‹ Œuvres completesChapitre 136 sur 141 · EPIGRAMME A PHILIS · texte numérisé non relu

EPIGRAMME A PHILIS

i je fuy tes beaux yeux, c'est avecques raison ;

Mes jours entrent desjà dans l’infirme saison Où l’homme pour l’amour n’a plus rien d’estimable. En vain donc , ô Philis ! tu me veux enflamer :

Car, comme il faut aymer tant que l’on est aymable ,

Quand on n’est plus aymable il ne faut plus aymer.

EPIGRAMME

Sur un escrivain de Gascogne.

e petit fanfaron à l’œillade eschapée,

Qui fait le grand autheur et n’est qu’un animal , Dit qu’il trenche sa plume avecques son espée : Je ne m’estonne pas s’il en escrit si mal.

EPIGRAMME

Sur le cher Thirsis esborgné.

hirsis , après sa perte amere ,

Doit bien garder l’autre œil d’un autre coup félon Il ne seroit plus qu’un Homere ,

Au lieu qu'en le gardant il est un Appolon.

Epigrammes.

EPIGRAMME

Sur une servante.

our me servir boire et manger,

Je n’ay qu’une souillon plus laide que le diable; J’ay tousjours à mes yeux cet objet effroyable , Et, ce qui me fait enrager,

C’est qu’elle est bonne et serviable ,

Et qu’elle pense m’obliger.

EPIGRAMME

n sot railleur à teste grise Me demandoit , chés Alcindor, Si les cornes de mon Moyse

Je n’avois point faites encor.

Non , mais j’en ay fait beaucoup d’autres , Luy dis-je , sans conter les vostres.

EPIGRAMME

n dit de l’affaire du temps :

Elle n’est pas encore meure ;

L’issue en ce lieu j’en attens De jour en jour et d’heure en heure.

Ma crainte ne se peut guérir,

Quelque espoir dont on la nourrisse ,

Et j’ay peur que tout ne pourrisse Auparavant que de meurir.

Epigraîhmes.

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