EPIGRAMME A PHILIS
i je fuy tes beaux yeux, c'est avecques raison ;
Mes jours entrent desjà dans l’infirme saison Où l’homme pour l’amour n’a plus rien d’estimable. En vain donc , ô Philis ! tu me veux enflamer :
Car, comme il faut aymer tant que l’on est aymable ,
Quand on n’est plus aymable il ne faut plus aymer.
EPIGRAMME
Sur un escrivain de Gascogne.
e petit fanfaron à l’œillade eschapée,
Qui fait le grand autheur et n’est qu’un animal , Dit qu’il trenche sa plume avecques son espée : Je ne m’estonne pas s’il en escrit si mal.
EPIGRAMME
Sur le cher Thirsis esborgné.
hirsis , après sa perte amere ,
Doit bien garder l’autre œil d’un autre coup félon Il ne seroit plus qu’un Homere ,
Au lieu qu'en le gardant il est un Appolon.
Epigrammes.
EPIGRAMME
Sur une servante.
our me servir boire et manger,
Je n’ay qu’une souillon plus laide que le diable; J’ay tousjours à mes yeux cet objet effroyable , Et, ce qui me fait enrager,
C’est qu’elle est bonne et serviable ,
Et qu’elle pense m’obliger.
EPIGRAMME
n sot railleur à teste grise Me demandoit , chés Alcindor, Si les cornes de mon Moyse
Je n’avois point faites encor.
Non , mais j’en ay fait beaucoup d’autres , Luy dis-je , sans conter les vostres.
EPIGRAMME
n dit de l’affaire du temps :
Elle n’est pas encore meure ;
L’issue en ce lieu j’en attens De jour en jour et d’heure en heure.
Ma crainte ne se peut guérir,
Quelque espoir dont on la nourrisse ,
Et j’ay peur que tout ne pourrisse Auparavant que de meurir.
Epigraîhmes.