‹ Œuvres completesChapitre 40 sur 141 · IMPRECATION · texte numérisé non relu

IMPRECATION

i jamais j’entre dans Evreux , Puissay-je devenir fiévreux !

Puissay-je devenir grenouille !

Puissay-je devenir quenouille !

Que le vin me soit interdit,

Que nul ne me fasse crédit ,

Que la tigne avec la pelade Se jette dessus ma salade,

Que je serve de Jacquemart ,

Qu’on me coupe le fr>a xepapr ; 3 { . . Bref , que cent clous gros d’apostume , Noirs et gluans comme bitume, M’environnent le fondement,

Si j’y songe tant seulement.

Qu’à jamais la guerre civile Trouble cette maudite ville ;

Que Phebus, qui fait tant le beau ,

N’y porte jamais le flambeau ;

Qu’il y pleuve des halebardes ,

Que tout ce que jadis nos bardes Ont prophétisé de malheurs,

D’ennuis , d’outrages, de douleurs ,

De poison , de meurtre , d’inceste ,

De feu , de famine et de peste ,

S y puisse bien-tost accomplir,

Et tout son domaine en remplir.

L’Enamouré. 1 77

Voilà ce qu’une ire équitable Fit prononcer, estant à table ,

De haine ardemment excité ;

Contre cette infâme cité , ,

Au plus bénin de tous les hommes Qui boivent au temps où nous sommes.

O bon yvrongne ! ô cher Faret !

Qu'avec raison tu la mesprises !

Ôn y voit plus de trente églises ,

Et pas un pauvre cabaret.

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