A LA VIERGE
bon et louable : et nous y sommesassez fidèles, parce que tout cela coûte peu : mais imiter cette Vierge dans son inviolable pureté, et dans le soin qu'elle eut de la conserver; l'imiter dans son éloignement du monde, dans son amour pour la retraite, dans son détachement d'ellemême et de tous les biens temporels, dans son obéissance aveugle à toutes le volontés de Dieu, dans sa générosité à tout faire et à tout soulïrii pour Dieu, dansla mortification de ses sens, dans son assiduité à la prière, en tout ce qui l'a sanctifiée, c'est ce qui effraie la nature, parce que c'est ce qui la combat et ce qui la gêne. Toutefois, ne nous y trompons pas ; et comme nous savons ce qu'il faut imiter dans Marie, apprenons encore pourquoi il le faut imiter; jedis que c'est pour avoir part à la gloire donlcette reine du ciel va prendre possession. Ceci est d'une extrême importance, ne le perdez pas de vue Car prenez garde, chrétiens, Marie est aujourd'iiui portée dans le sein de Dieu, pour y goûter une éternelle et souveraine béatitude ; mais ce suprême bonheur n'est point pour elle, comme bien d'autres dons qu'elle avait reçus, une pure grâce ; c'est une récompense, et, selon l'ordre de la prédestination de Dieu, il fallait que ce fût le fruit de ses mérites et de sa sainteté. Tout autre titre n'eût point sufli pour lui donner droit à ce bienheureux héritage ; et de là n'ai-je pas raison de conclure que, si nous voulons entrer en participation de sa gloire, nous devons nous y disposer par une fidèle imitation de sa vie ?Oui, mes chers auditeurs, je puis bien vous dire ici, en vous montrant la Mère de Dieu, ce que saint Paul disait aux premiers fidèles, en leur proposant Jésus-Christ même : Si covipatimur, et coiiglonficabimur ; Si vous agissez comme Marie, vous serez couronnés comme Marie ; si vous souflrcz comme elle, vous serez glor'fiés comme elle : voilà tout à la fois et le terme où vous devez aspirer, et la route par où vous y devez arriver. Ne séparons jamais ces deux choses, puisque c'est en les séparant que nous tombons, ou dans une présomption criminelle, ou dans une lâche pusillanimité. Présomption criminelle, si, ne considérant que le triomphe de Marie et l'éclat de sa gloire, vous prétendez y parvenir sans marcher par la même voie, et sans user des mêmes moyens : car ne serait-il pas bien étonnant que Dieu fût plus libéral pour vous que pour sa mère ; et que, par une faveur toute gratuite, il vous donnât, sans rien exiger de vous, ce qu'il a voulu lui vendre et ce qu'elle a dû acheter si cher ? Pusillanimité lâche, si, n'ayant égard
qu'aux difficultés du chemin où Marie vous a précédés, vous désespérez d'atteindre au terme où elle est parvenue ; au lieu de vous animer, par la vue du terme, à soutenir toutes les difficultés du chemin, à vaincre tous les obstacles qui s'y rencontrent. Ayons donc toujours ces loux grands objets devant les yeux, Marie sur ia terre, et Marie dans le ciel : si l'état de sa vie pénible et laborieuse sur la terre étonne notre faiblesse, l'état de sa vie glorieuse dans c ciel nous rassurera et nous consolera.
