‹ Œuvres complètesChapitre 118 sur 183 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

C'est un sentiment de saint Augustin qui ne peut être contesté, et qui me paraît aussi pionre à nous imprimer une haute idée de Dieu, qu'à nous donner une connaissance parfaite de nousmêmes ; savoir, que Dieu ne serait pas Dieu, si, hors de lui, nous pouvions trouver un bonheur soHde ; et que la preuve la plus convaincante et la plus sensible qu'il est notre dernière fin et notre souveraine béatitude, est qu'en nous éloignant de lui par le péché, nous devenons malheureux : Jussisti, Domine^ et sic est, ut omnis animus inordinatus pœna sit ipsi sibi. Vous l'avez ordonné, Seigneur, disait ce grand homme faisant à Dieu l'humble confession de ses misères et les déplorant, vous Tavez ainsi ordonné, et l'arrêt s'exécute tous les jours, que tout esprit qui se dérègle, et qui veut sortir des bornes de la sujétion et de la dépendance eu se

Sap., ix, 4,

SEUMON POUR LE DIMANCHE DE LA QUATRIÈME SEMAINE

séparant de vous, trouve sa peine dans luiniônie. Or, c'est là juslcuient, chrélicns, la seconde proposition que j'ai avancée ; et c'est assez de l'avoir conçue, pour en ôlre persuadé : le plus grand malheur de l'Iiomnic est de se détacher de Dieu, et de vouloir se soustraire aux lois de sa providence : pourquoi cela ? en voici les raisons. C'est qu'en renonçant h cette providence adorable, l'iioninic demeure, ou sans conduite, ou abandonné à sa propre conduite, source infaillible de tous les maux ; c'est qu'en quittant Dieu, il oblige Dieu pareillement h le quitter, et à retirer de lui cette protection paternelle, qui lîiit, selon l'Ecriture, toule la félicité des justes sur la terre ; c'est qu'il se prive par \h de la plus douce, ou plutôt de l'unique consolation quil peut avoir en certaines adversités, où la loi seule de la Providence le pourrait soutenir ; enfin, c'est que ne, voulant pas dépendre de Dieu par une soumission libre et volontaire, il en dépend malgré lui par une soumission forcée, et que, refusant de se captiver sous une loi d'amour, il ne peut éviter d'être assujetti aux lois les plus dures d'une rigoureuse justice : quatre raisons qui demanderaient autant de discours pour être traitées dans toule leur étendue et toute leur force, mais dont l'exposition simple et courte suffira pour vous convaincre et pour vous toucher.

Imaginez-vous donc d'abord, disaitsaint Chrysostome, un vaisseau en pleine mer, battu des vents et des tempêtes, bien équipé néanmoins et bien pourvu de tout le reste, mais qui n'a ni pilote ni gouvernail : tel est l'homme dans le cours du monde, quand il n'a plus Dieu pour règle de sa conduite. Au défaut de la Providence, sur quoi peut-il faire fond, et à quoi peut-il s'attacher ? S'il trouvait hors de cette Providence quelque chose de stable qui l'arrêtât et qui le iixàt, son état peut-être serait moins à plaindre ; mais il faut qu'il convienne avec moi qu'en renonçant ;\ la Providence, et en secouant le joug de Dieu, il ne lui reste que l'un ou l'autre de ces deux partis, je veux dire, ou de mettre son appui dans les hommes, ou d'être réduit à n'avoir plus d'autre ressource que lui-même. Or, des deux côtés, sa condition est également déplorable ; et quoi qu'il fasse, il est inévitablement et incontestablement malheureux. Car, d'être réduit à n'avoir plus d'autre ressource que lui-même, qu'y a-t-il, aie bien prendre, de plus terrible ? et pour peu que l'homme se connaisse, est-il rien qui soit plus capable de le désoler et de le conslcnier ? Si je me trouvais seul et sans i^uidc dans une solitude afCieuse, exposé

