VIII INTRODUCTION
Le Défenseur de la Constitution et les Lettres à ses Commettants qui en sont la suite, constituent la véritable série des journaux de Robespierre, si l'on peut donner ce nom à une publication qui n'avait du journal que la périodicité.
Le Défenseur de la Constitution est presqu'entièrement rédigé par Robespierre. Cependant, il insère dans son journal des nouvelles et des lettres envoyées par certains correspondants de province et des armées. Quelques députés et quelques révolutionnaires d'opinions avancées paraissent avoir apporté leur collaboration occasionnelle à cette feuille: tel Laurent Lecointre (de Versailles), secrétaire du Comité de surveillance de l'Assemblée législative, et qui, à ce titre, recevait de fréquents rapports des frontières qu'il communiquait à Robespierre, notamment la correspondance fort intéressante de l'agent Rutteau (14) donnant des renseignements précis sur les premières opérations des armées en Belgique de mai à juillet 1792 (voir les numéros de 9 à 12); tel le médecin Duhem (du Nord) qui transmettait les décisions et décrets de l'Assemblée législative; tel Couthon, ami, familier, hôte assidu de Robespierre avec lequel il travaillait souvent le soir dans sa petite chambre de la maison Duplay ; tel son futur collègue à la Convention, Collot d'Herbois, qui utilise son journal pour insérer ses polémiques avec les Girondins que la Société des Amis de la Constitution n'insère pas toujours dans ses procès-verbaux (15), tel le littérateur et
(14) Voir ci-après des renseignements sur ce personnage, p. 275 (n° 10 du Défenseur de la Constitution) en note.
(15) Il faudrait citer aussi, peut-être, parmi les collaborateurs du Défenseur de la Constitution, le jeune révolutionnaire Marie-Sébastien-Bruno De La Croix qui, à cette époque, publie une plaquette de 23 pages dans laquelle, prenant la défense de Robespierre, il semble parler d'un journal à la création duquel il va participer et qu'il annonce. Cependant, il lui donne comme titre la fonction que Robespierre occupait encore à cette époque, celle d' 'Accusateur Public, fonction que ce dernier devait quitter quelque temps après (Tourneux, ïbid., t. II, n° 24996).
La mère de De La Croix, le 12 mai, avait d'ailleurs écrit à L. Prudhomme, le rédacteur des Révolutions de Paris, au sujet de ces attacmes dont Robespierre était l'objet (Hamel, t. II, p. 229), et avec lequel son fils paraissait être en relations.
Nous possédons les papiers de famille de Bruno De La Croix, originaire