IJ54 SERMON POUR LE VENDREDI SAINT
«u'i! «^cra oiili ngi^ itisull-, fo'iPdf', crucinc^ ; qu'on lui cracliera au vi«.ige, cl qu'il mourra dans l'opprobre. II y avait déji dei «itH-lfs l'nliers (pèles pro|tlièti!s avaient pr.'-dil cette m.)rl et toutes ses circ.nsl.ince*, ;ilin, <lit siinl Clirysoslome, que la proi)1ictic, t(:'nu)i;.na;,'e invincilile de h\ diviniti-, ren lit toutes les ignominies de la crois non-seulement v-ncrahles mais adorables. Cependant la preuve et lit oncoie bien plu» sensible et plus convainca'ile dans la prélidion immcdinle qu'en faisait J^'sus-Christ lui-nu"me. .Viissi tout ce qu'il av.ut marqué des livres de Moï>e et dos pruplietes, c^mrae se rapportant iï lui, s'ex(!cuta-t-ll Lienliit après et à la leltie. dans la sanglante catastropbe de sa passion et de sa mort. Argument si solide et si fort qu'il n'en fallut pas davantage pour la conver>ion de ce iameu.\ eunuque, trésorier de la reine d'Etliiopie. En serions-nous moin»'
toucbi's ? , •■ jz
2" .lésus-Cbrist est mort en faisant des miracles. Il fait trembler la terre, il ouvre les sépulcres, il ressuscite les morts, il déclihe le voile du temple, il obscurcit le soleil. Miracles confirmés par le témoignage des apûtres. Quel intérêt auraient-ils eaL rapporter de faux miracles, puis(iu'il ne leur en revenait point d'autre fruit que les plus cruelles persécutions ? De plus, le 8t\le seul dont les évangélistes ont écrit Ibi-loire de Jésus-Cbrist fait bien voir qu'ils ne parbiien! pas en hommes pa-sionnés. D'ailleurs Ri ces niirades eussent été supposés, les juifs ne se scr.iient-ils pas inscrits contre? Je conviens que les pbarisicns, malgré ces miracles, ne laissèrent pas de persister dans leur incrédulité ; mais les soldats se convertirent, et c'est en ce'amôme, reprend saint Cbrysostome, que paraît la toute-puissante vertu de ce Dieu mourant. Car, mourir en sauvant les uns et en réprouvant les autres, en convertissant ceux-là |iar miséricorde, et laissant périr ceux-ci par justice, n'est-ce pas faire éclater jusque dans sa mort les plus essentiels attributs de Dieu '? Il n'y eut qu'un seul miracle que Jésus-Cbrist ne voulut pas faire dans sa passion : c'était de se sauver lui-mJine. Mais pourquoi ne le fit-il pas ? Parce que ce seul miracle eût détruit tous les autres, et arrêté le grand ouvrage qu'il avait entrepris. Quand même il l'aurait fait ce miracle, ses ennemis n'y auraient pas plus déféré qu'îi celui de la résurrection de La/.are. Je dis plus; et Jésus-Cbrist, dans la conjoncture où je le considère, pouvant comme il est indubitable, se sauver lui-même et ne le voulant \ms, n'a-t-il pas fait quelqie cbose de plus grand et plus au-dessus de l'homme que s'i' l'eût en effet vou'u ? Enfin, cette douceur envers ses ennemis, cotte charité héro'ique, cette paix et cette tranquillité qu'il fit paraître dans sa passion ; tous ces miracles de patience, dans un homme d'ailleurs d'une conduite irréprocbablo et pleine de sagesse, n'étaient-ils pas plus miraculeux que s'il eût pensé à se tirer des mains de ses bourreaux «t qu'il se fût détaché de la croix ?
