vierge ensevelie en moi ! Laisse mon âme, libre à la fin de la sienne. S'anéantir muette en soi ! »