D'autant plus (remarquez bien ce que je dis, c'est avec cette pensée que je vous renvoie), d'autant plus que l'état de cette reine triomphante dans le ciel doit spécialement servir à nous procurer les plus puissants secours pour imiter l'état de sa vie laborieuse sur la terre. Je m'explique, et c'est là que j'en reviens, pour \ 0 e consolation et pour conclusion de ce disrcurs. En effet, chétiens, Marie va prendre place auprès du trône de Dieu, et s'asseoir ellemcmo sur le trône que Dieu lui a préparé : pourquoi ? afin que de là elle parle et agisse plus efflcacemant en notre faveur, afin que de là elle fasse couler plus abondamment sur nous les trésors célestes ; afin que de là elle se rende attentive à nos vœux, que de là elle pourvoie à tous nos besoins, que de ce trône de gloire où elle domine elle fasse pour nous un trône de miséricorde et de grâce . Voilà ce qui a rendu la dévotion à la Vierge si générale et si commune dans tous les siècles de l'Eglise ; voilà ce qui lui a attiré la confiance et la vénération de tous les peuples et de tous les Etals du monde; voilà pourquoi il n'y a pas une ville, pas même une bourgade dans toute la chrétienté, où l'on i;e voie de sensibles monuments de la piété des fidèles envers cette Mère de Dieu ; voilà ce qui a porté les princes et les monarques à mettre leur sceptre et leur couronne sous sa protection, persuadés qu'ils ne pouvaient avoir un appui plus soude ni plus inébranlable que dans une vierge dont le crédit auprès de Dieu, selon l'expression de sant Ildefonse, tient quelque chose de l'empire et de l'autorité ; voilà ce qui a engagé un de nos rois, Louis XIII, de glorieuse mémoire, à lui consacrer et sa personne et son royaume ; non point par un vœu secret, seulement formé dans son cœur, mais par le vœu le plus authentique quait jamais fait un roi chrétien, puisqu'il le fit, aussi bien que David, en présence de tout son peuple : In conspectu omnit populi ejus i ; puisqu'il en ordonna la publication dans tous les lieux de son obéissance, puis-
F*alm.. cxv. l«.
SUR LA DEVOTION A LA VIERGE
qu'il y intéressa tous ses sujets, et qu'il voulut que le souvenir en fût éternel. Voilà l'origine et la fin de ces saintes et solennelles processions qui se font aujourd'hui par toute la France, et qui sont autant de témoignages publics par où nos rois protestent qu'ils veulent dépendre de Marie, et qu'ils la reconnaissent pour leur souveraine. Voulez-vous, mes chers auditeurs, que je vous donne une pratique digue de votre piété ? elle est aisée, il n'y a point de prétexte qui vous en puisse dispenser. Faites chacun dans votre condition, ce que fit ce prince très-chrétien et très-religieux dont nous accomplissons le vœu. 11 consacra son royaume à la reine des vierges ; consacrez-lui vos familles et vos maisons ; il lui dévoua sa personne et celles de ses peuples ; dévouez-lui la vôtre et celles de vos enfants. Ce n'est pas assez , mais comme ce grand monarque, par une conduite solidement pieuse, qui ne lui acquit pas moins devant Dieu que devant les hommes la qualité de juste, voulut que son dévouement fût public, ne rougissons point de faire connaître la nôtre ; confessons librement ce que nous sommes, puisque c'est la profession de ce que nous sommes qui nous doit sauver. Ne souffrons pas que les libertins du siècle soient plus hardis à radier du culte que nous rendons à la Mère de Dieu, que nous à le défendre. Si nous sommes employés au soin et à la direction des âmes, inspironsleur la même ardeur et le même esprit. Surtout, chrétiens, souvenez-vous de cette parole de saint Anselme, que, comme toute famille solidement et saintement dévouée à la glorieuse Vierge ne périt point, aussi ne devons-nous pas coniplei" que la bénédiction de Dieu se trouve dans une famille oii la glorieuse Vierge n'est pas honorée.
C'est dans ce sentiment, ô Reine toute -puissante, que nous nous présentons à vous ; et quel comble de joie pour vos zélés serviteurs, de voir en ce jour les puissances de la terre humiliées à vos pieds ! Car c'est en ce jour que tous les grands et tous les riches du peuple implorent votre assistance, selon la prophétie de David : VtiUum tuum d«^*'«ca&untur omnes divi-