3° La mort de Jésus-Christ a été elle-mcme le plus grand de tousles miracles, parce qu'au lieu que les autres hommes meulent par faiblesse, il est mort par un effet de son absolue puissance. Comment cela ? 1" C'est qu'étant exempt de tout péché et même absolument impeccable, il ét;iil naturellement immortel ; 2° c'est qu'en vertu de son sacerdoce, étant par excellence le souverain pinlile de la loi nouvelle, il n'y avait que lui qui pût ni qui dût offrir à Dieu le sacrifice ;!e la rédemption du monde, et in>mo1er la victime qui v était destinée.' Ce fut donc lui-même qui se sacrifia ; et c'est en ce sens qu'il disait : A'e.no toUit avimaui mcam a me, sed ego pono eam a me ipso. Aussi mourut-il en poussant un grand cri vers le ciel : ce qui montre qu'il ne mourait jias par défaillance de ntiture, et ce qui fit conclure au centenier qu'il était Dieu. Il est vrai que ce Dieu mourant a eu ses langueurs et ses faiblesses, mais ses faiblesses mêmes et ses langueurs étaient autant de miracles. S'il sue dans le jardin, c'est une sueur de sang; si, quelques moments après sa mort, on lui perce le côl ■, il en sort du sang et de l'ca'i.
4° Jésus-Cbrist, par l'infamie de sa mort, est parvenu k la plus haute gloire; et, expirant sur la croix, il a triomphé par sa croix môme de l'infidélité du monde. Au seul nom de Jésus crucifij, tout fléchit le genou, comme Dieu l'avait révélé à saint Paul dans un temps oii tout semblaits'opposer à un elTetsi m.'rveilleux. Nous avons vu nos princes et les premiers de nos princes s'humilier devant sa croix. Elle a passé du lieu infâme des supplices sur le front des monarque» etdes empereurs ; elle a vaincu l'idolâtrie et détruit le culte des faux dieux. Tout cela, selon la prédiction qu'en avait faite le Sauveur lui-même; et ne sont-ce pas là les plus sensibles marques de la divinité? Nous avons peine à comprendre l'obstination et l'aveuglement des pharis' îis, après tant de miracles qu'ils avaient vus: nous en voyons actuellement un encore plus grand, je vnux dire le triomphe oe la croix; et notre foi, malgré ce miracle, est toujours languissante et chancelante. Pour bien profiter de ce mystère, tremblons et pleurons dans l'esprit d'une salutaire componction, au lieu de trembler et de pleurer par le sentiment d'une dévotion passag'^re et superficielle. Il faut que Jésus-Christ mourant fasse un miracle en nous, et c'est le miracle de notre conversion. Pécheurs, c'est pour vous que son sang coule, et voilà ce qui vous doit remplir de confiance. Il a converti ses bourreaux : pourquoi ne vous convertira-t-il pas ? Approchez du trône de .sa grâce, qui est sa croix ; mais approchez-en avec des cœurs contrits et humiliés. Donnerez-vous pour cela, Seigneur, à ma p.iroleassez de bénédiction ; et puis-je espérer qu'entre ceux qui m'écoulenl il y en aura d'aussi touchés que le cenl^.nier ?
DicrxiKME PAnxiE. C'est dans le mystère de la croix que Dieu a fait éclater plus hautement sa .sagesse. Les pensées de riionime et celles de Dieu étant aussi opposées qu'elles le sont depuis le péché, il ne faut p^s s'étonner que l'homme ait souvent entrepris de censurer les œuvres du Seigneur. Ce qui doit plus nou5 .surprendre, c'est que l'homme se soit scandalisé contre Dieu des bienfaits mêmes de Dieu. Le mystère d'un Dieu crucifié paraît au .mondain une folie; et moi je dis avee l'Apôtre, que c'est par excellence le mystère de la sagesse de Dieu. (I fallait deux choses: 1° satisfaire Dieu offensé ; l" réformer l'homme perverti et corrompu. Or, pour parvenir à ces deux fins, point de moyen plus efficaco et plus infaillible que la croix du Sauveur.
i° Point de moyen plus efficace et plus infaillible que la croix de Jésus-Christ pour satisfaire '/ieu offensé. Dieu ne pouvait être satisfait que par un Homme-Dieu; et qu'a-t-il fait cet Homme-Dieu, ou plutôt que n'a-tw, point fait? En quoi consistait l'offense de Diea ? en ce que l'homme avait affecté d'être semblable à Dieu : Eritis sicut dii ; 'X moi, dit i .".'-iimo-Dieu, potnr fialisfiire mon Père, je m'abaisserai au-dessous de tousle*- hommes : Ego aulem sum vermis. et non hnmo. L'homco o'éian révolté contre Dieu ; et moi, dit l'Homme-Dieu, je me '^erai obéissant jusques à la mort, etj'iSquesk la mort de lacroix : Foetus obediens usqve ad morlem, mortem aiUem cruus. L'homme, par une intempérance f.iminelle, avait mangé du fruit défendu ; et moi, dit I Homme-Dieu, je me ferai un bo,nme de douleurs : Virum dolorum. 'z'ouvons-nous concevoir une .réparation plus authentique ?
