En haletant. Le seizième siècle avoit le verbe ahanner
Voy. Joachim du Bellay, D’un vanneur de lié, aux Vents :
Ce pendant que j alianne.
'^4 Epistre.
Chantant : Lampons 3, à gueule mal instruite ,
. ur ses pas me présenter au nez Un roquefort, mais des plus raffinez.
bi tu sçavois les carresses muettes Uue ces amours des friandes luettes Se flrenl l°rs , ou qu’0n eust dit au moins Jf. lis se faisoient , ravissant les témoins ;
, 1 tu sçavois leurs agréables signes ,
-eurs ongs îegars , les uns des autres dignes on cœur, emeu de leur pronte amitié, e trouverait plus gay de la moitié.
Il est bien vray que laspre jalousie berna soudain devant la malvoizie Quelque grabuge entre les deux amans üui se montraient si doux et si charmans , bt qu a 1 aspect de ces vingt belles fées eaucoup plus d’eux que d’estoupes coiffées1 Peu s’en falut qu’on ne vist ces rivaux ’
M ?! SJ 1 mCfer d°ssus Ieurs g^nds chevaux ; Mais d un glou-glou , l’une des mieux aprise
Craignant enfin qu’ils n’en vinssent aux prises Sembla cner: Tout beau, vieux Rocquefortf’ bontente-toy que l’on t’estime fort;
Ut toy, l’espoir d’une superbe table’
Ou se doit faire un banquet délectable,
Puissant ragoust, héroïque jambon , bois asseuré qu’on te tient bel et bon. nefrenez donc vos injustes coleres,
C’étoit un refrain alors très connu que celui-ci : Lampons , camarades, lampons.
rei;s,“^éeTd’eUux Memfb°"r’ P'US am»'
Embrassez-vous , aimez-vous comme freres;
Et vostre sel , tant chery de mes sœurs ,
Sera conjoint à nos pures douceurs3.
A ces beaux mots , qui d’un goulet sortirent ,
Mes champions leur fureur amortirent ;
La paix fut faite , et mov , de tous accords ,
Je résolus de m’en traiter le corps.
Sur ce dessein je commanday qu’en haste On fîst bastir un grand palais de paste,
Pour avec l’ail , l’anchoye au teint vermeil ,
Le poivre blanc et le clou nompareil ,
Loger en roy ce jambon que je prosne ,
Ce digne mets qui des mets tient le trosne ,
Et par qui seul, les juifs estant morguez,
Les bons chrestiens des Turcs sont distinguez:
Car, quand au jus que l’Alcoran prohibe,
Des moins nigaux la lippe s’en imbibe ;
Ils en sont fous , et n’observent ce poinct Qu’en leur dormir ou lors qu’ils n'en ont point.
Dès que le four eut accompli l’ouvrage ,
Dès que chés moy , tout chaud et sans naufrage ,
Ce beau jambon , cet illustre pasté 2 ,
Couronne en chef, fut en pompe apporté,
1. Dans les Jeux de l'Inconnu , recueil facétieux attribué au comte de Cramail, on trouve (p. 162, édit, de 1 645) une curieuse pièce intitulée Nopces , I Vopces , Nopces. La est résolue l’alliance du bœuf et de la moutarde , de l’orange et de la perdrix. — « Sçachant avec quelle fidelité le jambon ayme la bouteille , faisons-les coucher ensemble, afin qu’elle puisse soulager le feu de son amant et la soif des beuveurs. » Ce passage se complète par les vers où Saint-Amant parle de leurs « caresses muettes , de leurs agréables signes, de leurs longs regards. » — Voy aussi les Fleurs , fleurettes et passe-temps , indiqués note
•2. On a vu plus haut Saint-Amant loger son jambon dans
346 Epistre.
J en fus ravy , j’en admiray la gloire ,
Et, retrouvant au sein de ma mémoire L humide oracle issu du long gozier De la Sibille a la robbe d’ozier1,
Je connu bien par la table prédite Que du joyau sur lequel je médité Il convenoit enrichir les tréteaux Du magnifique et grand Des-Yveteaux 2,
De ce démon qui , dans la solitude ,
Gouste en repos tous les fruits de l’estude ,
Et dont le cœur abandonne les sens Aux doux excez des plaisirs innnocens.
Pour mettre fin , tu sçauras donc en somme Qu’au beau séjour de ce rare et digne homme3,
un palais de pâte, avec de l’ail... etc. - Voici comment P. de la Varenne comprend le pâté de jambon : « Faites-le bien détremper, lorsqu’il sera assez dessalé, faites-le bouillir un bouillon, et ostez la peau d’autour que vous appeliez la coine; puis le mettez en paste bise, comme la venaison, et l’assaisonnez de poivre, clou et persil. Si vous me croyez, vous le larderez aussi de mesme que la venaison. Faites-le cuire à proportion de sa grosseur : s’il est gros, pendant cinq heures ; s’il est moindre, moins de temps. Estant froid, servez-le par tranches.» Le Cuisinier françois , par le sieur de la Varenne , escuyer de cuisine de M. le marquis d’üxelles, 2e édit., Paris , P. David 1 65a, p. x46.