‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 11 sur 72 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

exécutent avec un zèle hypocrite et une fidélité meurtrière toutes celles dont ils peuvent abuser pour opprimer le patriotisme ; mais comme un ami de la Patrie et de l'humanité, convaincu, dit-il, que le Salut public « nous ordonne de nous réfugier à l'abri de la Constitution, pour repousser les attaques de l'ambition et du despotisme... » (18) de cette Constitution de 1791 que l'Assemblée Législative était chargée de compléter par des lois organiques et dont le premier soin, au début de ses travaux, avait été de lui rendre un éclatant hommage. C'est Robespierre qui nous l'apprend: « Ce Code dit-il fut apporté en triomphe par des vieillards comme un livre sacré » (19).

D'autre part, il savait que non seulement la Cour, les triumvirs (Barnave, Lameth et Duport), La Fayette, mais encore les chefs de la Gironde, étaient alors disposés à modifier la Constitution de 1791. Or, il se rappelait que Brissot et Condorcet avaient marché d'accord avec La Fayette et ses amis, surtout depuis novembre 1791, dans la question de la guerre. Il se rendait compte qu'une révision ne pourrait s'effectuer, en raison des circonstances, qu'aux dépens des principes démocratiques; aussi pensaitil que la Constitution, malgré ses défauts, devait être maintenue jusqu'au moment où « l'opinion éclairée pourrait se prononcer sur la meilleure forme de gouvernement ». Robespierre craignait une république aristocratique, plutocratique et militaire, selon les vœux de La Fayette. Il s'attachait uniquement à la réalité démocratique et sociale. « Est-ce dans les mots de république ou de monarchie, écrit-il, que réside la solution du grand problème social » (20).

Robespierre, constate Mathiez, attendait le salut d'une crise intérieure qu'il voulait provoquer, en se servant contre la royauté, de la Constitution elle-même. Brissot vou-

(18) « Comme on le voit, dit Léonard Gallois {op. cit. p. 115), c'est le général Foy, l'opposition sous la Restauration, les patriotes de Paris demandant l'exécution de la Charte, rien que la Charte, toute la Charte, en présence du despotisme, en présence des ennemis de la liberté dont il fallait refréner l'audace ».

(19) Défendeur de la Constitution, n° 1, p. 7.

(20) Exposé de mes principes dans le n° 1 du Défenseur de la Constitution (voir ci-après, p. 9). G. Michon, ibid., p. 115.

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