Ce n'est pas assei. Car j'ajoute que ce Sauveur des hommes nous a fait parfaitement comprendre trois choses auxquelles se doit rapjtorter toute la sagesse de l'homme, et dont la connaissance était pour vous et pour moi essenliellMnent attachée au mystère de Jésus-Chri.st mourant sur la croix ; savoir, ce que c'est que Dieu, ce que c'est quiî le péché, ce que c est que le saluî. Qu'est-ce que Dieu ? Un être pour la gloire duquel il a fallu qu'il y eût un Homme-Dieu humilié et anéanti jusques à la crois. Voilà l'idée que je m'en forme, et qui passe tout cecjuej'en pourrais d'ailleurs imaginer. Qu'est-ce que le péché ? un mal pour l'expiation du(|uel il a fallu qu'un Honme Dieu se fit anathème, et devînt un sujet de malédiction. Voilà ce que le mystère de la croix me prêche. Qu'est-ce que le salut de l'homme ? Un bien qui seul a coûté la vie d'un Dieu. Voilà la grande leçon que me fait ce divin Maître expirant sur la croix. Or, un mystère qui me donne de si hautes idées de Dieu, qui m'inspire ua«
SUR LA PASSrON DR ifiSllS-CIiniST.
borreur inflnie pour If pi'ehé, et qui mo Hiit priver mon salut prérérubluinuiitù tuui lc>« autre» lileni, ne doll^ll pat ttve ui ny«tère de sujîi>sso ?
2" l'oint lie moyi'ii plus eflicare et plus infailliiile i|iie hi croix do Jésus -Christ, pour réroriner l'IiomiTK; perverti et curompu
rar le \\ôvM. Il y a trois sources du péciu', s Ion s.iiiil J.aii : la chik upiscenci! des yeux, lu Concupiscence de l.i chair, et orgueil de la vie. Trois comupisrcnces dunl voici les roini.'dcs, (|ue l.; Fils du Dieu nous a ap|»orlé» du riel, et qu'il nout présente dwis sa passion : lo dépouillement de toutes choses et la nudité où il meurt, contre l'amour des rirhease», (pii c-t la concupiscence des yeux ; ses humiliations, contre l'ambition, qui est l'orgueil delà vie ; ses soulTrances, contre la sensualité, qui est la concupiscence de la chair. (Jni' serait-ce que le nunde, et ([uel or Ire y verrait-on, reprend lo savant Pic de la Blirande, si les hommes vivaient selon Kscxemides que Jésus-Christ leur a donnés et les leçon» qu'il leur a fuites dons sa passion '(
Mais pourquoi fallait-il que Jésus-Christ, sans être sujet h nos maux, en éprouvât les remèdes dans sa personne ? Il le fallait pour nous les adoucir, et pour nous en persuader l'usa-^e. S'd eût ciioisi pour nous sauver les douceurs de la vie, quel avantage notre amour-propro, source de toute corruption, n'aurait-il pas tiré de lii, et jusqu'il quel point ne s'en sera! '.-il pas prévalu ?