ù tous les risques d'un égarement sans retour, je serais dans des frayeurs mortelles. Si, dans une pressante maladie, je me voyais abandonné, n'ayant que moi-même pour veiller sur moi, je n'oserais plus com[)ter sur ma guérison. Si, dans une afiaire capitale, où il s'agirait pour moi non-seulement de ma fortune, mais de ma vie, tout autre conseil que le mien me manquait, je me croirais perdu et sans espérance. Comment donc au milieu du monde, de tantd'écueils et de pièges qui m'environnent, de tant de périls qui me menacent, de tant d'ennemis qui me poursuivent, de tant d'occasions où je puis périr, sans autre secours que moi-même, pourrai-je vivre en paix, et n'être pas dans de conlinuelles alarmes ? Aussi, chrétiens, ce qui fait tous les jours le malheur de l'homme, c'est l'homme même, obstiné à ne vouloir dépendre que de lui-même. Ce qui rend l'homme malheureux, ce n'est point ce qui est hors de lui, ni ce qui est au-dessus de lui, ni ce qui paraît même plus déclaré contre lui ; mais il est lui-môme la source de ses peines, parce qu'il veut être lui-même la règle de ses actions. Et il faut par nécessité que cela soit ainsi ; car connue, selon l'Écriture, les pensées des hommes sont incertaines, confuses, timides, surtout à l'égard de ce qui les touche, Cogitationes mortalium timidœ i : si l'homme, réduit à lui-même, ne suit que ses propres vues, dès lors le voilà dans l'inquiétude, dans l'irrésolution, dans le trouble, ne pouvant plus s'assurer de rien, obligé à se défier de tout, livré à ses caprices, à ses inégalités, à ses inconstances, esclave d'une imagination qui le joue, sujet aux altérations d'un tempérament qui le domine. Comme il est rempli de passions, et de passions toutes contraires, il doit s'attendre à en être déchiré ; et s'il se renferme dans lui-même, dès lors le voilà, selon les différentes situations, accablé de tristesse, saisi de crainte, envenimé de haine, infatué d'amour, dévoré d'une ambition démesurée, desséché des plus malignes envies, transporté de colère, outré de douleur, trouvant en lui-même non pas un supplice, mais un enfer.

Je sais, chrétiens, qu'il a une raison supérieure à tout cela, dont il peut et dont il doit s'aider ; mais si d'une part elle lui est de quelque secours, que ne lui fait-elle pas soufïrir de l'autre ? A quoi lui sert, dit saint Augustin, cette raison non soumise à Dieu et bornée à ses fai- /^les lumières, sinon à le rendre encore plus malheureux, à lui découvrir des biens auxquels il ne peut parvenir, à lui représenter des maux

; Sap., IX., 4.

SIJ.\ l.A 1M\()VII)I:\CE.

qu'il ne saurait tSifor, h oxciter eu lui des (1(^sirs (|u'il uo conleuto jamais, à lui causer des '•epeiilirs qui le lounneutenl loujouis, à lui donner du d<^^'Oiit poiu* ce qu'il a, ^ lui faire sentir la |)rivalit)U do ce qu'il n'a pas, h lui faire apercevoir dans le monde mille injustices (|ui le désespèrent et mille indif^nilés qui le révoltent ?II raisonne sur tout, maisses raisonnements i'aflligent ; il prévoit tout, mais ses prévoyances le tuent ; il aHecle d'être prudent el sage, mais n'e;l-ce pas de celte prudence même el de co(!e vaine sagesse (jue naissent ses amertumes el ^•.'s chagrins ? S'il se laissait conduire à Dieu, 'a seule vue d'une Providence occupée ii veiller sur lui fixerait ses pensées, bornerait sa cupidité, adoucirait ses passions, fortifierait sa raison, el dans ce calme de toutes les puissances de son Ame il serait heureux ; mais |)arce qifil veut l'être sans Dieu et par lui-même, il ne trouve hors de Dieu et dans lui-même que misère et aftliction d'esprit.

