DEUXIÈME PARTIE
Comme Dieu est absolument et souverainement saint, parce qu'il est saint par lui-même, aussi l'Esprit de Dieu, par une propriété même personnelle, est-il appelé dans l'Ecriture, nonseulement l'Esprit saint, mais l'Esprit sanctificateur, c'est-à-dire source et principe de sainteté dans tous les sujets à qui il se communique. Ce n'est donc pas sans raison que le Sauveur du monde, sur le point de monter au ciel, et parlant du Saint-Es|)rit qu'il devait envoyer sui' la terre , se servit d'une expression bien mystérieuse en appareuce, quand il dit à ses disciples que ce divin Esprit leur tiendrait lieu d'un second baptême, et qu'au moment que ces promesses s'accompliraient en eux, ce qui devait arriver peu de jours après, ils seraient baptisés par le Saint-Esprit : Vos autem baptizabimini Spirilu Sando, 7wn post mullos hos (lies '. Car l'effet propre du baptême est de purifier et de sanctifier; et le Saint-Esprit étant particulièremeut descendu pour purifier les cœurs des hommes, quelque mystérieuse que paraisse cette expression, elle ne laissait pas d'être, dans l'intention de Jésus-Christ, très-naturelle. Mais il est maintenant question d'en bien pénétrer le sens ; et puis(jiie ce baptême du Saint-Esprit a été généralement promis à tous les fidèles , il s'agit, pour vous et pour moi, d'en reconnaître l'excellence d'une part, et de l'autre les obligations. Deux points d'instruction dont vous allez comprendre la conséquence, et que je vous prie de n'oublier jamais.
H est donc vrai que le Saint-Esprit, descendant sur les apôtres, fut comme un baptême solennel, dont chacun d'eux sentit l'impression salutaire ; et c'est ce qui a fait dire à Tertullien que ces bienhem'eux disciples furent alors comme inondes de l'Esprit de Dieu : Spiritu Dei inundatos; parole emphatique, mais qui dans le fond se réduit littéralement à la promesse du Sauveur : Vos autem baptizabimini Spiritu Sancto ; puisque dans l'usage des premiers siècles du christianisme on baptisait par immersion, qui était un espèce d'inondation. Or qu'est-ce que d'être baptisé dans le Saint-Esprit, sinon acquérir, en recevant le Saint-Esprit, une pureté toute
AcU, 1, 6.
céleste et toute divine ? Je sais, chrétiens, que les apôtres, dès leur vocation à l'apostolat, avaient été baptisés par Jésus-Christ; et je sais que, par la vertu de ce premier baptême, ils étaient déjà purs devant Dieu selon le témoignage de iésus- Christ même: Et vos mundi estis '. Mais aussi vous n'ignorez pas que ce premier baptême conféré aux apôtres avait été le baptême de l'eau ; au lieu que le second, dont le Saint-Esprit, par son ineffable mission et par sa présence im. médiate, leur imprima lô caractère, fut d'une façon toute particulière le baptême du feu : différence que le saint Précurseur avait annoncée, en parlant aux juifs du Messie, et leur disant : Ipse vos baptizabit in Spiritu Sanclo, et igni 2. C'est lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit et dans le feu : différence qui se vérifia pleinement, lorsque le Saint-Esprit, en forme de langues de feu, se partagea et s'arrêta sur chacun des disciples : Et apparuerunt illis dispertitce linguœ tanquam ignis, seditque supra singulos eorum 3. Pourquoi ce symbole du feu ? Pour mar. quer, dit saint Chrysostome, que comme le feu a une vertu infiniment plus agissante, plus pénétrante et plus purifiante que l'eau , aussi, par la venue du Saint-Esprit, les cœurs des hommes devaient être purifiés d'une manière bien plus parfaite qu'ils ne l'avaient été par le premier baptême de Jésus-Christ. En effet, après le baptême de Jésus-Christ, les apôtres, tout sanctifiés et tout régénérés qu'ils avaient été par ce sacrement, ne laissaient pas d'être encore très-imparfaits. Selon le rapport que nous en fait l'Evangile, quoique baptisés par Jésus-Christ, ils étaient encore ambitieux, intéressés, jaloux ; on voyait