Mais pourquoi corriger des excès par d'autres excès, les excès de l'homme par les excès d'un Dieu ?Et moi je dis : Quelle 8agessi> d'avoir corrij^é des excès de malice par des excès de perfection, des excès d'iniquité par des excès de sainteté, des excè» d'ingialilutle jiar des excès d'amour I
Kn voiiîj trop pour confondre un jour noire raison dans le jugement de Dieu ; et n'est-il point déjîi commencé pour nous, ce jugement ? Car dès aujourd'hui ce Sativenr mourant s'est mis en (lossession de jnf^er le monde : Nunr iwHcium est inundi. Sa croix sera produite contre nous !i la lin des si(!cles : Tune parcbit signuin Fitii hnminis. l*ensée tciribl • p »iir un mon lain : C'est la croix de Jésus-Clirisl qui méjugera ! Tout ce qui ne s'y trouvera pas conforme, portera le caractère et le sceau de la réprcl.a!io:i. .Vu contraire, puMisoc cousolante pour une àme fi lè|j et juste : C'est la croix de Jésus-Chri.-,l qui décidera démon sort ; cotte croix en qui j'ai mis ma confiance, cette croix dont je vais adorer limage devant cet autel, et dont je vais être moimême une image vivante.
Judtei signa petunl, et Graei sapientiam quterunl ; no$ aulem
pradicamus Chrislum crucilixum, Judteis quidem scandalum, Gentibus aulem slu'.lititm ; tpsis autem vocalis Judieis algue Gracis, Christuvi Dei virlulem, el Dei sapicnliam.
Les Juifs demandent dos miracles, et les Grecs cherchent la sagesse. l'our nous, nous prêchons Jésus-Clirist crucifié, qui est un sujet de scandale auK Juifs, et qui paraît une folie au< OentUs; mais qui est la force de Dieu et la sagesse de Dieu à ceux qui sont appelés, soit d'entre les Gentils, soit d'entre les Juifs. {Dans Utpremière cpîre aux Corinthiens, chap. 1,22,23, 24.)
Sire, Si jamais les prédicateurs pouvaient avec quel([ue sujet ap[)arenl rougir de leur ministère, ne serait-ce pas en ce jour, où ils se voient obligés de publier les humiliations étonnantes du Dieu qu'ils annoncent, les outrages qu'il a reçus, les faiblesses qu'il a ressenties, ses langueurs, ses souriiancos, sa passion, sa mort? Cependant, disait le grand Apôtre, malgr;^ les ignominies de la croix, je ne rougirai jamais de l'Evangile de mon Sauveur ; et la raison qu'il en apporte est aussi surprenante, et même encore plus surprenanle que le senlitnentqu'il en avait : c'est que je sais, ajoutait-il, que l'Kvangile de la croix est la vertu de Dieu pour tous ceux qui sont éclairés des lumières de la foi ; Non enibesco EvatigeUum ; virtus enim Dei est omni credenti K Non-seulement saint Paul n'en rougissait point, mais il s'en glorifiait. Car, à Dieu ne plaise, mes frères, écrivait-il aux Calâtes, que je fasse jamais consister ma gloire dans aucune autre chose que dans la croix de Jésus- Christ : Mihi aiUem ahsit gloriari nisi in cruce Domini nostri Jesu Chiisti 2. Bien loin que la croix lui donnât de la confusion dans l'exercice de son ministère, il prétendait que, pour soutenir son ministère
} Boa»., I, te. — s Galat. , vi, 14,
avec honneur, le plus infaillible moyen était de prêcher la croix de l'Homme-Dieu ; et qu'en effet il n'y avait rien dans tout l'Evangile de plus grand, de plus merveilleux, de plus propre même à satisfaire des esprits raisonnables et sensés, que ce profond et adorable mystère. Car voilà le sens littéral de ce passage tout divin que j'ai choisi pour mon texte : Judœi signa pelunt^ et Grœci sapientiam qiiœrunt i ; Les juifs incrédules detnandenl qu'on leur fasse voir des miracles; les Grecs vains et superbes se piiiueiii de chercher la sagesse. Les uns et les autres s'obstinent à ne vouloir croire en Jésus-Christ qu'à ces deux conditions. Et moi, dit l'Apôtre, [iour confondre également l'incrédulité des uns et la vanité des autres , je me contente de leur prêcher Jésus-Christ même crucifié : pourquoi? parce que c'est par excellence le miracle de la force de Dieu, et tout ensemble le chef-d'œuvre de la sagesse de Dieu. xMiraclc de la force de Dieu, qui seul doit tenir lieu aux juifs de tout autre miracle : Christum crucifixum Dei viitutem. Chef-d'œuvre de la sagesse de Dieu, qui seul est plus que suffisant pour soumettre les Gentils au joug de la foi, et pom' les faire renoncer à toute la sagesse mondaine: Christum crucifixum Dei sapientiam.
