‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 15 sur 51 · OT.VIII · texte numérisé non relu

OT.VIII

Dubois de Fosseux à Robespierre Arras, 7 niars 1793)

Il lui envoie un i)rojet de réponse à l'adresse de la Gonventioirnationale au peuple français u ce petit ouvrage a été fait tians le pays qui vous a vu nailre. il a été approuvé par une société (jui vous est chère, ce seraient desjiiolifs d'indulgence, mais un républicain n'en l'éclame ni ii'en accorde pas », aus'si applaudira-t-il à sa Ironeliise. si l^obespierreblàini' HMi enlrej)rise.

(A. N. l'"-7/ 4774-''. n" ."s. lii(li(|uiV par .M. L. .Tacob.)

eux

Le Général Doraison à Robespierre (2,' mais 1793)

Il envoie les pièces à l'appui d'un»* flmiaTidc d'in ancemeni ]»our son aide de camp.

(CataldîTiU" cullectiiiii Fillou. V>. N. :M.'!s, C,04, p. 100.1

(1) fSensonné présida la Convention du " an 21 niar.";.

(2) Oiiffroy (1742-1801), avocat au conH^ll ir.Artoi.s. piocunur .^.vmiir «lu aiHtrht vn 1791. il/^put*"- du ra.«-do-e"alal.s A la (\inv('ntion, mcnilire du oomlt*'' d<- Hfitct/' pr'néralf, fonda 1<' l'otu/iiff on Juillet 1793. i1<^non('6 par fi-H lntil>:u<-H, Il fut exclu df>H .lacohlns. pa.'^sa aux thermldorlon.s après la ehute de UobeMplfne et di^nonca .Joseph T.elxm. — On a a(?JA lu, plu.s haut

'•■ !'■-, ■' v|--,iit. •■ . -i.-- >•■ 'I.- lui ■■. (.•,.l...^,>i"i->'".

c:lx

Aigoin à Robespierre i Monliipllit'i-, 22 mars 1793)

Il se plaint d'avoir été persécuté par les autorités girond.n(>s do Montpellier et envoie des mémoires précisant ses griefs.

(A. N. L' -7/4577. Annales RêrolutionnaireH, 1920.)

Aigoin à Robespierre Aldiilpcllicr, S avi'il, l'an 2 df In Rt'piiblique'i

Il craint que ses méiiKjires aient été dérobés a la poste et en envoie un nouveau à llobespien-e. Il lui demande de l'éclairer et de le fortifier.

{lbi(l.\

Augustin Robespierre à Buissart

Paris, 10 avril 1793. 2* Rép.

Voire silence m'inquiète, seriez-vous malade ? Le moment ofi nous sommes fait un devoir à tous les patriotes de se donner des niarques d'estime et d'attachement. Il faut surveiller et nous éclairer réciproquement sur les dangers de la Patrie. Nous ne pouvons nous sauver que pai' une grande union et par des efTorts extraordinaires. La conjuration est découverte (1), mais elle n'est point arrêtée : il doit y avoir fies conspirateurs dans la ville que vous habitez ; depuis la Révolution certains personnages ont audacieusement levé l'étendard de la révolte, on m'assure que les autorités constituées en ont fait arrêter, c'est leur correspondance qu'il faudroit saisir et trouver enfin les principaux chefs des conjurés. La faction d'Orléans n'est autre chose que celle de Dumouriez ; ce traître est intimement lié avec ceux que nous com-

(1) La trahison de Diimouriez.

battons depuis quatre mois, qui ont perdu la chose publique SOUS la Législative, qui ont voulu sauver le tyran, qui ne cessent de tenir le langage de Dumouriez contre Paris et les Jacobins (i). Gensonné recevoit trois lois la semaine un Courier du traître et dans le dernier voyage qu'il fit à Paa'is, li ne vit que ce Gensonné et toute cette faction.

D'Orléans siégeoit à la Montagne mais il soupoit avec les ennemis de cette même Montagne ; ainsi les scélérats attribuoient aux Montagnards leurs proprets forfaits, ce qui rendoit d'Orléans plus diflicile à connoître ; au reste, ce sont les Montagnards qui ont demandé qu'il fut mis en état d'arrestation et qu'il fut relégué à Marseille, la républicaine par excellence; les factieux vouloicnt l'avoir à Bordeaux, ville don't ils disposent par leur influence.

Nos dangers sont toujours immenses, nos forces sont éparses, nous ne savons pas quelle résistance nous pouvons opposer aux nombreux ennemis de la République.

A.-B.-J. liOBESPIEKRE.

P. S. Dites moi de quelle datte est votre dernière lettre. J'embrasse votre famille. Vous m'iivez rassuré sur les premières lignes de ma lettre, je reçois à l'instant votre épître.