encore parmi eux des dissensions, et ils tombaient dans des faiblesses dont cette grâce, quoique sanclifiaute, du baptême du Fils de Dieu, ne les avait pas entièrement préservés. Mai à peine ont-ils reçu le Saint-Esprit, qu'ils deviei nent des hommes tout spirituels, des homm détachés du monde, des hommes au-dessus de tout intérêt ; des hommes non-seulement saints, mais d'une sainteté consommée ; des hommes pleins de Dieu et vides d'eux-mèuîes ; en un mot, des hommes parfaits et irrépréhensibles. Us ne sont plus, dit saint Chrysostome, cet or de la terre, grossier et informe, tel que la terre le produit, mais cet or purifié et éprouvé, qui a passé par le feu : Igne examinatum, probalum terrœ, purgatum septuplum *. Or le feu par où ils ont passé, c'est ajoute saint Paul, notre Dieu lui-même : non plus notre Dieu
' Joan., iiu, 10. — " M»tth., ui, 11. — • Act. Il, S. — « Fsarm
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i'.rilé, et faisant éclater comme aulrelois le feu de sa colère sur les pécheurs, mais le Saint- Esprit ié[)aiulaiit avec profusion ses dons et ses grâces, et consumant par le feu de son amour tout ce qu'il y a dans ses élus d'impur et de terrestre : Deus ctenim noster iquis cousumeiis est '. Voulez-vous savoir, cluéliens, jusqu'à quel degré de perfection et de pureté alla ce bap- Icme de feu ? Ne vous scandalisez pas de ce que je vais dire, puisque c'est une vérité des plus constantes de la loi. Peut-être croyez-vous que ce baptême se termina dans les apôtres, à leur ôlcr certains restes de leurs premières attaches, ou au monde, ou à eux-mêmes : vous vous trompez ; j'ai quelque chose encore de plus important à vous déclarer : et quoi ? le voici : car la (jerfection de ce baptême de feu alla jusqu'à purifier leurs cœurs d'un certain genre d'attache qu'ils avaient eue et qu'ils conservaient pour Jésus -Christ. Oui, celte attache trop humaine [iour le Sauveur du monde était dans la jiersonne des apôlres un obstacle à la descente du Saint-Esprit ; et si Jésus-Christ, pour rompre celte attache, ne s'était séparé d'eirx, jamais le Sailli-Esprit ne leur eût été donné : Si enim iwu iibiero , Paraclelits nou veniet ad vos 2. Quelle incompatibilité y avait-il eiitre l'un et l'autre, et pourquoi les apôtres ne pouvaient-ils pas recevoir le Saint-Esprit, pendant qu'ils claient attachés à leur divin Maître ? Ecoulez la réponse de saint Augustin, et tirez-en vousmêmes les conséquences : Parce que les apôlres, dit ce saint docteur, en s'atlachant à Jésus- Chrisl, ne l'envisageaient pas, comme ils devaient, avec des yeux assez purs ; parce que, dans l'amour qu'ils lui portaient, ilsle considéraient trop selon l'humanité et selon la chair. Il est vrai, cette humanité était sainte, et celte cliair était consacrée par une union intime avec le Verbe ; mais parce que la grossièreté de leur esprit ne faisait pas un assez juste discernement de ce mystère, parce qu'en s'atlachant à Jésus- Christ, ils ne s'élevaient pas assez au-dessus de l'homme ; quoique ce fût l'Homme-Dieu, l'Espril de Dieu dontla sainteté surpasse inlinuueut ioulcs les idées que nous en avons, ne pouvait, dans cet état d'imperfection, les honorer de sa présence. 11 fallait donc, poursuit saint Auguslin, que les apôhes perdissent Jésus-Christ de vue, iiour pouvoir être remplis du Saiul-Espiit ; tt il lallail que le Saint-Esprit, prenant, si j'ose ainsi parler, les intérêts de Jésus-Christ conh-e Jésus-Cluist même , arrachât du cœur des apôtres les sentiments trop naturels qu'ils
'H«br., XI , 29. — ' Joan , xti, 7.
avaient pour ce Dieu-Homme. Voilà, dis-je, mes chers auditeurs, quelle a été, dans les apôtres, l'excellence de ce baptême de feu, et d'où nous devons conclure quelles en doivent être le» obligalious par rapport à nous ; je veux dire, jusqu'à quel point le Saint-Esprit doit être pour nous un Esprit de pureté et de sainteté.
