‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 64 sur 110 · SEANCE DU 3 AOUT · texte numérisé non relu

SEANCE DU 3 AOUT

Sur un compte-rendu tendancieux du Journal des Débats de la Société

Robespierre se plaint de l'inexactitude et du caractère tendancieux avec lesquels le rédacteur du Journal des Débats... a rendu compte' du projet d'adresse aux iSociétés affiliées, qu'il avait présenté à la séance du 1er août. Après diverses observations de Mendouze (1) et de Sergent (2), la Société laissa à son comité le soin de prendre des renseignements sur le rédacteur du Journal des Débats... chargé des comptes rendus.

Journal des Débats de la Société des Amis de la Constitution, n°37. p. 2. Le Creuset, t. III, n° 63, p. 221 (3).

« M. Robespierre a observé que des membres de la société lui avaient fait remarquer plusieurs inexactitudes dans le journal des débats de la séance du lundi 1er août. Il s'est plaint de ce qu'en présentant une espèce d'extrait du projet d'adresse aux sociétés affiliées qu'il avait lu dans la même séance, le rédacteur lui faisoit dire ces mots : « Une pétition avoit été arrêtée dans la salle de notre société; mais la séance était levée, et il ne restait que quelques membres suspects que nous ne comptons plus parmi nous, au milieu d'une foule de citoyens qui y étaient venus apporter cette même pétition ».

Il a observé que le projet d'adresse qu'il avait rédigé ne contenait rien de semblable à ces propositions; qu'il était d'autant plus éloigné de s'être exprimé d'une manière aussi injurieuse et aussi vague sur les membres de la société, désignés dans cet endroit qu'il n'était pas même resté après la séance ; et qu'il connaissait des membres très patriotes qui se plaignent de se trouver compromis par les réflexions du rédacteur.

« M. Robespierre a réclamé encore contre un autre passage du journal, où on lui fait dire, en parlant des deux hommes trouvés sous l'autel de la patrie : « En sortant, le peuple les arrache des mains de la garde ». Il a observé que jamais il n'avait attribué au peuple un acte

(1) Mendouze. rue Galande, n° 79, membre du Comité d'administration de la Société.

(2) Sergent, graveur en taille douce, sera élu officier municipal de Paris, puis député à la Convention.

(3) L'extrait de ce journal est précédé du passage suivant: « Nous avons... vu avec surprise la hardiesse de [la manœuvre] qui vient d'être mise en œuvre, pour détacher du patriote Robespierre la partie saine et sincère des amis de la constitution restée aux Jacobins ».

de violence, qu'il avait au contraire imputé, comme le public, à quelques individus excités par les ennemis de la liberté; que ce langage qui charge le peuple de tous les délits qu'il improuve, trop familier aux partisans du despotisme, devait être réprouvé par tous les bons citoyens: il a demandé que le journaliste insérât ce désaveu et ces observations dans son prochain numéro » (4).

La Feuille du Jour, t. V, n° 221, p. 316.

« M. Robespierre réclame contre les propos qu'on lui prête, dans le Journal Jacobin, au sujet des hommes pendus au Gros-Caillou, le 17 du mois dernier. Il dit qu'il n'a pas dit ce qu'on dit qu'il a dit; mais on lui dit qu'il l'a dit. »

(4) Texte reproduit dans Aulard III, 66. D'après Mendouze. ce n'est pas Deflers, rédacteur officiel du Journal depuis le 25 juillet 1791, qu'il faut incriminer, car Deflers était alors détenu à l'Abbaye.

Société des Amis de la Constitution

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