Que fera-t-il donc ? convaincu de son insuffisance et ne voulant pas s'attacher à Dieu, mettra-t-il sa confiance dans les hommes ? Ah ! mes chers auditeurs, autre misère encore plus grande. Car, dit le Saint-Esprit, malheur à celui qui s'appuie sur l'Iioinnie et sur un bras de chair ! Maledidus qui confiait in homine, etponlt carnem brachiumsuum i .'Et en effet, sans parler du reste, h quelle servitude cet état n'engage-t-il pas ? quelle bassesse, en secouant le Joug de Dieu, de s'imposer le joug de l'homme ; c'est-àdire de ne plus vivre qu'au gré de l'homme, de ne plus subsister que par son crédit, de n'avoir plus d'autres volontés que les siennes, de ne plus faire que ce qui lui plait, d'être obligé sans cesse à le prévenir, à le ménager, à le flatter ; d'être toujours en peine si l'on est dans ses bonnes grâces ou si l'on n'y est pas, s'il est content ou s'il ne l'est pas ! est-il un esclavage plus ennuyeux et plus fatigant ? Mais dépendre de Dieu, dont je suis sûr que la providence ne me peut manquer, voilà ce qui fait ma félicité, et ce qui faisait celle de saint Paul, quand il disait : Scio cui credidi 2. Je sais à qui j'ai confié mon dépôt. Au contraire, quand je pense qu'au défaut de Dieu, sur qui je neveux pas me reposer, je confie ce dépôt, c'est-à-dire ma destinée et mon sort, à des hommes volages, à des hommes intéressés, à des hommes amateurs d'eux-mêmes, qui ne me considèrent que pour eux-mêmes, et qui compteront pour rien de m'abandonner dès que je commencerai de leur être à charge ou que je cesserai de leur être utile ; ah ! chrétiens,

' JeroiD.. XVI , 6. — 1 11 Tira., \, ia.

pour peii(|iie j'aie de sentiment, il faut que j'avoue qu'il n'est rien de comparable à mon inalhenr. Et certes, dit saint Chrysoslome, si celle providence aimable d'un Dieu pouvait être suppléée à notre égard |»ar la [>roteclion des hommes, ce serait surtout par celle des princes, que nous regardons comme les dieux de la terre, ou par celle de leurs ministres et de leurs favoris, qui nous semblent tout-puissants dans le monde. Or, ce sont juslement là ceux sur qui l'Écrilure nous avertit de ne pas établir notre espérance à moins que nous ne voulions bàlir sur un fondement ruineux : Nolile confiderein principibus '. Et afin que l'expérience nous rendit sensible ce point de foi, ce sont ceux dont la faveur opiniâtrement recherchée et inutilement entretenue, par une juste [)unition de Dieu, fait tous les jours plus de misérables, plus d'hommes trom[)és, délaissés, sacrifiés, et par conséquent plus de témoins de celte grande vérité, que dans les enfants des hommes, je dis même selon le monde, il n'y a ()oint de salut ; In filiisfwminum, in quibiit non estsalus 2,

Cependant, chrétiens, voici le comble de l'aveuglement du siècle. Quelque persuadé que l'on soit d'une vérité dont on a tant de preuves, et qu'il nous est si important de bien comprendre, on s'obstine à la combattre, et l'on aime mieux être malheureux en dépendant de la créature, que d'être heureux en s'assujettissant au Créateur. Malgré les rigoureuses épreuves qu'on fait tous les jours de l'indifférence, de la dureté, de l'insensibiUté de ces fausses divinités de la terre, par une espèce d'enchantement on consent plutôt à souffrir et à gémir en comptant sur elles, qu'à jouir de la liberté par une sainte confiance en Dieu. Demandez à ces adorateurs de la faveur, à ces partisans et à ces esclaves du monde, ce qui se passe en eux ; et voyez s'il y en a un seul qui ne convienne que sa condition a mille dégoûts, mille déboires, mille mortifications inévitables, et que c'est une perpétuelle captivité. N'est-ce pas ainsi qu'ils en parlent dans le cours même de leurs prospérités? Mais quand, après bien des intrigues, leur politique vient à, échouer, et que, par une disgrâce imprévue qui les déconcerte et qui dérange tous leurs desseins, ils se voient oubliés, négligés, méprisés ; ah ! mes frères, s'écrie saint Augustin, c'est alors qu'ils rendent un hommage solennel à celte Providence dont ils n'ont pas voulu dépendre. El c'est alors même aussi que Dieu a son tour, et que, par une espèce d'insulte que lui permet sa justice, el qui ne blesse en rien sa miséricorde,

Psala»., cxLv,2. — » Ibid., 3.

