‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 108 sur 139 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

C'est par une inspiration particulière de Dieu que Job parlait autrefois, quand il interrogeait toute la nature pour savoir où était la sagesse, et en quel lieu de l'univers on la pouvait trouver : Sapientia ubi invenitur i ? Et c'est par le même esprit que ce saint homme, après avoir inutilement cherché une chose si précieuse et si rare, faisait répondre les éléments, la mer et la terre, qu'elle n'était point chez eux ni avec eux : Abyssus dicil : Non est in me ; et mare loquitur : Aoii est mecum 2. Il voulait, dit saint Grégoire, pape, nous déclarer par là que la corruption générale où était le monde dès lors, et où il est encore plus aujourd'hui, en avait banni la sagesse ; qu'il n'en restait plus sur la terre aucun vestige ; que, depuis que les hommes s'étaient égarés en suivant les roules trompeuses de leurs passions criminelles, ils avaient perdu cette sagesse de vue ; qu'à peine désormais lu conuaissaient-ils ; qu'ils se souvenaient peut-être d'en avoir ouï parler, mais que, dans l'état de perdition et de mort où le péché les avait réduits, ils ne s'ei! souvenaient qu'à leur confusion : Penlitio et mors dixerunt : Atiribus nostris audivimiisfamam ejiis^; en un mot, qu'il n'y avait que Dieuquisùt oùhabitait cette sagesse ; mais qu'absolumeiitil fallait sortir du monde pour la trouver, et pour en découviir les \ oies : Deiis intelligit riam ejus, et ipse novit locum illius *. C'est ainsi que s'en ex[)liquait ce juste de l'Ancien Testament, qui, n'élant ni juif ni chrétien, ne laissait pas d'être inspiré de Dieu, pour donner aux juifs et aux chrétiens les plus vives idées de la religion. Oi-, permettez-moi de faire l'application de tout ceci au sujet que je traite; elle vous paraîtra naturelle, et même touchante : car la loi nous apprend que le christianisme est la véritable sagesse ; cette sagesse cachée, comme parle l'Apôlre dans le mystère de l'humilité d'un Dieu : Sapienliam in mysterio quce (tbscomUta est'^; celle sagesse que nul des mondains n'a connue, et qu il est néanmoins si importanteetsiuécessairedeconnailre : Qu'un neino principiim lut jus stecidi cuijnovit e ; cette sagesse dont Jésiis-Gurist est l'auteur, et en comiiaraisonde laïuelle toute la sagesse du monde n'est que folie : voilà, dis-je, le trésor que la foi nous

iJob, xxTiU, 12. — 'Ibid., U. — ^ Ibid., 22. — * Ibid., 23. — Cor., II, 7. — « Ibid., 8.

présente, et qui peut seul nous enrichir. C'est le chri>.lianisine pris dans la pureté de ses principes et dans la perfection de son être.