{Mémoires île rAcadCink' (VArrnx, 1890, p. 38r>-3.S().)

a.xiii

Lacombe Saint Michel à Robespierre (Bastia. 12 avi'il 1793)

Il lui ••ii\mc un di.-.cuui's pi'DiKiiieé j)ui' lui à lu .société des amis de l'Egalité de Bastia. 11 lui demande que, dans son journal à ses commettants, il parle du bon esprit qui règne dans les sociétés patriotiques Corses; « la maisse du peuple est excellent*' mais il y a des intrigants qui le trompent et l'égarcronl peut-être. »

(Bibli()tlR'(iut» (le Nantes. • — ColhH'tloii Duga.sl-Matlfeux, n" 32.)

(1) Ix-tf Girondins.

Aigoin à Robespierre (Montpellier, 16 avril;

Il aunoiioc que grâce à la trahison de Dumouriéz, l'esprit public reliait et lui-même est à la veille d'obtenir la plus éclatante réparation.

(A. N. F-7/4r.77. Aimai. Rival.. 1920.)

Daillet (1 à Robespierre (Arras. 21 avril 1793)

Il lui envoie une adresse du club à la Gnivenlion contre les Girondins; il lui dénonce Desfieux comme un intrigant.

(Areliives du l'as-dt'-Calais, 101. — ColkM-tioii Barbier, coniinuiiiquêe par M.

Jacob.)

Augustin Robespierre à Buissart

Paris. 22 avril 1793. 2' Rép.

Paris eisl toujours calme et fier malirré les moyens emploies pour l'airiter afin de donner un prét^^xte à la Convention de quitter ce grand théfitre des lumières et ce foier i>rdenf du patriotisme. Vous ne jugez pas bien les événemens, les divisions qui régnent dans l'Assemblée ne sont pas des personnalités, c'est, d'un côté, les défenseurs des droits sacrés des Nations et, de l'autre, les projets perfides des infrigans qui perdent la République. Nos débats .sont pour la République et non poui' satisfaire des haines personnelles.

Les dénonciations faites par ces intrigans contre les Jacobins, la Commune de Paris, le décret d'accu.sation contre

(1) Daillet, oommis dans une maison de coinmerce d'Arras, avait accompagné Augustin Robespierre en juillet 1792, à Paris, où il s'attacha à Maxlmilien. Commissaire du pouvoii- exécutif en Belgique, puis substitut au procureur de la commune à Arras, agent national, II devint maire d'Arras et président du tribunal révolutionnaire de Cambrai. Cf. A.-J. Pari.s. Histoire de Josiph Lebon, 2' édition, p. 209-210.

16o CORRESPONDANCE DE ROBESPIERRE

Marat doivent ouvrir les yeux des départemens et voir d'un côté les Jacobins et le peuple, de rautre, Dumouriez, les intrigans et les royalistes.

Je vous prie de payer mon imposition mobiliaire chez Desgardin aussitôt que vous aurez reçu du Grand Homme. Desgardin m'a écrit il y a quelque tems pour cet objet.

Je vous embrasse et toute votre famille.

Robespierre Jeune.

P. S. Je suis presque un grand homme depuis samedi, je reçois des félicitations de tous côtés pour l'opinion que j'ai prononcée en faveur de la Commune de Paris, pour justifier les arrêtés dénoncés par un des chefs de la faction (1). Ainsi ne soyez point surpris si je vais me donner de gi'ands tons, Tencenis pourroit bien m'étouffer si vous ne venez dissiper la fumée qui me porte à la lête. J'attends donc votre prochaine épître pour me réhabiliter.

{Mùnoires de l'Académie d'Arras, 1890, pp. 386-387.)

GLXVII

Augustin Robespierre à Buissart

Paris, 20 avril 93, 2' Rép.

A l'inslant où je prends la plume, je reçois votre lettre, même désir de recevoir des brochures, toujours aussi même républicanisme et même amour du bien public ; je satisferai autant qu'il sera en moi à votre Brnrhimanie républicaine.

Votre vieux porteur de lettres esi intéressant, s'il dépendoit de moi de lui rendre service, je le ferois sans désemparer, mais je ne vois pas qu'aucune démnrehe de ma part puisse lui être utile.

Barbet vient de nvérrire |)Our le valeureux (lli.imijion. son ami Féraud, les htix règlent le mode d'avancement, il n'est l)oint |)Ossible à un morrduil de France de le f;iii'(> même Cî.porai il moiu- qu'il n'ait porté jfs armes pour la Patrie.

(1) DIm'ovitH d'AiiK:iiHtin RobeB|)lt«rre on f.ivciir de l.-i Ooinnuino de Paris, 20 avril 1793. (Mon. XVl. 199-200).

La République n'est pas eiicor sauvée, les conspirateurs sont autant et plus audacieux encor, ils semblent renouer Ifurs complots en donnant le change à Topinion publique sur l'affreuse trahison de Dumouriez. Remarquez qu'ils n'occupent la Nation que d'une prétendue faction d'Orléans qu'ils veulent faire croire étrangère à Dumouriez, leur ami, lorsqu'il est -démontré que cette faction ne fait qu'une seule et même chose avec Dumouriez, av^c les amis de Dumouriez qui sont dans la Convention.