Après cela faut-il s'étonner si Dieu, dès le commencement du monde, protesta, par un serment si solennel et si exprès, que jamais soq Esprit ne demeurerait dans l'homme, tandis que l'homme serait sujet à la chair ? Non pcrmanehit Spirilu>> meus inhomine... quia euro est ^ Faul-il s'étonner si, dans l'horreur extrême que Dieu conçut de la corruption des hommes, se repentant d'avoir créé l'homme, il lui ôta son Esprit, et hd lit sentir les effets de sa justice par ce déluge universel, qui fut comme l'expiation, mais l'expiation authentique, des dérèglements de la chair ? Non, non, chi'éiiens, il n'y a rien en cela qui me surprenne ; et supposé le principe que je viens d'établir. Dieu, -^elou les lois ordinaires de sa sagesse, n'en pouvait autrement user. Ce qui m'étonne, c'est qu'on se Ualte encore de pouvoir, sans éloigner Dieu de nous, entretenir dans le monde certaines attaches : attaches funestes, sources inépuisables de tous les malheurs, de tous les égarements, de ious les entêtements, de tous les excès et de tous les emportements des hommes ; attaches que l'on entretient, prétendant qu'elles sont innocentes, etqii'étant, comme on les suppose, autorisées par l'usage du monde, elles n'ont rien d'incompatible avec l'esprit de sainteté. Car c'est ainsi, mondains, que vous en jugez ; et voilà peut-être la plus dangereuse illusion dont vous ayez à vous parer. Mais vous avez beau vouloir vous tromper vous-mêmes et chercher des excuses, cet Esprit de Dieu, dont la pénétration est à l'épreuve de tous vos artifices, ou ne demeurera jamais en vous, ou détruira dans vous toutes ces damnables attaches qui vous lient à la créature, et que votre amour-propre tâche de justifier. Si vous étiea de bonne loi, et si vous vouliez, au lieu d'en croire l'esprit du monde, cet esprit de séduction et d'erreur, vous eu rap()orter à l'Esprit même de sainteté, dont vous devez être, comme chrétiens, les tem]iles vivants ; pai- les vues qu'il vous donnerait, par les remords qu'il exciterail dans vos cœurs, il vous fait recoimaitre l'impossibilité absolue de l'accorder jamais, lui qui est la pureté et la sainteté même, avec ces sortes d'attaches, surtout avec celles que la diversité du sexe, jointe à la vivacité de l'âge et du tempé-
* Geuéâ., VI, 3«
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rament, a rendues de tout temps si dangereuses et si pernicieuses. Comme Esprit de sainteté, il vous convaincrait que ces attaches ne sont ni ne peuvent être innocentes pour vous, puisque malgré vous-mêmes vous sentez bien qu'elles amollissent votre cœur ; puisque vous ne pouvez disconvenir qu'elles ne le part:ip:oiit ; puisque vous n'éprouvez que trop qu'elles le dérèglent ; puis(|ue vous savez qu'elles vous détournent, et même qu'elles vous dégoùlent de vos légitimes devoirs ; puisque du momeid que ce sont des attaches et des attaches du cœur connues pour telles, le monde même ne vous les pardonne pas ; puisqu'elles vous expo«eiit à la censure, qu'elles donnent lieu à la médisance, qu'elles servent de sujet à la laillerie ; puisque c'est au moins la matière la plus prochaine du péché ; je dis plus, puisque ce n'est communément rien autre chose qu'un déguiseiueut el un raffinement de sensualité. Voilà ce que l'Espril- Saint vous ferait voir, ce qu'il vous ferait entendre, si vous lui prêtiez l'oreille, et que vous fussiez plus dociles h. en suivre les secrets mouvemenls. Mais soit que vous l'écouticz, ou que vous ne l'écouliez pas , indépentlainment de vous, Dieu en a prononcé l'arrêt, qu'il relirerait son Esprit de l'Iiomuie qui vit selon la chair. Or le principe de ces attaches, et ce qui les lait naître, n'est-ce pas la concupiscence de la chair ? Je sais que vous leur donnez de beaux