‹ Œuvres completesChapitre 71 sur 141 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

ngrate et cruelle Silvie !

Je m’en vay contenter l’envie Qui te porte à me voir périr.

C’en est fait, je n’ay plus de vie Qu autant qu’il en faut pour mourir.

Au tombeau le sort me convie :

La clarté m’est déjà ravie,

Et rien ne peut me secourir.

C’en est fait, je n’ai plus de vie Qu autant qu’il en faut pour mourir.

Pour t’avoir si long-temps servie,

Voy ma fin, sois-en assouvie :

Ce seul bien j’ose requérir.

C’en est fait, je n’ay plus de vie Qu autant qu’il en faut pour mourir.

CAPRICE

ous nos melons sont fricassez :

Adieu les plaisirs de la bouche Les cieux , contre nous courroucez , Les font pourrir dessus la couche.

Il a tant pieu tout aujourd’huy Que mon cœur en seche d’ennuy.

Pensant à ce desastre insigne ;

Et si cette abondance d’eau

Caprice.

N’estoit ailleurs propre à la vigne Je ferois jouer le cordeau.

Qu’extravagant est le destin , Dans sa fatalité secrette,

De ne pouvoir plaire à Catin Sans faire dépit à Perrette !

Nos ris sont des autres les pleurs , Nos espines leur sont des fleurs.

^ Si Jacques pert, Thomas y gagne. Le bien dont la France jouit Est le desespoir de l’Espagne ,

Qui de dueil s’en évanouit.

Mais où m’emporte ce discours?

Je fais icy le philosophe;

Muse colere, à mon secours !

Fourny-moy de plus rude étoffé.

Sus, retourne à ces pauvres fruits Qu’un second deluge a destruits Par une horrible violence ,

Et crie à gozier déployé Qu’après une telle insolence Tu voudrois qu’il eust tout noyé.

Quoy ! cet an bornera ses pas Sans que j’en soûle mon envie,

Et je ne l’effaceray pas Du nombre de ceux de ma vie !

Si feray dà, je le promets.

Il ne s’en parlera jamais,

Si l’âge futur m’en veut croire.

Oste-toy, six cens trente-deux,

Ou ne te montre dans l'histoire Que comme un fantosme hideux.

Que si quelque belle action

27^ Le mauvai s

S’est faite pendant ta durée ,

Qu’elle passe pour fiction,

Ou bien qu elle soit ignorée,

Et qu’au rebours tous les forfaits,

Tous les maux que mille ans ont faits, Tous les crimes les plus énormes,

Sous les vilains mois ennemis Dont ton chien de régné tu formes Soyent crûsavoir esté commis.

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