‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 26 sur 72 · ROBESPIERRE JOURNALISTE XXV · texte numérisé non relu

ROBESPIERRE JOURNALISTE XXV

ces presses comme le faisait leur précédent propriétaire royaliste; et, en présence de ces reproches. Delacroix (d'Eure-et-Loir) et Thuriot font décider que tous les membres de la Convention devront opter entre la qualité de journaliste et celle de représentant du peuple ; cette proposition est adoptée, quoique infiniment grave et évidemment attentatoire à la liberté de la pensée {yy).

Marat échappe à cette mesure en supprimant de sa feuille le titre de Journal, ne voulant pas, dit-il, peut-être ironiquement, donner l'exemple de la désobéissance à une loi même irréfléchie (78).

Quant à Robespierre, il préparait alors le 9e numéro qui semble avoir été reculé jusqu'à la fin du mois de mars, puisqu'allusion est faite à la séance du 27 mars au cours de laquelle Robespierre, après Danton, dénonce la conduite du général Dumouriez, dont la trahison allait s'affirmer, demande l'expulsion du territoire français et des contrées occupées par les armées de la République, de tous les membres de la famille royale (ceci vise Philippe-Egalité et ses enfants dont l'aîné, le futur roi Louis-Philippe, sert sous les ordres de Dumouriez) et, enfin, que Marie- Antoinette soit traduite devant le tribunal révolutionnaire, comme prévenue de complicité dans \ts attentats commis contre la liberté et la sûreté de la nation (79).

Après ce numéro ainsi retardé, Robespierre, pour se conformer au vœu de l'Assemblée, se contente de donner un mois plus tard, c'est-à-dire vers la fin d'avril, le dixième et dernier numéro des Lettres à ses Commettants. Ce numéro est rempli presqu'entièrement par le grand discours qu'il prononce, le 10 avril, contre la Gironde dont les intrigues étaient journellement dénoncées à la Convention

(77) Moniteur, du n mars 1793. — Bûchez et Roux : Hist. parlent., t. XXIV pp. 422, 424 ;- t. XXV, 25. — Hamel, ibid., t. II, p. 635.

(78) Depuis son élection à la Convention, Marat modifie le titre de son journal, Y Ami du Peuple qui devient, à partir du 25 septembre 1792, le Journal de la République française (N°s 1 à 143). Le 14 mars 1793, après le décret de la Convention nationale ci-dessus rappelé, sa feuille est intitulée : Le Publiciste de la République française, jusqu'à sa mort survenue le 14 juillet 1793 (N°B 144 à 242). Sur les journaux de Marat, voir Tourneux : Bibliographie, etc., t. II, n°B 10.320, 10.825 à 10.829.

(79) Hamel, tbid., t. II, p. 648 à 651.

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