Ils attaquent déjà Bouchotlf, nnni-uf di' la guerre, ils r accusent d'ineptie, comme ils accusoient Pache. Pache n'étoit point inepte, ils ne pouvoient conspirer avec lui, ce fut là tout son crime. Le dénuement de nos armées n'étoit point son fait, mais celui des généi'aux conspirateurs qui ne perraettoient point que les fournitures arrivassent au camp, qui les livroient même aux ennemis. Telle est l'exacte vérité (1). Fâche vei-tueux républicain, n'éprouvant aucun remords, fut au-dessus des calomnies, il ne chercha jamais à se justifier.

J'écris par le même courrier à la Société d'Arras, j'y donne quelifues détails qui vous intéresseront.

Je vous prie de donner l'accolade républicaine et fraternelle à la maman de vois marmots qui deviennent grands pour la Patrie sous les yeux de leur père.

(Mémoires de l'Académie d'Arras, 1890, XXI, p. 337-388.)

GLWIII Robespierre à Âigoin

Mon cher Aigoin,

Depuis que je ne vous ai écrit, j'ai été à la fois indisposé et extrêmement occupé. Je n'avois point reçu votre première lettre. J'ai fait, .en conséquence de la seconde, tout ce qui ëloit en mon pouvoir pour vous procurer la justice qui est due à votre civisme pur et imperturbable et tous les bons citoyens vous l'ont rendue. Gardez-vous, mon ami, de douter jamais de ma tendre amitié. Après la patrie, je n'aime rien autant

(1) Pache avait été renvoyé le 4 février 1793 et remplacé, à la Gijcrre,

par 'neiirnonville. ami <io Otimouriez.

que les lioxiimo^ qui vous ressemblent. Vous partagez avec tous les vrais amis de la république et de la vei-tu des disgrâces-que vous essuies. Aies courage, et que votre civisme même vous console des persécutions qu'il vous a attirées. Comtés sur mon tendre dévouement, mais aies quelqu'indulg«nce pour l'état do lassitude et d'accablement oii mes pénibles occupations me mettent quelques fois.

Adieu, embrassez pour moi tout ce qui nous est cher.

Paris, le 2 mai. l'an II de la République.

Robespierre (1).

(l'uibti'ée par M. A. Mathiez dans les Annales Révol, 1913, VI, p. 564 et clans Autour de Roic'^pierre, p. 75.)

GLXIX

Robespierre à Fouquier-Tinville

Paris, le 10 mai 1793, J'ai appris que le tribunal révolutionnaii'e devoit nommer un médecin ; je vous indique et aux républicains, le citoyen Théry, recommandable par ses talents dans l'art de guérir et par son patriotisme. Il n'est pas indifférent aux bons citoyens de connoître les hommes qui méritent leur contiance. Je me suis fait un devoir de vous annoncer un patriote qui a des principes et une conduite ferme dans la ligne révolutionnaire. Vous ne négligerez point l'occasion d'être utile à un républicain.

Robespierre (2).

« Au ritoijffi Fom/ui'l dr Tainville, accusateur au Tribunal révolutionnaire à Paris. »

En marg'e est écrit : « Pris en très grande considération, Montané, président, Jean - Baptiste - Joseph Théry, accepté comme médecin du tribunal, le 11 juin, d'après l'avis unajnime de mes confrères. Monta nr, président (Archives de rEmpirc) »,

(A. N. W. .'lO'J. CHv par Iv Ilaiiicl, <>. <:. II. 7(fJ.)

(1) !>• brnulllon <1p cette lettro «-«t A la BlbHothf-fnic n.itloriîil»', collection Lrfibfdoyèrc, Noiiv. ucq. fr. 312 n" S. 108. fol. 139.

(2) .Sur l<« rapport»» do Robc«picrrc et de Fouqulor-Tlnvlllo voir l'article <1p m. a. Miithicz ilariH les AnnoltM h'i'voUilionnnirr.s, 1917, p 289-213 et Autour tli Kohrftpinri-, p. 13fi et n\\\\-.

Aigoin à Robespierre (Montpellier, le 22 mai 1793)

N'ayant pas encore reçu la lettre de Robespierre, Aigoin lui reparle de sa pétition à la Convention et lui réclame le texte de ses discours.

(A. X. F-7/4577 et Ainniles Rvvol., 1920.)

(XXXI ' Lacombe Saint Michel à Robespierre

Villelraiicin'. à bord de la Iréf^ate la Belette, 23 mai 1793)

Il le prie de l'abonner au journal des jacobins i>n\ir un

sennestre et lui on envoie le montant.

(BlWl. de Nantes. — rollection Dugast- Matifenx, n" 58.)