SERMON POUR LE DIMANCHE DE L\ QUATRIf.ME SEMAINE.

il croit avoir droit de leur rc^pondre, avec cos paiolfsdii Deuléronome : Vin sunt dii eorum in quibus liahebaiit fiduciam ? Surgant, etopitulentur vobis • ; Où sont ces ilioiix dont vous vous teniez snrs, et qui (l(>vaicnt vous maintenir ? ces dieux dont la protection vous rendait si fiers, où sont-ils ? Suniant, et in necexsitntc vos protegant ^ ; Qu'ils paraissent maintenant, cl qu'ils viennent vous secourir. C'étaient vos dieux, et vous taisiez plus de fond sur eux que sur moi ; ch bien ! adressez-vous donc à eux dans Textrémité où vous êtes ; et puisque vous les avez servis comme dos divinités, qu'ils vous tirent de l'abîme, et qu'ils vous relèvent : Surgant, etopitulentur vobis.

De là, cbrétiens, quelle consolation pour un homme ainsi abandonné de Dieu, après qu'il a lui-même abandonné Dieu ? quelle consolation, dis-ie, surtout en certains états de la vie, où la foi seule d'une Providence nous peut soutenir ? Car tandis que cette foi m'éclaire, et que je suis bien persuadé de ce principe qu'il y a un Dieu, dispensateur des biens et des maux, en sorte qu'il ne m'arrive rien que par son par ordre et que i)Our mon salut et pour sa gloire, j'ai dans moi un soutien contre tousles accidents; quelque indocile, quelque révolté même que je sois selon les sentiments naturels, je ne laisse pas au moins dans la partie supérieure de mon âme et suivant les vues que me donne la toi, de me dire à moi-même : J'ai tort de murmurer et de me plaiiidre : Dieu l'a ainsi ordonné ; et puisque c'est sa volonté, je dois m'y soumettre. Or, en me condamnant de la sorte, je me console, et celte [)ensée me fortifie : quoique je ne la goûte pas peut-être d'abord, il suffit que je l'approuve, et que j'y puisse revenir quand il me plaira, pour qu'elle me soit une ressource toujours présente dans ma douleur. Mais quand j'ai une fois effacé de mon esprit cette idée de la Providence, s'il me survient une affliction de la nature de celles où la raison de l'homme est à bout, et qui ne peuvent recevoir de la part du monde aucun soulagement, où en suis-je et que me reste-t-il, sinon de boire tout le calice et de le boire tout pur, couïmc les pécheurs, sans tempérament et sans mélange ? Verumtamen fœx ejus non est exinanila : bibent omnes peccatores terrœ 3. Or, dans le cours de la vie et des révolutions qui y sont si ordinaires, il n'est rien de plus commun que ces sortes d'états ; et Dieu le pennet, chrétiens, pour nous convaincre encore plus sensiblement de la nécessité où nous sommes de nous attacher à sa providence ; et pour nous

• Deut., xxxii, 37, 38 — ' Ibid. 38. — ' i'salm., lxxit, 9,

faire voir la diffcrencc de ceux qui se confient en elle, et de ceux (pii rofiiseut de uiarcher dans ses voies. Car, de là vient qu'un juste allligé, persécuté, cl, si vous voulez, opprimé, demeure tramjuillo, possède son àme dans la i»alience et dans une paix (|ui, selon l'Apôtre, sur|)asse tout sentiment humain, tire de ses propres maux sa consolation : pourquoi ? parce qu'il envisage dansTiuiivers une Providence à qui il se fait un plaisir de se conformer. Domiuus dédit, Domi" niis (ibstulit ; sicut Domino plaçait, ita factum est • ; C'est le Seigneur qui m'avait donné ces biens, c'est lui-môme qui m'en a dépouillé : que son nom soit h jamais béni 1 Au lieu que l'impie, frappé du coup qui l'atterre, fait, pour ainsi dire, le personnage d'un réprouvé, blasphémant contre le ciel, trouvant tout odieux sur la terre, accusant ses amis, plein de fureur contre ses ennemis, se désespérant, et dans son désespoir n'ayant pas même, non plus que ce riche (le l'enfer, une goutte d'eau, c'est-à-dire d'onction et de consolation : pourquoi ? parce que c'était dans le sein de la Providence qu'il la pouvait puiser, et que celte source est tarie pour lui. Ce qui faisait dire à saint Chrysoslome que quiconque combat la Providence, combat son bonheur, parce que le grand bonheur de l'homme est de croire une Providence dans le monde et de lui être soumis.