Mais où le trouve-t-ou maintenant, ce christianisme pur et sans tache, ce christianisme tel qu'il a paru dans son établissement, et que les païens mêmes ont révéré ; où le trouve-t-on ? Ubi invenitur ? Interrogeons, non plus comme Job, la mer et les éléments, mais toutes les conditions du siècle. Dans l'affreuse décadence où nous les voyons, en est-il une seule qui, rendant témoignage contre elle-même, ne confes.>e de bonne foi que ce n'est plus chez elle qu'il laut chercher ce christianisme si vénérable ? Le monde, qui, proprement et à la leltre, est cet abime d'iniquité qu'a voulu nous marquer le Saint- Esprit dans les paroles de Job ; le monde, aussi perverti qu'il est, n'en tombe-t-il pas d'accord ? Abyssus dicit : Non est in me. Et le cœur del'homme mondain, qui est cette mer orageuse, toujours dans l'agitation et le trouble que lui causent l'inquiétude et la violence de ses désirs, ne nous le fait-il pas entendre? iîi mare /of/!/ftur : Aon est mecum. Le déiéglemeut des mœurs qui croit tous les jours, et qui n'est que trop réellement la perdition et la mort des âmes, ne nous dit-il pas qu'il n'y a plus parmi nous qu'un vain fanlùme et qu'un souvenir éloigné de cet ancien christianisme dont on nous tait encoi'e de si magniliques éloges? Perditio etmors dixerunt ; Auribus nostris audivimus famam ejus. Parlons plus clairement et sans ligure. Où est-il donc ce chrislianisme tant vanté et si peu pratique, ou, [)Our mieux dire, si peu connu; où est-il ? Ubi na't'/n7Hr? C'est ici, mes chers auditeurs, que, sans craindre de paraître prévenu en faveur de la profession que j'ai embrassée, je vais rendre à Dieu la gloire qui lui appartient, en vous convaincant d'une vérité dont je défie le monde même de ne pas convenir. Vous me demandez où l'on trouve aujourd'hui ce christianisme qui faisait autrefois l'admiration même des inlidèles ? et moi, je vous dis qu'on le trouve dans l'état religieux, où Dieu, par sa miséricorde, l'a sauvé de ce déluge universel et de ce débordement de tous les vices qui oiiinoiidé le reste de la terre.

Car, malgré la triste et laiale dépiavatioii où nous avouons avec douleur que le christianisme est insensiblement tombé, nous ne pouvons api es tout disconvenir qaeUiou ne se soit réservé un peuple particulier qui, malgré l'envie du démon, est encore à présent l'hoinicur ducinistiauisme ; et qu'il n'y ait au milieu de nous des comuiunautés d'àuies élues qui, détachées de

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leurs corps, peuvent justement s'appliquer ces paroles de l'Apôtre ; In carne ambulantes, non secundum carnem militamus^ ; Quoique nous vivions dans la chair, nous ne vivons point et nous ne marchons point selon la chair. Des communautés d'àmes innocentes et tout ensemble pénitentes, qui, zélées pour le Dieu qu'elles servent, lui font, aux dépens d'elles-mêmes, des sacrifices continuels, puisque c'est pour lui, et pour lui seul, qu'elles se mortifient sans cesse, et qu'avec une humble confiance, elles ont droit de lui dire, aussi bien que David ; Qitoniampropter te mortificamur tota die"^; des communautés de vierges qui, séparées du monde, usent de ce monde comme n'en usant point : Qui utuntur hoc miindo tanquam non utantur^; qui, remplies d'une sainte haine pour le monde, et autant éloignées du monde, d'esprit et de cœur, qu'elles le sont d'intérêt et de commerce, peuvent se rendre sans présomption ce consolant témoignage, qu'elles sont crucifiées au monde, et que par la même raison le monde leur est crucifié ; Mihimundus crucifixus est, et ego mundo'^; qui, insensibles à toutes les choses périssables, sont absolument mortes à elles-mêmes, et du nombre de ceux dont il est écrit : Mortui eslis,et vita vestra t st abscondita cum Christo in Deo *. Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Jésus-Christen Dieu; qui, uniquement occupées des choses éternelles, sont déjà spirituellement ressuscitées, et n'ont de conversation que dans le ciel : Nostra autem conversatio in cœlis est^ ; des communautés de vierges qui, par le privilège de leur état, sont les véritables domestiques de Dieu , et ont non-seulement le bonheur , mais le mérite d'être toujours en sa présence , toujours aux pieds de ses autels , toujours dans l'exercice de son culte , comme si elles étaient déjà, selon l'expression de saint Paul, les concitoyennes des saints ; car c'est à elles, comme religieuses, que conviennent singulièrement ces deux qualités : Cives sanctorum et domestici Dei '. Voilà, encore une fois, ce que nous trouvons dans ces monastères, où Dieu est servi en esprit et en vérité.