Admirable idée que concevait le docteur des nations, se représentant toujours la passion du Sauveur des hommes comme un m\ stère de puissance et de sagesse. Or, c'est à cotte idée, chrétiens, que je m'attache, parce qu'elle m'a paru d'une part plus propre à vous édifier, et de l'autre plus digne de Jésus-Christ, dont j'ai à
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SEKMON POUR LE VENDFiEDI SAINT.
vous faire aujourd'hui l'éloge funr'hre. Car il ne s'aj^il pas ici tic pleurer la inorl de ccl Iloinnie- Dicu. Nos laruies, si nous en avons à répandre, doivent ôlre réservées pour un autre usage, et nous ne pouvons ignorer quel est cet usage que nous en devons faire, après que Jésus-C.hrist lui-même nous l'a si positivement et si dislinctcnient marqué, lorsque, allant au Calvaire, il dit aux filles de Jérusalem : Ne pleurez point sur moi, mais sur vous. Il ne s'agit pas, dis-je, de pleurer sa mort, mais il s'agît de la méditer ; il s'agit d'en apjirofondir le m\ stère ; il s'agit d'y reconnaître le desscinde Dieu, ou plutôt l'ouvrage de Dieu ; il s'agit d'y trouver rétablissement et l'affermissement de notre foi : et c'est, avec la grâce de mon Dieu, ce que j'entreprends. On vous a cent fois touchés et attendris par le récit douloureux de la passion de Jésus-Christ; et je veux, moi, vous instruire. Les discours pathétiques et affectueux que l'on vous a faits ont souvent ému vos entrailles, mais peut-être d'une compassion stérile, ou tout au plus d'une componction passagère, qui n'a pas été jusqu'au changement de vos mœurs. Mon dessein est de convaincre votre raison, et de vous dire quelque chose encore de plus solide, qui désormais serve de fond à tous les sentiments de piété que ce mystère peut inspirer. En deux mots, mes chers auditeurs, qui vont partager cet entretien : vous n'avez peut-être jusqu'à présent considéré la mort du Sauveur que comme le mystère de son humilité et de sa faiblesse ; et moi je vais vous montrer que c'est dans ce mystère qu'il a fait paraître toute l'étendue de sa puissance: ce sera la première partie. Le monde jusques à présent n'a regardé ce mystère que comme une folie ; et moi je vais vous faire voir que c'est dans ce mystère que Dieu a fait éclater plus hautement sa sagesse : ce sera la seconde partie.
Donnez-moi, Seigneur, pour ti*aiter dignement un si grand sujet, ce zèle dont fut rempli votre Apôtre, quand vous le choisîtes pour porter votre nom aux rois, et pour leur faire révérer, dans riiumiliatiou même de votre mort, la divinité de votre personne. Je ne parle pas ici comme saint Paul, à des juifs ni à des gentils ; je parle à des chrétiens de profession, mais parmi lesquels on voit tous les jours des faibles dans la foi, qui, pleins des maximes du siècle, et consultant trop la prudence humaine, ne laissent pas, quoique chrétiens, d'être quelquefois troublés et même tentés sur l'incontestable vérité de leur religion, quand on leur représente le Dieu qu'Us adorent comblé d'opprobres et
expirant sur une croix. Or, c'est pour cela que je dois les fortilier en leiu" faisant connaître le don de Dieu caché dans le mystère de votre mort, et en relevant dans leur idée vos faiblesses ap[)arentes. Soutenez-moi donc , ô mon Dieu ! mais au même temps donnez à mes auditeurs cette docilité avec laciuelle ils doivent entendre votre parole, pour être non-seulement persuadés, mais convertis et sancliliés. Je vous la demande. Seigneur, cette grâce, et je l'obtiendrai par les mérites de voire croix même. Car, oubliaut aujourd'hui Marie, je n'envisage que vo- ^ tre croix, notre unique os[)érance ; et je vais lui rendre d'abord l'honnnapC et le culte que lui rend solennellement toute l'E^-^'ise : 0 cnix, ave !