‹ Œuvres completesChapitre 28 sur 141 · LE SORCIER AMOUREUX · texte numérisé non relu

LE SORCIER AMOUREUX

Pour un ballet.

lus sorcier que n’est ce bel œil Qui pourrait tirer du cercueil Ma vie aux fiâmes destinée , Dès que je voy finir le jour En qualité de feu d’amour Je m’en vay par la cheminée.

Le démon qui régné au sabbat»

Où mon cœur prend son seul ebat »

Est l’aimable enfant de Cythere ;

Et pour prouver ce que je dy Ce n’est jamais qu’au vendredy Que je me treuve à ce mystère.

Les amans y sont bien venus À cause du nom de Venus A qui ce jour-là se dedie ;

On y tient le bal comme icy,

Et parfois on y joue aussi Quelque amoureuse comedie.

Là ce petit dieu fait des loix Qui font trembler mesme les rois Dans l’orgueil qui les environne ;

Et par un pouvoir indomté Forcent jusqu a ma liberté De rendre hommage à sa couronne.

0 beauté sans comparaison ,

0 Belise ! à qui ma raison

Inconstance. 1 3 ^

Comme captive rend les armes,

Que j’estimeray mon sçavoir Si pour vous prendre il peut avoir En ce mestier assez de charmes!

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