noms, et que , pour en étouffer tous les remords, vous les qualifiez sans scrupule d'amiliés honnêies. Mais l'Es|)rit de sainteté, réclamant au fond de vos consciences contre cette honnêteté prétendue, vous dit que ce sont des amitiés réprouvées de Dieu, qui, par un progrès insensible, mais infaillil)le, conduisent enfin de l'honnête apparent à l'impur et au criminel. Quoi donc! chrétiens, les apôtres n'ont pu recevoir le Saint-Esprit, tandis (ju'il leur restait pour Jésus-Christ une attache un peu trop huuiaine; et vous vous croiriez disposés à le recevoir, en laissant former dans vos cœurs des passions vives et ardentes pour de mortelles créatures, en concevant pour elles des sentiments de tendresse, dont la suite immanquable est de n'avoir plus que des sécheresses pour Dieu; en entretenant avec elles des liaisons dont la privante pervertirait un ange, s'il avait des sens; en vous engageant, parrapporl à elles, dans des affaires et dans des intrigues (|ui fout, à votre houle, laplusgraude occupation de votre vie ! Non, non, doit conclure aujourd'hui toute âme solidement chrétienne ; non, divin Esprit, je le confesse, rien de tout cela ne peut
subsister avec vous, et il y aurait même une monstrueuse contradiction dans l'alliance que j'en voudrais faire, ou que j'en croirais pouvoir faire avec la pureté des mœurs, et encore plus avec la pureté du cœur. Quand tout cela n'irait pas jusqu'à détruire, par une offense griève, voire règne en moi, et qu'absolument une telle attache ne romprait pas encore le Hen de la grâce habituelle qui m'unit à vous, le seul respect de votre adorable personne, ù Espi'it de mon Dieu, la seule idée que la foi me donne de votre délicatesse sur la préférence inlinie tjui vous est due, et sur l'amour sans partage que vous exigez comme Dieu ; la seule crainte de vous irriter et de provoquer votre jalousie { car vous êtes le Dieu jaloux), devrait me faire renoncer à tout objet créé : fût-ce mon œil, il laudrait l'arracher, puisque ce serait un sujet de scandale pour moi, et un obstacle à vos grâces les plus intimes et à la participation de vos plus exquises faveurs.
Or voilà, mes chers auditeurs, ce que j'ai appelé par rapport à nous les obligations du baptême intérieur du Saint-Esprit. Que devons-nous donc liiire pour accomplir ces obligations importantes, et à quoi, dans la pratique, doit se réduirece mystérieux baptême? Le voici. Pour répondre au dessein de Dieu, notre soin conliuuel doit être de corriger el de relianclier tout ce qu'il y a d'humain dans nos pensées, dans nos désirs, dans nos paroles et dans nos actions : car, comme disait Paul, après avoir reçu l'Esprit de Dieu, et nos actions, et nos paroles, noset désirs, et nos pensées, ne doivent plus avoir pour (in, pour objet, i)Our l'ègle, que ce qui est bien, que ce qui est louable, que ce qui est saint, que ce ((ui est exemplaire et édifiant : De cœlero, fratns. . . quœcumiiue pudica. . . qiiœcumque sancta... quœcuitKiue boiiœ fanue^; notre soin contiuuel doit être de inortilicr par l'esprit les œuvres de la chair : Si spiritu fada carnis mortificaveritis, viveiis 2. Or, par les œuvres de la chair, l'Apôtre n'entendait pas seulement ces vices grossiers, ces monstres de péché qu'il nous défendait même de nommer ; mais il entendait cent autres choses qui y conduisent, et qui, par la fragilité de notre cœur, y servent de disposition; occasions recherchées, discours licencieux, libertés imprudentes, regards iuunodfsles, curiosités, lectures, conversations, divertissements peu chrétiens, excès d'intempérance, vie malle et sensuelle : il entendait, iilles du siècle, ces airs mondains et affectés, si contraices à la pudeur et h la retenue de voire se.\e,
I Pliilip , IV, 8. — J Rom., vui, 13.