tesplehis '. C'est en ce jour qu'à l'exemple de nos rois, et en exécution du traité qu'ils ont fait avec vous, on voit les juges, les magistrats, ceux qui tiennent parmi nous les premières places et qui occupent les premières dignités, paraître devant vos autels et vous rendre hommage. Mais si les riches du peuple vous honorent de la sorte, que ne font pas les pauvres du peuple, les simples du peuple, les petits et les humbles du peuple, dont la foi est commune- i menl plus vive, et la dévotion plus ardente et plus tendre ? Quoi qu'il en soit, il est de mon ministère et de mon devoir, ô sainte Mère de Dieu, de ramasser les vœux de tout ce peuple qui m'écoute, ceux des riches et ceux des pauvres, et de vous les offrir. Souffrez que j'y joigne les miens, ou plutôt souffrez qu au nom de tout cet auditoire, je vous demande les grâces que vous savez nous être nécessaires, et que vous pouvez faire descendre sur nous. Répandez-les, ces grâces divines dont vous êtes comme la dépositaire et l'économe, répandez-les sur la personne sacrée de l'incomparable monarque qui nous gouverne, répandez-les sur ce royaume spécialement dévoué à votre culte, répandez-les sur tous en général et sur chacun en particulier. Quoique vous soyez en toutes choses notre ressource, nous ne vous demandons point tant, après tout, des grâces temporelles, que des grâces spirituelles. Eteignez le feu d'une guerre allumée dans toute l'Europe, et qui divise les princes chrétiens ; mais aidez-nous encore plus à éteindre le feu de nos passions, et cette guerre intestine qu'elles excitent au fond de notre cœur. Donnez-nous la paix avec les ennemis de cet Etat ; mais préférablement à cette paix, aideznous à recouvrer la paix de Dieu, si nous l'avons perdue, et à nous y maintenir, si nous sommes assez heureux pour y renhrer. Et puisque toutes les grâces du salut peuvent se réduire à une seule, obtenez -nous, ô parfait modèle des vertus chrétiennes, obtenez-nous la grâce d'être vos, imitateurs, comme vous l'avez été de Jésus- Christ, afin que nous régnions avec Jésus-Christ et avec vous-même dans l'éternité bieuheureme, où nous conduise, etc.
< PMbD-, XUT, ISt
250 POUR LA FÊTE DE TOUS LES SAINTS
PREMIER SEUMON POUR LA FETE DE TOUS LES SAINTS
■ ANALYSE
Sdjet. Dieu est admirable dans ses Saints.
Admirable dans leur prédestination, dans leur vocation, dans toute réconomJe de leur salut, dans leur béatitude et dani leur gloire. Mais n'en demeurons pas là ; car il y a des choses qui doivent encore plus nous toucher.
Division. Dieu est admirable de nous avoir donné les Saints pour intercesseurs et pour patrons, première partie; admirable de nous avoir proposé les Saints pour modèles et pour exemples , deuxième partie.
Première partie. Admirable de nous avoir donné les Saints pour intercesseurs et pour patrons: pourquoi ? 1° parce qu'eu cela Dieu nous découvre \'isibleiiient les trésors de sa sagesse et de sa providence ;2° parce que la gloire des Saintsen est infiniment relevée ; 3° pnrce que nous y trouvons de très-grands avantages pour notre salut.
1° Dieu, en nous donnant les Saints pour patrons, nousilécouvre visiblement les trésors de sa sagesse et de sa providenee : car c'est ainsi qu'il établit le plus bel ordre et la subonlination la plus parfaite qu'il puisse y avoir entre les hommes. Nous dépendons des Saints, et notre dépendance nous est aimable, parce que nous savons que les Saints s'intéressent en notre faveur. Leur élévation, au lieu de les enfler, leur donne i!es inclinations bienfaisantes pour nous; et, au lieu d'exciter notre jalousie, elle nous inspire une reconnaissance aiïeciueuse pour eux. De plus, c'est ainsi que Dieu a trouvé le moyen d'entretenir une sainte correspondance entre l'Eglise triomphante dans le ciel, l'Eglise militante sur la terre et l'Eglise souffrante dans le purgatoire.
2" La gloire des Saints en est infiniment relevée. En elTet, nous apprenons de là quel est le pouvoir des Saints : et s'ils sont si puissants pour les autres, quels trésors de gloire nepissè lent-ils pas pour eux-mè:nes I quelle gloire d'être nos médiateurs auprès de Dieu, et des médiateurs à qui Dieu accorde tout 1 C'est par là même encore que Dieu nous engage à les honorer nous-mêmes: en sorte qu'ils ont tout à la fois et les honneurs du ciel, et les honneurs de 1» terre.