Gi.xxn

Bernard à Robespierre (Renne.s, 2T) mai 1793)

11 envoie des imprimés qui montrent qu'on tâche par des manœuvres sourdes de prévenir les citoyents contre Paris ; il signale l'activité de Lanjuinais dans ce sens, on tâche d'ameuter le peuplt> contre les hommes qui ne respirent que les vi'itis principes. Les Représentants Sevestre, Merlin de T»ouni et Gillet envoyés à l'armée des Côtes de Brest n'ont pas montré la fei-meté nécessaire. « Ce que je trouve de meilleur dans Rennes. ce sont les femmes des sans-culottes, la garde nationale n'est pas mauvaise non plus, foutes les autorités constituées ne valent rien, on dirait qu'elles croient toutes à une contre-l'évolution. »

(Hibl. (le Nantes. — ('o]le(,-ti(rti Duiïîist- :M!itlt>ux, 11" 12.)

CLXXTTI Aigoin à Robespierre ! Monlpeliicr. le 31 may 1793

Il a reçu sa dernière lettre et lui réclame à nouveau ses discours.

(A. N. F-7,/4577 et Annales Révol, 1920.)

GLXXIV Augustin Robespierre à Buissart

Paris, le T' juin Oll 2' Rép.

Les trahisons se multiplient sur tous les points de la République, nos armes sont pa^rtout repoussées. Sur les frontières d'Espagne, notre territoire est souillé par les Espagnols qui l'ont entamé par trahison. Dans Tarmée du Rhin, Custine a eu un échec que l'on assure être concerté ; dans la Vendée, les troupes de la République ont été mises en déroute par ime poignée de rebelles. Au nord, Valenciennes assiégée, le camp de Famars livré, l'armée en déroute, se l'éunissant en désordre sous Bouchain par la trahison ou rincxpérience de Chammorin^l). A la Convention, les conspirateurs triomphants, faisant des actes arbitraires, incarcérant leis magistrats du peuple et les patriotes ; à Marseille, l'aristocratie victorieuse retient dans les fers des Marseillais républicains qui ont concouru à la révolution du dix (2), les crimes des conspirateurs qui se trouvent au timon des affaires, tout vjent de donner aux généreux Parisiens le courage de résister à l'oppi'ession.

Le tocsin a sonné hier, la générale a battu, tous les citoyens ont pris les armes, l'insurrection morale a été faite avec la majesté d'un grand peuple qui est digne de la liberté el qui veut le salut de la République. Les ennemis de cette immortelle cité vont encor la calomnier, ils vont encor insulter à la magnanimité des républicains qui ont demandé que la (^ionvention voulut enfin le salut de la Patrie,- qu'elle livrât les traîtres qui la déshonorent. Puisse le vœu de ces braves Parisiens s'accomplir enfin, puissent les départemens s'unir à eux pour opérer l'union des Fi'ançois en faisant justice des mandataires infîdèleis qui ont sefmé la division parmi 'les François et égaré l'opinion publique. Oui^, ceux qui ont calomnié Paris sont les causes des maux qui nous aflligent. Si, depuis quatre années, nous avons résisté aux ennemis de la liberté, c'est que tous les Françoiis savoient l'opinion de Paris»

(1) Chainpmorln, iii.r Hii jr<''!ii<> Ti I.ill>-.

(2) Dix uoût.

C'est que luus les François éloient convaincus que Paris étoit digne de la confiance nationale par son amour pour le bien général. Eh ! bi»'n, Paris n'a pas cessé de mériter celte confiance ; les conspirateurs seuls veulent la lui ravir. Que les sections d'Arras émettent un vœu de réunion à la cité parisienne, qu'elles le fassent imprimer et connaître à toute la France, la ville d'Arras aura contribué au salut publie. Oue la Société donne le l)ranle à cet acte patriotique. La crise est forte, les Parisiens font faisceau, on n'a pu les diviser, ils sont résolus à soutenir jus<iu";'i la niorl la liberté et l'éffalité (1). R.

(Mémoirfis de l'Académie d'Anas. 1890, XXI, p. 389-390.)

Grandville, rédacteur de l'article « Convention Nationale » au Moniteur, à Robespierre (IH juin \l\Ki

Dans la crainte d'une suppression des feuilles publiques, il prend la défense du MonUrur qui « a rapporté avec beaucou i> plus d'étendue les discours de la Montagne que les autres. » « Je n'ai donné qu'un court extrait de la première accusation qui fut faite contre vous par Louvet tandis que j'ai inséré en entier votre réponse. J'ai rapporté presque en entier tous les discours qui ont été prononcés pour la .mort du roi et je ne citais quelques extraits des autres qu'autant que j'y étais indispensablement obligé pour conserver quelque caractère d'impartialité. » Il a publié l'appel nominal avec la plus grande étt'ndue, ce qui a occasionné 6.000 fr. de frais. Toutets les opinions qui concluent à la mort du roi ont été reproduites dans leur intégralité. Rabaut St-Etienne n'a été attaché au Monileur que pendant trois semaines l'hiver précédent. Depuis un mois le rôle politique du Monitour lui a fait perdre mille abonnés dans le Midi et en Normandie.