Tout cela, surtout dans un sexe si délicat et si faible, nous parait au-dessus de l'homme. Cependant saint Paul, pour faire la juste définition de l'homme chrétien, y comprenait tout cela. C'est-à-dire que, selon le plan de saint t'aul, il fallait tout cela pour être chrétien ; que, dans la doctrine de saint Paul, il suffisait ■à'Ure chrétien, pour être indispensablement

I II Cor., I, 3. — ' Psal., xLiii, 22. — ' 1 Cor, vu, 31. — » Ga- Ut., TI, 14. — > Colos., 111, 3. — « PhUip., lu, 20. — ' Ephes., il, 19.

B. ToM. — III.

obUgé à tout cela ; qu'à proportion de tout cela, on était, du temps de saint Paul, plus ou moins chrétien ; et que, supposé les saintes règles qu'étabUssait saint Paul, tout cela manquant, on n'était plus qu'une ombre de chrétien. Anatlième à ceux et à celles qui, méprisant ces règles, voudraient accorder avec le nom de chrétien une vie sensuelle, une vie dissipée, une vie contradictoirement opposée à tout cela I Quoi qu'il en soit, mes chers auditeurs, grâce à la Providence de notre Dieu, nous avons la consolation de trouver encore tout cela dans le malheureux siècle où nous vivons, puisque, malgré sa corruption, nous y trouvons des maisons religieuses dont la ferveur constante et unanime ne nous représente pas moins que le christianisme naissant ; des ordres dont l'éminente piété, dont la parfaite pauvreté, dont l'inviolable régularité, dont l'angélique pureté, dont l'exemplaire austérité seraient autant de miracles, si Dieu, par un autre miracle plus grand, ne les avait même rendus communs. Or, en les rendant communs, qu'a prétendu Dieu, sinon de nous découvrir le trésor dont je parle, qui est le vrai christianisme ?

Hors de la religion, je le répète, ce trésor conçu de la sorte ne se trouve que rarement; et à prendre même le monde dans le sens de l'Ecriture, il ne s'y trouve point du tout. Car tout ce qui est dans le monde est, ou concupiscence de la chair , ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie ; et y chercher autre chose que ces trois sources infectées et empoisonnées du péché, c'est non-seulement ne pas connaître le monde, mais vouloir que saint Jean ne l'ait pas connu, quand il a dit sans exception : Omne quod est in miindo co)icupiscentia carnis est, et concupiscentia oculorum; et superbia viîœ '. Ne cherchons donc point, dans ce qui s'appelle le monde, ces pi écieux caractères du christianisme dont je viens de faire ledénombrement : ce serait chercher clans les ténèbres les plus épaisses la plus brillante luuiière. Or quel rapport y a-t-il entre l'an et l'autre ? Quœ societas luci ad tenebras " ! No cherchons point la sagesse chrétienne dans celle vie molle, dont les prétendus honnêtes gens du monde ne se font pas même un scrupule ; je dis plus, dont les dévots même du monde ne sont pas toujours ennemis. Espérer de l'y trouver, ce serait contredire le Saint-Esprit, et en appeler de l'arrêt qu'il a prononcé : Ntx iiive~ niturin terra sitaviter viventium^. Non, ce renoncement à soi-même, ce crucifiement de la chair,

1 1 Jean., u, 16. — 2 II Cor., yi, U.— > Job, .\xviii, 13.

