‹ Œuvres completesChapitre 47 sur 141 · E P IG R A MME · texte numérisé non relu

E P IG R A MME

EPIGRAMME

aistres des foux les plus insignes Qu’on treuve aux Petites-Maisons, Sots autheurs, qui parmy nos cygnes N’estes pour tout que des oysons ,

Que cette juste apologie Vous fasse, par son energie,

Respecter Nicandre aujourd’huy ;

Bruslez vos infâmes volumes,

Et n’employez plus contre luy La commodité de vos plumes;

Ou bien, oysons, je vous promets Qu’il faudra, de peur de son ire ,

Que ce qui vous sert pour escrire Vous serve à fuyr désormais.

EPIGRAMME

hibaut se dit estre Mercure ,

Et l'orgueilleux Colin nous jure Qu’il est aussi bien Apollon Que Boccan4 est bon violon.

Ces deux autheurs , pour la folie ,

La fraude , la melancholie ,

La sottise , l’impieté ,

L’ignorance et la vanité,

1. Jacques Cordier, dit Bocan , maître a danser de femmes; habile violon, goutteux ; et cependant il avoit montré a danser à plusieurs reines. Voy. Sauvai, liv. IV.

Sonnet.

e sont rien qu’une mesme chose; Mais en ce poinct ils sont divers :

est que 1 un fait des vers en prose, Lt lautre de la prose en vers.

SONNET

e viens de recevoir une belle missive i)e la nymphe qui prit mon ame au trebuchet

Y vou'lutTr! an* ™0n Cœur t'eson divin cachet v voulut imprimer son image lascive.

Il me fasche desjà que cette heure n’arrive

2“ J® do,s embrasser sa taille de brochet

t jamais verollé, tapy dessous l’archet,’

n suant ne trouva l’orloge si tardive.

Phœbus, va-t-en soûler tes paillards appetis ans les bras amoureux de la belle Thetis •

E"! Se pIamt qu’au ciel tr°P long-temps tu demeures mot, couvre l’univers de ton noir balandran Et , puis que j ay le mot justement à six heures ’ Amour, conduy l’aiguille au milieu du cadran ’

SONNET

agotte plaisamment comme unvray Simonne Pied chaussé, l’autre nud , mam au nez, ""

iw^de rr r vieux srenier>

un cothn de Hollande en guise de bonnet. [caboch

’• Coffin>wM.’w, petite corbeille ou panier à fruits.

Sonnet. 189

Là , faisant quelquefois le saut du sansonnet ,

Et dandinant du eu comme un sonneur de cloche ,

Je m’esgueule de rire, escrivant d’une broche En mots de Pathelin ce grotesque sonnet.

Mes esprits, à cheval sur des cocquesigrues ,

Ainsi que papillons s’envoilent dans les nues ,

Y cherchant quelque fin qu’on ne puisse trouver.

Nargue : c’est trop resver, c’est trop ronger se§ ongles; Si quelqu’un sçait la ryme, il peut bien l’achever.

1. On trouve fréquemment dans ;le Virgile travesti de Scarron de semblables concessions à la rime. Dans le 4e livre ? par exemple , on lit que l’Àchéron

Dans le Cocyte se va perdre :

(Rime qui sçait rimer en erdre.

Je le laisse à plus fin que moy.)

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