(A. N. K-7/443r). — Coitrtois. Rapport, XVII, 113-115.)

(1) Sur la politique do lu Oironde en 1792-1793 voir A. Mathlez. La Révolution Française, t. II.

GLXXVI

Augustin Robespierre à Buissart

Paris, 5 juillet 03, 2" I^ép.

Les travaux de la Goiiveution auxquels vous applaudissez ne sont pas les seuls importans, elle n'auroit rien l'ait pour iv peuple, si elle se bornoit à la rédaction de la Constitution, Vous savez qu'une Constitution ne suffit pas pour rendre la Nation heureuse et libre. Il nous faut un code civil, une instruction publique qui épargne désormais à la République les malheurs dont elle est accablée dans le midi et la cy-devant Bretagne. Cette dernière tâche est peut-être plus difficile qu'on ne pense et ce dernier enfantement sera peut-être aussi douloureux que le premier.

Vous voyez parfaitement lomque vous pensez qu'il ne faut é-'ever aucune discussion sur Tacte constitutionnel, les circonstances sont urgentes et 'le moindre délai peut perdre la République, Les Parisiens l'ont bien senti et on ne refusera pas aux patriotes de cette ville moins de lumières qu'à ceux o'Arras. Eh ! bien, loin de critiquer la Constitution, ils se sont empressés d'exciter l'enthousiasme pour cette charte républicaine ; elle a été acceptée à l'unanimité au milieu des cris de Vive la République ! l'allégresse est universelle, le canon annonce la joie publique et la ville de Paris présente un spectacle attendrissant. Les citoyens et citoyennes défilent depuis deux jours dans la salle de la Convention, ils arrachent des larmes aux cœurs les plus secs. Faites vos efforts pour que la cOmmun(* d'Arras accepte avec le même enthousiasme, le même cnipressement, la (ktnstitulion qlii est un point nécc-ssairr (]•> réunion. .Je regarde coninn' mauvais citoyens ceux (|ui mettront le moindre obstacle à son acceptation. L(\s royalistes vont être mis à découvert; nous les comhr.tlrons ouvertement.

Vous me parler du nouveau député,!), il y a long tems qu'il m'est suspect, il connoît plus l'intrigue que la délicatesse et la itoinic foi. Il poui'fa iiiiit'c à la chose publique par SCS exIravagaïKM's ; sou originalité luf (l<''plaîl. Vous lue ferez

(1) .ToH(>ph L«-b()n. (ulmln lo 2 Juillet 1793 j\ In Oonvcntlon coinnio BVippKrnnt <!<• MfiKnii'/., ictln'i A rJoitliKourt iipr^*» In Journ<^o <lii 31 mnl.

plaisir de me dire s'il est vrai qu'il a voulu convoquer les assemblées primaires pour nommer une nouvelle Convention ef s'il n'a pas balancé à se rendre à celle qui existe afin d'être nommé plus sûrement à la suivante ou à la Lég-islative. Il est essentiel de connoître les masques, expliquez-vous, je vous prie, sur cet individu avec la confiance que vous avez en moi et que j'ai en vous.

Mes amitiés à voire épouso républicaine et aux petite républicains. A.-B.-J. R.

P. S. Magnier vuus a-t-il remis un volume ? Dites-moi combien le total de la somme que vous avez reçue du Grand Homme ? Je ne m'en souviens nullement, j'ai besoin de la conncjîlre pour resliluer le dei'nier tiers au citoyen Le fèvre qui est absent.

{.M ('moires de l'Aviulémic d'Aniii. ihiil., pp. 31M)-3Î)-J.)

CIAXVII Augustin Robespierre à Buissart

Paris, ce 14 juillet 93, 2^' Rép.

Les patriotes .se l'eposoient sur les heureux succès des 31 mai, i"' et 2 juin, mais ils n'avoient pris que les avantpostes, et la coalition semble avoir repris; toutes ><>< forces et S( préparer à une attaque formidable.

Vous n'ignorez pas les dispositions hostiles des départemens méridionaux et de la cy-devant Bretagne >s désastres de la Vendée et de plus grands maux nous meïifecenl encor. Paris, qui paroissoit calme, dont toutes les sections avoient accepté avec enthousiasme la Constitution, Paris est en ce moment travaillé de toutes les manières, les portes des boulangers sont chaque jour assiégées, quoique cette grande cité soit approvisionnée elle paroît manquer de tout ; cela tient à une centaine d'agioteurs qui ont leurs complices dans toutes les villes de la République. L'accaparement des assignats à ligure de tyran et le gain qu'ils obtiennent sur la monnoie de la République démontrent une conspiration prête à éclater. Le difficile sera de connoître les conspirateurs. IS'ous sommes menacés d'un mouvement terrible, l'aristocratie reprend son audace dans tous les endroits, le peuple com-

menée à cliei-cliei' ses défenseurs, il est ég^aré au point de se demander où ils siègent ; les malveiillans, désespérés de ne pouvoir Tentraîner dans une fausse démarche, viennent de mettre le comble à leur scélératesse. Mai'at a été assassiné hier soir à 8 heures chez lui, de la main d'une femme. Il est mort peu d'instans après de sa blessure. Nous apprenons en même tems que Gondé est au pouvoir de l'ennemi. Custine est, à ce qu'il paroit, un nouveau Dumouriez. Ces deux événemens peuvent exalter les esprits et occasionner une insurrection dont le succès seroit incertain dans l'aveuglement où se trouvent les départemens. Je vous écrirai demain s'il s'est passé quelque chose d'extraordinaire.

