SERMON II
P.ILU Lt; .MERCKEDI DES CENDRES.
Sur lu cérémonie des cendres.
Piih is es, pt in pulverem reverlori-'.
l'OHs êlcs poussière, el ions retournerez en pnusiièrb.
{Geiict.e,cli. ill.)
Ce sont les mémorables paroles que Dieu dit au premier homme, dans le moment de sa désobéissance; et ce sont celles que lEg'isa adresse en particulier à chacun de nous par la boni lie de ses ministres dans la cérémonie de ce jour. Paroles de malédiclion , dans le sens que Dieu les prommç.i; mais paroles de grâce et de salut, dans Li (i\\ que l'Eglise se propose en nous les fiisuit entendre. Paroles terriliîes el foudroyantes pour l'homme péc h 'ur , puisqu'elles lui signifièrent l'arrêt de sa condamnation ; mais paroles douces et consolantes pour le pécheur pénitent puisqu'elles lui enseignent la voie de sa conversion et de sa justificalion. Ainsi, remarque saint Chrysoslome , Dieu en a-t-il souvent usé, et s'est -il seivi du même moyen, tantôt pour imprimer aux hommes la terrcLif de ses jugements, et tantôt pour leur faire éprouver l'efficace de ses miséricordes.
Jenesais, chrétiens, si vonsavez jamais fait réflexion à ce que nous lisons dans le livre de lExode. Ecoutez-le; l'application vous en paraîtra naturelle, et elle convient parfaitement à mon sujet. Quand Dieu voulut punir l'Egypte , il commanda à Moïse de prendre dans sa main une poignée de cendres, et, en présence de Pharaon, de la répandre sur tout le peuple : Tollile manus plenas cineris, et spargat illum Moyses coram Pharaone [Exod. IX). L'Ecriture ajoute que cette cendre, ainsi dispersée, fut comme la matière dont Dieu forma ces lléaux qui affligèrent toute l'Egypte, et qui y causèn ul uue déso»
5a ORATEUIIS SACRES BOURDALOLÉ. • , ?&%
îalion si f^éncr.'ile : Sit/pir pulvi.i supir onnirm plus ulilc que celui lîc nodc f;iil)!cs«c, de isilerram jÈgi/pli (Exod., IX). A en juf,'er par Iro néant, et n'est-ce pas là ce queile nous l'apparence , Dieu fait aujourd'liui le même remet devant les yeux ? Cependant cette céfoinniandcmenl aux ministres de son liglise. rcmonie dont la simplicité et la sainteté de- II veut que les préires delà loi de f^râce, valent édifier, a été un scandale pour ces comme dispensateurs de ses mystères , ministres que vous avez suivis. Ils l'ont réprennent la cendre de dessus l'autel, et prouvée, et ils vous l'ont l'ait réprouver qu'ils la répandent solennellement sur tout comme eux, parce qu'ils ne la connaissaient le peu[de chrétien : Tollite maniis plenas point assez, ou parce qu'ils ne vous la faicineris. Mais dans l'intention de Dieu, l'effet saient point assez connallre. Mais oublions de celte cérémonie est, par rapport au le passé, et bénissons Dieu du présent ; béchristianisme , bien dilTérent de ce qu'elle nissons-le même par avance de l'avenir, opéra dans l'ancienne loi : car, au lieu que qui nous promet l'entier accomplissement Jlo'ise et Aaron ne répandirent la cendre de ce grand ouvrage que le Seigneur a comsur les Egyptiens que pour leur faire sentir mencé. Nous nous unirons tous; et tous de le poids de la colère de Dieu, que pour mar- e>inccrt, nous conspirerons à le soutenir, à (juer à Pharaon qu'il était réprouvé de Dieu, le' perfectionner, à le consommer. Qu'il me que pour dompter l'impiété et l'endurcis- soit [lermis d'en l'aire ici le vœu solennel et sèment de ce monarque, livré dès lors à la public; ce ne sera pas en vain. Oui, mon vengeance de Dieu; par une conduite tout Dieu, votre œuvre s'achèvera, votre nom sera opposée, les prêtres de la loi nouvelle ne glorifié, voire loi observée, votre Eglise rcrépandent aujourd'hui la cendre sur nostêlis connue : vous verseicz sur mes auditeurs vos que pour nous attirer les grâces et les fa- grâces les plus abondantes ; vous les verveurs du même Dieu, que pour nous mettre serez sur moi, et elles donneront de l'efficace en étal et nous rendre capables d'en éprouver à mes paroles. C'est pour cela même encore la boulé, que pour exciter dans nos cœurs queje m'adresseà Marié, etqueje lui dis : /Ire, les si'iilinienis d'une véritable pénitence. Maria.
