‹ Œuvres completesChapitre 93 sur 141 · Ici l’exemple suit de près le précepte · texte numérisé non relu

Ici l’exemple suit de près le précepte

5. « Le cocq-à-l’asne, dit d’Aigaliers, est un poeme qui est fort different en propos , comme son nom le porte ; car, ainsi comme il y a une grande différence d'un coq à un asne, aussi y a-il grande différence de parler d’un prince et d'un ours, et ainsi d’autres. Le sujet du coq-à-l’asne est la reprehension des vices des hommes. Les coq-à-l’asne des Latins sont les satyres comme de Horace, Juvenal, Perse... On le fait de toutes sortes devers. » — D’Aigaliers écrivoit ce passage en 1597. Vingt ans plus tard, il auroit eu un François, Regnier, à ajouter aux satiriques latins.

322 La Petarrade

Sous la faveur du bon maistre Astarot, Chartier1, Crétin 2, Saint-Gelais et Marot3; Que Des-Accords4, en de mesraes fourrures, Rapporte au jour ses plattes Bigarrures, Avec Pauchet 5 , en vain laborieux ,

x. Alain Chartier, poète du XVe siècle, fut secrétaire de Charles VII. Ses œuvres en prose et en vers forment un vol. imprimé en 1529 à Paris , in-8, chez Galiot-Dupré. Onconncît histoire du baiser que lui donna sur la bouche , pendant son sommeil , Marguerite d’Ecosse , femme du Dauphin , depuis ouis XI. « Madame , lui dit-on, cela est trouvé estrange que \ous avez baisé homme si laid. «Elle répondit : « Je n’ay pas baisé 1 homme , mais la bouche de laquelle sont yssus tant d excellons propos, matières graves et parolles élégantes. » Bibl. de Du Verdier . — Cf. Brantôme et G. Corrozet.

2. G. Crétin vivoit vers l’an i5oo. Il étoit chantre de la Sainte-Chapelle de Paris et trésorier du bois de Vincennes. Il ut, dit Du Verdier, « le meilleur poete françois qui ait esté devant luy (j’entens en cest ancien genre d’escrire) , a composé plusieurs opuscules en rime assez fluide, et qui necede gueres à celle de Marot, lequel lui baille le titre de souverain poete françois. » Bibl. de Du Verdier.

5. Saint-Gelais (Octavien ou Mellin' et Marot sont connus (XVIe siècle'1 .

4- Etienne Tabourot, avocat au parlement de Dijon, fit paîoître à Paris, in-i6, i583, ses Bigarrures , sous le nom du seigneui de» Accords. Les 22 chapitres de cet ouvrage traitent, entie autres , des rébus de Picardie, des équivoques, des anagi animes, des paronœmes ou vers lettrisés, etc.

. I auchet, président en la Cour des monnoies à Pa¬

ns, a laissé un Recueil d’antiquités gauloises et françaises , Paris, in-4, 1 5 7 9 , où se trouve un précieux Recueil de l'origine de la langue et poésie françaises, ryme et romans; plus les noms et sommaires des œuvres de CXXVII poètes françois vivant avant l'an MCCC. On lui doit aussi une traduction de Tacite (moins les 4 premiers livres, qui ont été traduits par Est. de la Planche'', Pans, L’Angelier, 1582.

aux Rondeaux.

Et l'advocat sottement curieux1 :

Mille secrets nous en pourrons apprendre;

Ils nous diront comment il s’y faut prendre Pour fagotter quelque gentil rondeau,

Qui désarçonné et Victor et Brodeau.

Mais sans besoin ce charme je propose ,

Puisque, la grâce à la metempsicose,

On les voit tous ayant la plume en main :

Gilles, Le Blanc, Du-Lot2 3 4 et Vieux-Germains.

CAPRICE

pollon, qu’est-ce cy? qu’a-t'on fait à regaze? Au diantre l’animal ! Luy qui, plus doux qu’un Se laissoit autrefois librement affourcher,[azei, Qui d’aise hennissoit me sentant approcher, Comme un de ses parens alors qu’il sent l’avoine,

Ou comme auprez d’Alis hennit un maistrc Antoine, Pionfle, bat le pavé, ne me peut plus souffrir,

i. L'advocat curieux paroît désigner Est. Pasquier, avocat du roi, l’auteur des Recherches de la France.

i. Ce poète royal et archiépiscopal , comme il s’appeloit, a mis en vogue les bouts-rimés. Ilétoit fou. Sarasin a écrit un charmant poème : Dulol vaincu, ou la Défaite des bouts-rimés. — Dans l'Avant-Satyre , Saint-Amant a forgé le verbe dulolizer.

3. C’est évidemment Neuf-Germain , le poète hétéroclite de Monseigneur frère unique du roi. — Il a été célébré par Voiture, qui a imité ses vers, dont les rimes étoient formées par les syllabes du nom des personnes qu’il chantoit. Yoy. aussi Tallemant des Réaux. — Son portrait, in-4 et en pied, a été gravé par Brebiette. (Tallemant des Réaux, IV, n3.)

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