P. S. Mon amitié à la citoyenne et à vos deux républicains. Au citoyen Buissarl, juge du district, à Arras.

{Mémoires de VAcodcmic d'Arrafi^ 1890»

t. XXI, p. ao-j-.*?;):! )

CLXXVlll Augustin Robespierre à Buissart

Paris 15 juillet 1793

Rien d"(>xiraoi'dinair(^> ici, les événeimens fâcheux (\\\v nous avions à craindre pour aujourd'hui ne sont point arrivés, il c?t à espérer que les malviMllans ne réussiront point cette fois rians leurs rnaiio'uvres. La lerreur panique s'empare de beauci.up (fesprits et la fou'le est considérable chez los boutuigers. l.a mort de Marat sera probablement utile à la République l-ar les circoqstances qui l'accompagnent. C'est une cy-devant venue de Caen, à dessein, envolée par Barbaroux et autres scélérats, adressée d'abord à un membr(>i du co\é droit à l'aris. à ce fanatique Duperrey qui deux fois tii'a \v sabre ('ans rAssemblée et menaça plusieurs fois Marat.' Nous l'avons décrété d'accusation comme complice de l'assassinat. Vous verrez dans les journaux les détails de e(>tle affaire et il n»' vous sera pas difficile de juger les hommes auxquels voufi avioM'S affaire. T^i' ministre de l'iiitérieui' avoil. à cv qu'il liariiîl. éh'' ffésiprié au poignard de celle inonsli'ueuse femme

GOHUKSPONDANGE DK ROBESPIERRE ]/.>

qui a fait tomber Marat sous ses coups ; Danton, Maximilien sont cncoi' menacés; une chose remarquable c'est le moyen c'oni cette infernale femelle s'est sei*vi pour avoir accès chez iiotre colHègue. Tandis qu'on a dépeint Marat comme un monstre et d'une manière si tei'rible que toute la France est trompée au point de croire qu'il n'y a pointde cannibale comparable à ce citoyen, cette femme implore cependant sa commisération, elle lui écrit : « // suffit d'rUrr malheureux pour être rnlendu ». Celle circonstance est bien propre à démaratiseï- Marat et à faire ouvrir les yeux- à ceux (pii nous croii'ut de bonaie foi des hommes sang:uinaires. Jl faut (pie vous sachiez que Marat vivoit en ispai*tiate. (pi'il ne dépens'oit rien pour lui et qu'il donnoil tout ce qu'il avoit à ceux qui avoient recours à lui. Il m'a dit plusieurs fois et à mes collègues : « Je n'di plui- de quoi subvenir à la fouie malh(>ureuse qui s'adresse à. moi. je vous en enverrai (pielques-uns », et il l'a fait plusieurs fois.

JUrCz de iKjtre situation polititpie, situation amenée par la calomnie. Des patriotes, ai'dens mais peu éclairés, sont en ce iiiomerd. d'accord avec les cons|iiraleur^ poui' Pantliéoniser Marat.

'l'elles sont 'les circonstances. (|ue celle proposition ]>eut éterniser les cahmmies, que la haine qui semble abandonner un cadavre s'attachera à Marat dans le tombeau et que le sysième des ennemis de la liberté «reprendra avec plus de force t|ue si notre collègue étoit encor parmi nous. Le plus habili' observateur doit s'étonner que l'arme la plus terrible fies ennemis de la liberté soit la calomnie, il doil gémir sur l'ignorance et 'la crédulité d'un peuple qui la méconnoît sans cesse. Une calomnie, quelqu'absurde qu'elle soit, ne s'efface |"oint, et Pai'is, qui voit égorger ses plus ar'dens défenseurs, qui se contente de verser de>s pleurs sur leur tombe, aura encor à se défendre pendant des siècles contre ses détracteurs, tandis qu'Evreux, Gaen, Lyon, Marseille jouiront d'une g'oire |)res(pie imuiorte'lle parce que ces cités aurrtnt pour défenseurs les plus liabil<\s des conjui'és. les plus scélérats ch's hommes.

(]rrnwiirs tic V.Uuih'mic irAnax, ibid., p. 393-.30Ô.)

GLXXIX

Augustin Robespierre à Buissart

Pai'is, 20 juillet 93. 2" Rép.