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CCS nmlilés artificieuses, et quelquefois si hon- Iciises et si scandaleuses, dont le ciel rougit; ce liivc qui inspire l'orgueil, cet étalage de vanité, cette idolâtrie de vos personnes, ce désir cITréné de plaire, que l'esprit corrompu du momie ne compte pour rien, mais dont sans doute le Saint-Esprit, si vous l'avez reçu dans celle fête, vous fait voir le danger et même le crime. Sans parler de l'impudicité, saint Paul entendait, par les œuvres de la chair, tout ce qui est en général incompatible avec la sainteté de l'Esprit de Dieu, surtout avec la charité : aniniosités, dissensions, querelles, inimitiés, haines, aversions, envies, colères vengeances : Manifesta sunlautem opéra caniis, (piœsiint... inimicitiœ, œnmhitiones, irœ, rixœ, dissensiones •. Car si vous n'aviez pas, mes frères, ajoidait-il, et puisje ajouter moi-même après lui, si vous n'aviez pas renonce à tous ces désordres, s'd vous restait encore un fiel amer contre le prochain, si \ous n'étiez i)as réconciliés de bonne foi avec cet ennemi, si vous n'aviez pas étouffé dans vos cœurs tous les sentiments de vengeance, si vous n'étiez pas tous réunis par une charité sincère et cordiale, quelque opinion qu'on ait de vous, ou que vous en ayez vous-mêmes, n'est-il pas \rai que vous seriez encore charnels ; Adhuc carnales estis 2 ? Or, tandis que vous serez charnels, ne |)rétendez pas recevoir le Saint-Esprit. Je me trompe, chrétiens, vous |)ouvez y prétendre, et vous le devez. Car, tout pécheurs que vous êtes, Dieu vous l'a promis ; et le serment qu'il a fait que son Esprit ne demeurera jamais dans l'homme, tandis que l'homme sera esclave de la chair, n'empêche pas la vérité de cet autre oracle par où il s'est engagé à répandre son Esprit sur toute chair :£/fi(»(/aM! de Spiritu meo super omnem carnem^; et c'est ce qui doit consoler les âmes faibles et imparfaites. L'Esprit de Dieu ne demeurera point en nous, taudis que nous serons charnels; mais il se répandra sur nous, allnque nous cessions d'être charnels : et voilà le miracle que nous devons lui demander ; miracle plus grand que celui de la création du monde ; ou plutôt qui, dans l'ordre de la grâce, est une espèce de création plus miraculeuse que celle du monde. Mais il faut pour cela. Seigneur, la toute-puissance de votre grâce. Quand vous créâtes le monde, vous travailliez sur le néant, et ce néant ne vous résistait pas ; ici c'est le néant du péché, qui, tout néant qu'il est, s'oppose à vous, et s'élève contre vous. Envoyeznous donc votre Esprit dans toute sa plénitude; et par là, Seigneur, créez dans nous des cœurs
■Gaitt., T, 19, 20. — ' I Cor., lu, 2. — ' Act., il, 17-
purs, des cœurs chastes, des cœurs soumis à votre loi : Cor mundum créa in me, Dens ' ; envoyez-nous cet Esprit sanclilicateur; et par là, renouvelant nos cœurs, vous renouvellerez toute la face de la terre : Emitte Spiritiim tiium, et creabiintiir, et renovubis faciem terrœ 2. Quelle force, mon Dieu, et quel zèle pour votre gloire ne nous inspirera-t-il pas! c'est ce que nous allons voir dans la dernière partie.