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cette morlifîcation de l'esprit, qui est la vraie saaosse Jcs élus, ue se trouvent point parmi ceux qui afîectent de mener une vie commode et aisée. Ne cherchons point l'esprit cln-étlen dans ces états du monde où l'ambition et la cupidité dominent. Si je voulais ici les parcourir tous, je vous y ferais voir le christianisme si défiguré, qu'à peiue le distinguerait-on du paganisme, même corrompu. Laissons là le monde profane. Mai?, pour trouver le trésor que nous cherchons, entrons en esprit dans ces sanctuaires de la virginité, fermés pour le monde ; dans ces cloîtres consacrés à la retraite, et où les épouses de Jésus-Clu'ist fout leur ilemcure. Pour ne nous y méprendre pas, arrêtons-nous à ceux où l'Esprit de Dieu paraît plus régner, à ceux dont nous savons mieux que l'esprit du monde est banni, à ceux où la règle est dans sa vigueur, à ceux dont l'éclatante sainteté, de noire propre aveu, nous édilie. Ne sortons point de celui-ci, connu pour être, sans contredit, en possession de tous ces avantages. C'est ici que nous découvrons le trésor évangélique; et, sans le chercher plus loin, c'est ici que nous trouvons le christianisme, non point en spéculation ni en idée, mais en substance et en pratiijue. En effet, mes chers auditeurs (car il est important d'approfondir cette vérité), en quoi consiste, à le bien entendi-e, ce christianisme, qui est par excellence le don de Dieu ? Dans des choses inconnues au monde, et qui pour les hommes du monde sont autant de trésors cachés : je veux dh'e dans la béatitude de la pauvreté, dans la gloire de l'humilité, dans le goût et l'attrait de l'austérité. Voilà ce que le monde ne connaît pas, et à quoi, selon l'Evangile, se réduit néanmoins le royaume de Dieu que je vous prêche. Je m'explique : dans le monde on trouve des pauvres, mais qui s'estiment malheureux de l'être; dans le monde on voit des hommes humiliés, mais qui ont en horreur l'humiliation ; dans le monde on souffre, mais on est au désespoir de souffrir, et on fait toutes choses pour n'y souffrir pas. Or rien de tout cela n'est le christianisme dont il est ici question : avant Jésus-Chiist il y avait des pauvres sur la terre, comme il y en a encore, et en aussi grand nombre; mais cette pauvreté n'était pas celle que le Fils de Dieu voulait établir parmi les hommes, ni par conséquent celle qui devait foire leur bonheur dans cette vie, et lem* mérite pour parvenir à la vie éternelle. Car on ne trouvait sur la terre qu'une pauvreté forcée ; et celle qu'y voulait établir Jésus-Clirisl devait être ime pauvreté désirée, choisie, embrassée par état

et par profession. Or il est évident que la pauvreté avec toutes ces conditions ue ?e trouve point dans le monde; c'est dans la religion, dit saint Bernard, que se vérifie claircir.jrit et sensiblement ce divin paradoxe du Sau'.cur : Beati pauperes '. C'est là que parclioix, et même par vœu, on se fait un bonheur de n'avoir rien, de ne posséder rien, de n'espérer rien ; là que sa trouvent ces pauvres évangéliques, héritiers du royaume céleste. Combien de fidèles se sont tenus heureux, dans cette vue, de quitter tout et de se dépouiller de tout ? Le monde les a traités de fous et d'insensés; mais une partie de leur béatitude a été d'être réputés fous et insensés dans l'opinion du monde, pourvu qu'ils eussent l'avantage d'être les imitateurs de la pauvreté du Dieu qu'ils adoraient. Le comble de leur bonheur a été d'être persuadés, comme Jloïse, que la pauvreté de Jésus-Christ était pour eu-x un plus grand trésor que toutes les richesses de l'Egypte ; et c'est ce qu'ils n'ont trouvé que li/ms la religion.