J'ai reçu, mon cher l'épublicain, vos deux épîtres ; elles me sont toujours inlîniment agréables ; je vous avois marqué mes craintes sur les manœuvres omploiées dans la ville révolutionnaire pour opérer un mouvement funeste. La sagesse du peuple paroît triompher des efforts criminels des malveirians, ni la crainte de manquer de subsistances, a; la cherlé des denrées, ni l'indignation causée par la mort de Marat n'ont fait commettre aucun excès. Malgré les atroces calomnies répandues dans les journaux sur les prétendus vols commis le jour de la pompe funèbre d(- ce représentant du peuple, les aristocrates paroissent en ce momont-ci aux abois, les sangsues du peuple, les agioteurs cl les accapareurs ont la mine allongée, les nouvelles favorables que nous recevons de l'intérieur les désespèrent. La Vendée a reçu un échec considérable, les Manseillois rebelles viennent d'être arrêtés dans leur marche liberticide, leurs canons leur ont été enlevés par l'armée de la République. Ces .nouvelles vallent des batailles gagnées. Nous croyons que les contre-révolutionnaires de Lyon ne tarderont pas à mettre bas les armes et à se repentir de leur audace. La Convention s'occupe sérieusement de l'extirpation de l'agiotage ; d'après les circonstances actuelles, si nous pouvons empêcher les trahisons, nous aurons upe paix honorable et prompte. Il paroît en elTet constant que nos ennemis ont beaucoup souffert et qu'ils soutiendront diflicilement une plus longue guerre. Ainsi, un peu de patience et la République triomphera.

Je viens d'être nommé commisi^aire à l'aivniée d'Italie, la mission est pénible ; je l'ai acceptée pour le bien de mon pays, je suis convaincu que je le servirai ulilenienl. ne fut-ce qu'en détruisant !es calomnies dont iiKui M(im a élé noirci.

Je corilinuerai avi'c jjlaisir ma correspondance avec un ri'|)Mblicairi du Nord, je compte sur votre amitié poni' corrivs-

pondre avec un représentant du peuple à l'armée d'Italie, •qui désire tenir toute la vie avec un homme de bien.

Robespierre J.

Au citoyen Buissart, juge de paix à Arras (Pajs-de-Galais).

(Mémoires de l'Académie d'Arras, 1890, t. XXI, p. 395-396.)

Panis (1) à Robespierre (6 août 1793)

Il propose d'envoyer Robei't Lindet à Lyon, avant de tirer If canon, pour amener la paix par de bonnes négociations.

(Bibliothèque de Lyon, n" 2023. Papier-i inédits, t. I, pp. 280-287.)

GLXXXI Joseph Lebon à Robespierre (Amiens, 15 août 1793)

Il recommande ttulin, qui n'est encore que capitaine. (Ibid., t. III, p. 254).

GLXXXII

Goulombeau, secrétaire-greffier de la Commune, à Robespierre

(10 août 179;{)

E lui envoie la médaille du 10 août.

(Ibid., t. II, pp. 179.)

ŒXXXIII

Les Représentants à l'Armée d'Italie au Comité de Salut publiot

(Sault. 10 août 1793) "

Nous ne sommes point encore parvenus à notre destination, malgré tous nos efforts pour y arriver. Les contrerévolutionnaires du Midi entravent la marche du gouver-

(1) Panls (1757-1832), député de Paris à la Convention.

nemenl, font soufl'rir rarmée d'Italie, dont ils retai'dcnt ou arrêtent chaque convoi. 11 est urgent de prendre toutes les «iCsures qui sont en votre pouvoir pour débarrasser la i^ation d'une poignée de brigands, qui lui portent un préjudice énorme,, par les' obstacles qu'ils mettent à l'expédition des affaires. Nous sommes indignés de voir que quelques factieux suffisent pour tenir en échec une grande nation dont les armes victorieuses ont fait disparaîti'e les troupes de la tyrannie. La République serait deshonorée, si elle souffrait plus longtemps que trois ou quatre mi'lle rebelles portassent la terreur et l'elîroi dans le cœur des patriotes de ces contrées, et qu'ils subjuguent journellement, par la crainte, le» petits hameaux et villages qu'ils envahissent par leurs détachements et qu'ils évacuent presque aussitôt, lorsqu'ils ont forcé les habitants à les nourrir et héberger pendant vingt-quatre heures.

Au nom de la République, citoyens collègues, ne perdez point de vue les rebelles de Marseille ; occupez-vous sérieusement de les réduire, si vous ne voulez voir s'allumer ici une guerre malheureuse. Il est .-^ncore très facile de les anéantir. Leur milice est sans discipline, sans courage ; ils ne savent que pi'ller et fuir. Ils viennent d'être battus à (ladenel. Les patriotes des communes de Pertuis, de la Tourl'Aigues et quelques autres se sont montrés avec énergie, » I bien décidés à seconder les troupes de la République.