Que dis-je, chrétiens ? et le mondain, tout rebelle qu'il est, n'est-il pas encore sous le domaine de la Providence ? Oui, il y est, et malgré lui il y sera ; mais c'est cela même qui achève son malheur. Car de deux sortes de providences que Dieu exerce sur les hommes, l'une de sévérité et l'autre de bonté, l'une de justice et l'autre de miséricorde, au môme temps qu'il se soustrait à celte providence favorable en qui il devait cherclier son repos, il se trouve livré à cette providence i igoureuse qui le poursuit pour lui faire sentir son empire le plus dominant. Comme si Dieu lui disait : Tu n'as pas voulu te ranger sous celle-ci, tu souffriras de celle-là : car je les ai substituées l'une à l'autre par une loi éternelle et irrévocable ; et dans l'étendue que je leur ai donnée, rien ne peut être hors de leur ressort. La providence de mon amour n'a pu l'engager, ce sera donc désormais la providence de ma justice qui te contiendra , qui le réprimera ; qui , par des vengeances tantôt secrètes, tantôt éclatantes, se fera sentu* à toi ; qui, tantôt par des humiliations, tantôt par des afflictions, tantôt par des prospérités dont tu seras enivré, tantôt par des adversités

' Job, 1, 21. «i

SUR LE sAcnnnrF df t.a messe.

(ÎOfjl tu seras accal)ltS lanUU |)ar des douceurs qui t'iMnpoisDiiiuMoiit le cœur, tantôt par des anieitmuos qui t'ai^;riroiit, ([ui te soulèveront et no te corrigeront pas, te nShiira malgré toi dans la dépendance. iCt voilà counnent IJieu tant de l'ois en a usé envers certains pécheurs de inar(|iie. Voilà couuncnl il a traité nn l'haraon, un Naluicliodonosor , nn Anliochus , cl hicn d'autres. Ils n'ont pas voulu le reconnaître coinnie père ; ils ont élé forcés à le reconnaître coninic juge. Ils n'ont pas voulu servir à glorifier sa providence aimable et bienfaisante ; ils ont servi h glorilier sa providence souveraine et loule-puissante. Ponam te in exemplum '. Je ferai un cxoiu[)le de toi, disait-il par son prophète à un libertin ; et c'est ce qu'il a fait et ce qu'il fait encore du peuple juif. Miracle subsistant lie la [Providence d'un Dieu irrité ; miracle qui seul peut couvolucre les esprits les plus in-

' Nahuuif lu, 6.

crédules qu'il y a un premier Maître et un Dieu dans le monde, devant huiuel toute créature doit s'humilier, et à (|ui il est juste (|ue tout homme mortel obéisse. Si donc, mes Irères, nous avons quebjiie égard à uulvc. devoir ou h notre intérêt, soumetlons-nous ùliii et à sa providence. Soumettons-lui toutes nous entreprises ; et sans négliger les moyens raisonuiiblcs qu'il nous pcriiiet d'employer |)our les faire réussir, sans y épargner nos soins, du reste reposons-nous tranquillcmi^ntetabsuliunent sur lui du succès. Bénissons-le également, et dans les biens, et dans les maux : dans les biens, en les recevant avec reconnaissance ; dans les maux, en les supportant avec patience. Demandonslui sans cesse que sa volonté s'accomplisse en nous, qu'elle s'accomplisse sur la terre et qu'elle s'accomplisse dans le ciel ; sur la terre, où il veut nous sanctifier, et dans le ciel, où il veut nous comonner. C'est ce que je vous souhaite, etc.

SERMON POUR LE LUNDI DE LA QUATRIEME SEMALNE

Page 1