3° .Nous y trouvons de très-grands avantages pour notre salut. Les Saints prient pour nous; et comme leurs prières sont plus efficaces que les noires, elles contn'bueut dans un sens à notre salut, plus que les nôtres: plus efficaces, dis-je, que les nôtres, soit par la dignité des Saints plus relevée, soit par leur charité plus épurée, soit par leur attention beaucoup plus constante et plus fixe, enfin, par leur ferveur beaucoup plus ardente : aussi combien de fois les hommes ont-ils éprouvé les 'salutaires effets de leur protection I
Mais comment répondons-nous à leurs soins ? Nous lesdéshonoronssur la terre, nous violons lestemplesque l'Eglise a érigés gous leur nom, nous profanons leurs fêtes. Aurons-nous après cela bonne grâce de reprocher aux hérétiques de notre siècle le mépris qu'ils ont fait du culte des Saints? A cet abus qui regarde leur culte, nous en ajoutons un autre, qui est l'abus de leur invocation. Ne parlons point de ces prières abominables qui feraient des Saints, s'ils les écoutaient, les fauteurs de nos vices; ne parlons point de ces prières mondaines et intéressées qu'on faitaux Saints pour des biens temporels, sans jamais leur demander des biens spirituels. Le grand abus de l'invocation des Saint< dans les prières même en apparence les plus religieuses, c'est que nous voûtons qu'ils demandent à Dieu pour nous ce que Dieu, selon les règles de sa sagesse, ne veut pas nousaccorder, et ce qu'il n'est pasà propos qu'il nous accorde. Nous les invoquons; et du reste, complautsw leur intercession, nous prétendons vivre sans vigilance, sans pénitence, sans gène. Souvenons-nous que, si les Saints sont puissants auprès de Dieu, ils ne le sont pas au préju lice de Dieu même et de ce que nous lui devons; et prenons garde qu'au lieu d'être nos protecteurs, ils ne deviennent nos accusateurs et nos juges.
Deuxjème partis. Admirable de nous avoir proposé les Saints pour modèles et pour exemples; car cet exemple des Saints opère en nous trois merveilleux effets : 1° Il nous persuade la sainteté; 2° il nous adoucit la. pratique de la sainteté; 3° il nous file tout |irétexte par oii nous pourrions nous défendre d'embrasser la sainteté.
1° L'exemple des Saints nous persuade la sainteté : comment? En nous faisant comprendre d'une simple vue toute la perfection et tout le mérite de la sainteté : car qu'est-ce qu'un Saint? C'est une idée réelle, visible, palpable et substantielle de toute la sainteté évangélique ; et Dieu, en nous le montrant, nous dit : Iiispice, et fac secundum exemplar ; Regarde, et conforiae-loi à ce modèle. Or, il n'est pas possible de voir la sainteté, je dis la vraie sainteté, telle qu'elle a été dans les Saints, sans l'estimer : celte estime en fait naître l'amour et le désir; et nous inspirer ces sentiment? à l'égard de la sainteté, n'est-ce pas nous la persuader? L'exemple de Dieu n'était pas propre à faire sur nous le même effet, car outre que Dieu est invisible, il n'est pas saint delamanière que nous devons l'être; notre sainteté doit consister dans la pénitence, dans la soumission, etc.. et tout cela ne peut convenir à Dieu. Il fallait donc qu'il nous proposât des hommes comme nous, et de même nature que nous : or, c'est ce qu'il a fait. C'est par de semblables exemples que l'illustre Matbalbias confirma ses enfants dans le culte du Seigneur, et c'est dans le même dessein que l'Eglise a ordonné qu'on exposât à nos yeux les images des Sainteté.
2° L'exemple des Saints nous adoucit la pratique de la sainteté: car il nous apprend. 1° qu'il n'y a rien d'ioipossilde dans la sainteté, puisqu'il n'y a rien que les Saints n'aient pu et qu'ils n'aient soutenu ; 2° qu'il n'y a rien même de si difficile qui ne puisse nous devenir agréable, puisque les Saints y ont trouvé et goûté les plus pures douceurs. Ces pensées réveillent notre courage, et le courage facilite tout.
3° L'exemple des Saints nous ôte tout prétexte par oii nous pourrions nous défendre d'embrasser la sainteté. Détail des divers prétextes que l'exemple des Saints détruit : ils pouvaient les allégu t aussi bien que nous. Qu'aurons-nous donc à répondre quand Dieu, dans son jugement dernier, nous demandera compte de l'alTreuse diQérence qui paraîtra entre leur vie et la nôtre?
Compliment au roi.
POUR LA FÊTE DE TOUS LES SALNTS
Mirabilis Deus in Sanci'S suis.
Disa est admirable dans ses Saints. (P>. LXTii, 36.)