lien est de même de la gloire de l'humilité. Auti'e paradoxe de l'Evangile : rien de plus commun dans le monde que l'humiliation; mais en même temps rien dans le monde de plus rare que l'estime et l'amour de l'humiliation. Des mépris, des disgrâces, des rebuts, des traitements indignes à essuyer; mais tout cela accompagné de chagrins, de dépits, de murmures, vodàceque produit le monde. Des honmics, par les révolutions de la fortune, abaissés et anéantis; mais jusque dans l'abaissement et l'anéantissement, des hommes orgueilleux et superbes, voilà de quoi le monde est rempli. Où se gloriiie-t-on sincèrement d'être humdié ? Dans la religion ; où l'on n'a point d'autre ambition que de n'en point avoir, point d"auue prétention que de ne prétendre rien ; où l'âme clu"élienne, surtout dans la solennité de sou sacrifice, peut dire, encore mieux que David : J'ai choisi d'être la dernière dans la maison de mon Dieu, et le choix que j'en ai fait est celui quej'accomplis aujourd'hui en me séparant du monde. Combien de grands, revêtus des honneurs du monde, se sont fait un honneur plus grand encore d'y renoncer, pour parve:ur a cette gloire? combien de vierges, distinguées par leur naissance, ont méprisé les établissements du monde les plus capables de flatter leur amour-propre, pour être les épouses d'un Dieu humble, en prenant le voile sacré? voilà ce que j'appelle le trésor de l'Evangile. Que trouve-t-on enfin dans le monde? votis

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le savez, des croix sans onction, des souffrances sans consolation, une pénitence et une austérité sans mérite ; et quel est le partage de ceux qui s'attachent au monde? l'esclavage et la servitude, un éternel assujettissement aux lois dures et tyranniques du monde, qu'ils subissent malgré eus et dans l'auicrtiane de leur cœur. Rien de plus opposé au trésor dont je parle ; car ce trésor, ditsaint Bernard, est la joie qu'on a de souffrir et de se mortifier pour Dieu ; la douceur de penser, comme saint Paul, que l'on se captive et que l'on est dans les liens pour Jésus-Christ; le goût que l'on trouve à porter son joug; les consolations intérieures de la pénitence volontairement préférée aux plaisirs des sens; la paix de l'âme dans une vie austère, soutenue constamment et avec ferveur. Or où tout cela se rencontre-t-il, si ce n'est dans la religion? Confiteor tibi, Pater, Domine cœli et teirœ, quùi ahscondisti hœc a sapientibus et prudentibus, et revelasti ea parvulis * ; Je vous bénis, ù mon Dieu, Seigneur du ciel et de la terre, je vous bénis d'avoir caché ces choses aux sages et aux prudents du siècle, et de les avoir révélées aux simples et aux petits ; je vous rends grâces de m'avùir choisi, tout indigne que je suis, pour m'associer au nombre de ces âmes prédestinées. J'ai connu parla ce qui devait être mon unique Uésor, et il ne tient qu'à moi de le posséder et d'en jouir, en demeurant ferme, et en me sanctifiant dans la vocation reUgieuse. Si vous étiez assez heureux, hommes du siècle, pour entrer dans ces sentiments, on pourrait dire que vous auriez trouvé le trésor évanfrélique. Mais qu'arrive-t-il ? De deux choses l'une : ou qu'ayant des cœurs endurcis, vous ne goûtez pas ces pensées, ou que ces pensées, par la dissipation du monde, s'effacent bientôt de vos esprits. Car, pour trouver le christianisme, il ne suffit pas de savoir tout cela et de le penser; il faut en être pénétré et efficacement persuadé. Or ces pensées, à la vue même de cette cérémonie qui vous assemble ici, ne fout communément sur vous qu'une impression superficielle, qui ne va pas jusqu'à la persuasion, et qui va bien moins encore jusqu'à la conversion. Avouonsde toutefois, malgré l'iniquitédu siècle, il y a encore dans le monde de vrais chrétiens, qui, par une grâce spéciale, y trouvent le royaume de Dieu. Ne leur disputons point cet avantage ; mais ajoutons pour leur instruction, que ce royaume de Dieu, que ce christianisme est exposé peureux dans le monde à mille dangers, dont on se préserve aussi heureusemeut

' UiUh., XI, 2&.

que saintement dans l'état religieux : c'est le sujet de la seconde partie.

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