‹ Œuvres completesChapitre 131 sur 141 · La Gazette burlesque , au vendredi 19 février, rapporte · texte numérisé non relu

La Gazette burlesque , au vendredi 19 février, rapporte

Triolets.

Mais il ne tient rien, le faux draule;

On va voir nostre cœur à nu.

Un courrier d’Espagne est venu ,

Et tout sera bien-tost connu Du costé de la vieille Gaule.

Un courrier d’Espagne est venu ,

Mais il ne tient rien, le faux draule.

Il n’est plus, l’enfant incertain1;

Sa mort est seure et véritable ;

Soit la mere ou d’or ou d’estain ,

11 n’est plus, l’enfant incertain ;

longuement l’arrivée de l’agent espagnol envoyé par l’archiduc. Voy. sa harangue dans le Journal de tout ce qui s’est passé au Parlement , p. 201.

1. Saint- Amant désigne ici Tancrède de Rohan. On sait le scandaleux procès soulevé contre Mme de Rohan au sujet de cet enfant, que Patru, dans son plaidoyer, regarde «comme un vil garçon de boutique, et peut-être le fruit du libertinage de quelque valet», supposé par sa mère « sans autre dessein que de perdre sa propre fille , dont le mariage , agréé du roy , de la reyne et de M. le duc d’Orléans, applaudi de toute la cour, avoit perverti en elle toutes les affections d’une mère , et lui avoit inspiré toute ramertume d’une marâtre. » — Voy. dans Tallemant , éclaircie par de curieuses notes, toute l’histoire de Tancrède. Sa vie a été écrite par le P. Griffet. — La Gazette burlesque en parle longuement. Voici, à ce sujet, quelques vers, que nous croyons inédits, de Mme de Sévigné ; ils se trouvent dans la collection Maurepas, année 1649, f° i3g :

Chanson sur l'air : 11 a battu son petit frère, par ilme de Sévigné , sur Tancrède , à Mme de Rohan.

Ouy, vous étiez de la partie Lorsque l’on fit cette sortie.

Et l’on peut dire avec raison Que pour terminer cette affaire Vous payâtes la garnison Qui tua votre petit frère.

Les nobles

Il n’estoit ny bas, ny hautain.

Est-ce une chose lamentable ?

Il n’est plus , l’enfant incertain;

Sa mort est seure et véritable.

Tous les grans semeurs de billets1 2 Ont mal espandu leur semence;

Ils n’ont pas cueilly des œillets Tous les grans semeurs de billets ,

Et pour leurs severes fueillets Ils ont eu besoin de clemence.

Tous les grans semeurs de billets Ont mal espandu leur semence.

Les maux croissent de jour en jour ,

Les choses vont de pire en pire;

En l’une comme en l’autre cour Les maux croissent de jour en jour.

Garde1 quelque diable de tour Au détriment de cet empire !

Les maux croissent de jour en jour,

Les choses vont de pire en pire.

Aux bons François des deux costez La propre palme est une ortie ;

Les secours sont des cruautez Aux bons François des deux costez;

1 . Peut-être s agit-il de billets comme ceux dont parle Guy Patm dans sa 23 ie lettre :

« Il court ici un bruit que l’on a semé quelque billet dans la chambre du cardinal Mazarin , qui contient ces paroles: « Vous estes prié d’assister aux convoy, service et enterrement « de feu monseigneur l’eminentissime cardinal Mazarin. » Il me semble que ces gens-là sont bien hardis; je ne voudrois

point m’exposer à un tel hazard : il n’en peut arriver que du mal. » ^

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