‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 8 sur 72 · ROBESPIERRE JOURNALISTE VII · texte numérisé non relu

ROBESPIERRE JOURNALISTE VII

les Révolutions de Paris de Louis Prudhonime, même le Journal Universel, cependant à tendance montagnarde, d'Audouin, tous publient, chaque jour, de longs articles, certains diffamatoires et même calomnieux contre Robespierre. La tribune des Jacobins retentit, tous les soirs, des discours violents et enflammés de leurs orateurs; après Brissot et Louvet, leur principal porte-parole Guadet engage, à partir du 26 mars, une série de polémiques publiques, allant même jusqu'à faire grief à Robespierre d'être devenu « l'idole du peuple ». Sa popularité grandissante depuis l'assemblée constituante, a, en effet, porté ombrage aux Girondins qui prétendent, avec la main-mise sur le pouvoir, diriger seuls la Révolution à leur gré.

Robespierre n'a cessé, pendant de longs mois, de faire face à ses adversaires, de leur répondre, de lutter avec une énergie croissante contre leur tendance belliqueuse et la précipitation irréfléchie avec laquelle on s'efforce de jeter la France sur l'Europe.

Cependant, ces ardentes et trop longues polémiques, à la tribune des Jacobins, fatiguent les patriotes. Certain jour, Basire engage Robespierre à choisir quelques journaux comme arène de la lutte à laquelle il a été provoqué; mais le conseil peut paraître ironique, car les feuilles les plus répandues, la Chronique de Paris, le Patriote français, les Annales patriotiques, le Courrier des Quatre- Vingt-Trois départements, le Thermomètre, les Révolutions de Paris, etc., appartiennent à la Gironde (13).

Robespierre promet pourtant de répondre à l'appel de Basire; et, dès cette époque, est arrêtée dans son esprit, l'idée qui germait depuis quelque temps déjà d'un journal entièrement rédigé par lui-même, et dans lequel il pourrait à la fois exposer ses principes, bien définir la position qu'il a prise dans ce grand conflit de la question de la guerre, les motifs qui l'ont poussé à en redouter les conséquences, et confondre les calomnies incessantes dont il est l'objet, à propos de ses opinions et de ses tendances.

Quelques jours après, paraît le Défenseur de la Constitution.

(13) Séance de la Société des Amis de la Constitution du 25 avril 1792. (Aulard. La Société des Jacobins, t. III, p. 533).

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