SlUE,
Dieu, dans tons ses ouvrages, est admirable ; mais il l'est particiilicrem.ont dans ses Saints, puisque de tous les ouvrages de Dieu, un des plus merveilleux etdcs plus grands, ce sont les Saints. Il est admirable dans leur prédestination, il est admirable dans leur vocation, il est admirable dans toute l'économie de leur saint, il est admirable dans leur béatitude et dans leur gloire. Je dis, admirable de les avoir prédestinés à son royaiiiae éterr"!. ailmirabledeles avoir appelés à la foi, admii.iblc de les avoir sanctifiés par la grâce, admirable de les avoir éprouvés et purifiés par les soulfrances ; enfin, admirable d'en avoir fait des Saints et ùls bienheureux : Mirabilis in Sanctis suis. Voilà, chrétiens, ce que Dieu a fait pour ses élus, et ce que je devrais, ce semble, développer dans ce discours ; mais j'ai des choses à vous dire encore plus importantes pour votre édification ; des choses qui, dans la vue de ces bienheureux prédestinés, vous rempliront, aussi bien que le prophète royal, non pas d'une admiration stérile et sèche, mais d'une admiration afloclueuse, solide, efficace, qui fortifiera votre foi, qui excitera votre espérance, qui animera votre charité ; en deux mots, qui élèvera vos esprits, et qui touchera vos cœurs : Mirabilis J)eus in Sanctis suis. Vierge sainte, vous qui dans le ciel régnez au-dessus de tous les Saints, obtenez-moi les lumières dont j'ai besoin, et que je demande par votre intercession : faites, ô glorieuse .Mère de Dieu, que je sois animé et rempli de cet Esprit de sainlelé dont vous reçùtt^s la plénitude en concevant le Verbe éternel; faites que, servant d'organe à ce divin Esprit, j'annonce à cette cour des vérités capables d'en faire, selon l'expression de saint Paul, un peuple fervent et un peuple samt ! c'est pour cela que je vous adresse la prière ordinaire : Ave, Maria.
Il n'appartient qu'aux Saints de bien comprendre ce qu'opère en eux celui qui est l'auteur de la sainteté; el je serais téméraire, si je \oulais, dans un sujet tel que celni-ci, m'en tenir à mes propres pensées, pour vous donner l'intelligence de ce qui fait le mystère de ce jour, c'està-dire de ce qui rend Dieu si admirable dans la la personne de ses élus. Ainsi, renonçant à mes Tues particulières, et pnjfitant de celles (ju'omt eues les saints, je m'attache à celte réflexion de saintLéon, pape, que je vous prie de bien comprendre, parce qu'elle renferme tout mon des-
sein. Ce Père explique les paroles de David que j'ai choisies pour mon texte : Mirabilis Ueus m Sanctis suis ; et considérant, par rapport à nous, l'excellence de cet étal de gloire ou les bienheureux sont élevés, il dit que deux choses y doivent être comme les deux principaux objets de notre admiration : l'une, de ce que Dieu nous a donné dans les Saiijfs de si puissants protecteurs; et l'autre de ce qu'il nous a proposé dans ces mômes saints un si parfait modèle de sainteté: Mirabilis in Sanctis suis, in quibus et prœsidiwin nobis conslituit et exemplum. Voilà tout leparta^ de cet entretien : dans la première partie, jie vous montrerai combien Dieu est admirable de nous avoir donné les Saints pour intercesseurs el pour patrons; et dans la seconde, je vous ferai voir combien il est admirable de nous les avoir proposés pour exemples. Deux vérités d'une étendue infinie dans noire religion, et d'où s'ensuivent des conséquences à quoi nous devons bien, vous et moi, nous intéresser. Car voici d'abord les deux raisonnements qui se présentent à nos espiits : Les Saints sont nos iultrcesseurs et nos protecteurs; nous avonsdonc une obligation indispensable de les honoier et de les invoquer, c'est le premier point ; les saints sont nos exemplaii es et nos modèles ; nous avons donc un engageiJient essentiel à nous former sur eux et à les imiter : c'est le second point. Le premier nous apprendra ce que les Saints fonl pour nous, et le second nous instruira de ce que nous devons faire nous-mêmes poiu- être Saints. L'mi et l'autre, preuve inviiicilile de la pioposilum que j'ai avancée, que si le Dieu d'Israël est admirable, c'est particulièremenl dans ses Saints : Mira^ bilis m Sunclis suis. Voilà tout le SLJel de wtre attention.