C'esl ce que j'entreprends de vous l'aire voir. Il ne suffit pas pour la foi de croire de
et par où je cnnuinnee à m'acquitter auprès cœur, si l'on ne confesse de bouche : c'esl ce
de vous du ministère dont Dieu m'a chargé que sainl Pau! nous déclare en termes ex-
et que j'ai à remplir pendant tout ce saint près et à quoi j'ajoute, suiiant la doctrine
temps de carême (1). du même apôtre, qu'il ne sultil [las pour la
Vous, mes frères, qui, par la miséricorde pénitence d'avoir un cœur contrit et humilié,
du Seigneur, av( z enfin renoncé au schisme si le pécheur, au même temps, n'olTrc à Dieu
pour vous réunir à l'Eglise ; vous, pour en forme d'hostie, une chaire mortifiée et
qui je suis particulièrement envoyé, que je crucifiée avec ses désirs corrompus. Tel
regarde ici comme le premier objet de mon est, dit sainl Grégoire pape , le devoir de
zèle, et plai>e au ciel que je puisse vous ap- l'homme, qui, se trouvant composé d'une
peler un jour ma couronne et ma joie I Gau- âme et d'un corps , d'une âme >.|iirituel'e
dinin mtum et cornna mca [l'Inlip., III); et toute céleste, d'un corps terrestre et tout
vous, dis-je, nouvelle conquête delà giâce matériel, doit, selon l'un et l'autre, hono
de Jcsus-Cliris!, a[iprenez à respecter une rcr Dieu, s'il veut rendre à Dieu ce cullt;
de ces cérémonies religieuses dont use 1 E- r.iisonnable en quoi consiste l'intégrité de la
glise catholique, dans le sein de la(|uelle religion.
vous êtes rentrés. 11 yen a de plus essen- Excellent |irincipc que ji' su[iposc d'aboril,
tieles ; mais sans parler des autres, ou pour et d'où je conclus (jue la pénitenct; chre-
jnger di's autres par celle-ci, (omnieiil tienne, prise dans toute sou étendue, est
l'hérésie l'a-l-elle pu rejeter, puisque l'uu- donc un double sacriiice que Dieu exige de
leur même de celle fatale division où vous nous. Sacrificedel'esprit etsacrificeducorps :
fûtes iiialhcureusenient engages, reconnaît sacrifice de l'esiuit, par l'humiiiié de la com-
«lue les cérémonies peuvent aider la piété ponction , cl sacrifice du corps, par l'austé-
des fidèles; qu'il est non-seulement bon, rilé n)ême extérieure de la satisfaction : sa-
niais nécessaire d'en conserver quelques- crifice de l'esprit, sans lequel, comme nous
unes; que, |iour n'être plus dans la loi de l'enseigne le maître des (jenlils, le sacrifice
Mo!>e, il ne s'ensuit pas qu'il les laille loules du corps ne scit à rien, ou presque à rien,
.'bolir; qu'il est juste que, par des signes ni ne peut jamais apaiser Dieu; et sacrifi (!
I xtéricurs , l'on tnonirc les sentiments de du corps, sans quoi le sacrifice de l'e^iirt
religion qu'on a dans le cœur, elcjne d'ôltr n'est souvent qu'une illusion et un fantôme
tiiUl ce (|ui s'appelle cérémonie, c'esl meltre devant Dieu. En sorte que l'union de ces
parmi le troupeau une confusion nions- deux sacrifices est absolument iiéiessaire
Irueuse? Or, entre les cérémonies, (lueile i)0ur rendre parfait l'indocausle dont jeparle,
autre a dû moins blesser l'Eglise prot(slante et d'où dépend l'entière réconciliation de
(|ue la céréinonie des cendres? Qua-t-elle l'homme pécheur av{C Dieu, de supeislilii u\ ? qu"a-l-ellc qui ne suit au- .le m'atlache à celti; pensée, qui me con-
lorisé par l'Ecriture '.' quel souvenir nous est doit naliireHement à mon sujet, et par*'!!
que ces deux sa(rifices que la pénitence dot
,,,,„„., r , , , . , ,, , faire à Dieu, trouvent en nous deux uramii
(1 Lf P liouidaloiie lut envoyé par le roi a Mo'ithr - , , , j„ . i„ . • i i> „ .-. p^
ij.T.Vn nucurdusnouveauNooiiverlis ,«ur v i . f cher I" obstacles, dont le premier est 1 esprit doc
eai£;iiQ. " gueil, cl le second 1 e.'prit de mollesse : 1 es
CAr.Eiii:. si;hmon ii. srii la ctuKMO.MF, nr.s cendui s