‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 12 sur 72 · ROBESPIERRE JOURNALISTE XI · texte numérisé non relu

ROBESPIERRE JOURNALISTE XI

lait simplement conquérir la Cour à ses vues; il n'était révolutionnaire qu'à l'extérieur; il craignait une crise sociale (21).

Mais au surplus, comme le dit L. Gallois, il ne faut pas attacher à ce titre de Défenseur de la Constitution plus d'importance que Robespierre lui-même, car nous ne le verrons guère s'occuper, dans ses écrits périodiques, de défendre la Constitution de 1791. La situation où se trouvent la Révolution et le pays, en 1792, en présence des graves dangers qui les menaçaient, devait absorber toute son attention.

Le Défenseur de la Constitution, annoncé par Robespierre comme un « ouvrage périodique proposé par souscription », était composé — comme devaient l'être, dans la suite, les Lettres à ses Commettants, — à l'imprimerie de Léopold Nicolas (22) qui demeurait dans la même maison que Robespierre, dans l'immeuble du menuisier Duplay, rue Saint-Honoré 355, vis-à-vis de l'Assomption. Il était déposé chez Pierre-Jacques Duplain (23), dont la librairie était située dans la Cour du Commerce, donnant rue de l'Ancienne Comédie française, et chez lequel on pouvait s'abonner, ainsi que « chez tous les principaux libraires de l'Europe, et chez tous les Directeurs des Postes ». Le prix de la souscription était de 36 livres pour l'année, 21 livres pour 6 mois, et 12 livres pour 3 mois. Le libraire Duplain indique « qu'on ait soin de lui envoyer toutes les

(21) A. Mathiez: La Révolution, ibid, t. I, p. 196.

(22) Léopold Nicolas, originaire de Mirecourt, était un artisan sincèrement dévoué à Robespierre. Il devint juré au Tribunal révolutionnaire et périt sur l'échafaud, avec les robespierristes le 12 thermidor an II. (Ernest Hamel, t. III, p. 316).

(23) L'imprimeur-libraire Pierre-Jacques Duplain, — qu'il ne faut pas confondre avec le journaliste Joseph-Benoît Duplain, décapité le 21 messidor an II, — électeur de la section du Théâtre Français, fit partie de la Commune du 10 Août et fut administrateur de police. Il appartenait au Club des Cordelier, et était très lié avec Danton et avec Marat; ce dernier le proposa, en août 1792, sur la liste des députés de Paris à la Convention Nationale. Bien que dantoniste, Duplain fut inquiété et arrêté après thermidor, le 14 fructidor an II; il essaya bien de renier son ancien ami Robespierre; il n'en fut pas moins gardé en prison pendant toute la réaction thermidorienne, jusqu'au 16 vendémiaire an IV, date de sa libération. (Arch. nat. F7 4694).

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