L'existence des rebelles compromet la fortune publique. Les asi^ignats n'ont que très difficilement cours dans les endroits qui avoisinent ces séditieux. Nous avons été témoins des refus que l'on fait de les accepter pour les denrées d.» première nécessité. Les autorités constituées n'ont point la force de faire exécuter les lois sur cet objet. Enfin, citoyens nos collègues, le mal s'accroît chaque jour par réial i'inaclion dans lequel demeure l'armée de la Républiciue (]ui est en présence des rebel'les, el par l'impossibilité oi'i elle est 'l'empêcher les incursions subites qu'ils font sur les patriotes qu'ils Ii'.iIiumiI dans les rci".

.Nous venons d'échapper pai" la liiile aux mains de ces scélêi'nls. Nous étions depuis (hnix joui's à .Manosqiie, où iKMi^ li'availliuns à réunir les esprits, à les désabuscM" et à r.illarjier je.s ('«j'iii's à ia (î(in\eiili(in Mali(niale. Nous croyions

avoir t'u quelques succès. Xouis uous disposions à passer la Durance, nous en avions déjà passé un bras, lorsque deux dragons, qui nous accompagnaient, vinrent nous dire qu'ils apereevaient des gens armés sur notre passage et qu'ils avaient été couchés en joue. Nous prîmes le parti de retourner et d'abattre les cordes de la barque. Cette précaulion fut rendue inutile par la malveillance d'une détachement de Alanosque, qui devait défendre le passage, et qui lit rétablir, à l'instant même et en notre présence, les cordes que nous avions fait abattre.

Obligés de traverser Manosque, nous nous aperçûmes que le« ennemis de la liberté avaient des partisans dans cette ville et que nous n'y étions pas en sûreté. Pour épargner un ci'ime aux Manosquiens, nous ne nous arrêtâmes point. Nouis fîmes route vers Forcalquier, chef-lieu de d'istrict où nous arrivâmes à 10 heures du soir. Il était à peine miimit tjue nous reçûmeis la nouve^lle que des séditieux avaient élé reçus dans Manosque et que déjà un grand nombre venaient pour se saisir de nous et des citoyens Gonord, eummissaires du Conseil exécutif qui ont fait un grand bien dans ces contrées qu'ils ont ramenées à l'unité de la Hépubliiiue. Sur un nouvel avis que les rebelles étaient précédés d'une quarantaine d'hommes à cheval qui accouraient pour nous <'nlever, nous prîmes la fuite à travers les monlagnes et nous laissâmes notre voilure, qui tomba «!U pouvoir (les brigands avec tous les effets qui nous appartenaient. La ville de Forcalquier vit avec chagrin l'outrage fait aux représentants du peuple, mais elle n'était point en force pour résister, ayant fort peu d'armes, et les brigands, suivant leui- usage, se faisant toujours précéder par la terre ur. Nous trouvâmes un asile à fianon, petit village dans its .montagnes. Les commissaires du pouvoir exécutif y avaient fait connaître les décrets bienfaisants de la constitution et l'acte constitutionnel y avait été accepté avec emi)ressement.. Nous trouvâmes les mêmes dispositions à Saull. Les Marseillais sont en horreur dans tou-s ces endroits. Ils ne trouvent d'asile que par la terreur qu'ils inspirent à ceux <|ui n'ont pas les moyens de leur résister.

Ne tardez point, citoyens collègues, à venir au secours des républicains du Midi : ils méritent par leur énergie

qu'on ne les laisse point sous la dominalion féroce des cannibales de Marseille.

Nous croyons que Brunet (i) est Fâme de la contre i^volution du Midi. Manosque, sa patrie, est peuplée de rebelles, à la tète desquels se trouve Brunet fils. On nous a^ssure que les MarselLliais protègent ce général qui leur a, dit-on, accordé des renforts. Nos observations nous prouvent que ce général trahit la République. Il paraît qu'il désorganise l'armée d'Italie et qu'il la fait détruire inutilement et sans fruit. Ricord, Robespierre jeune.

(Arcli. Xat., A. F-II/184. De la main de Robespierre jeune. Aulara, Recueil des Actes du Comité <Jc Saint public, t. VI, pp. 10-13.)

En marge, de la main de Carnot : « Accuser réception de cette lettre; répondre qu'on s'occupe des mesures vigoureuses à prendre contre les rebelles de Marseille, que la plainte contre Brunet sera examinée ; leur recommander la plus grande sévérité envers les traître-s. — L. Garnot. »

Le Comité de Salut public aux Représentants à l'Armée des Alpes

(18 août 1793)

Gouthon, Gairnot, Robespierre, Barère, St-Just.

(A. N. — A. D. XYIII a, 26. — Aulard. Recueil, VI, pp. 20-22.)

GLXXXV

Brincourt à Robespierre (Sedan, 19 août 1793) Il envoie une pétition et demande son appui.

(A. N. F-7/4486. — Courtois, o. c, n" VIII p. 100-107.)

(1) Brunet, généial, commandant rann<^e d'Italie, battu en Juillet 1793 h. flaorfrlo paT les Plémontala. On prétendit qu'il n'était paa étranger à la reddition de Toulon. Devant son refus de seconder les représentants, 11 fut remplacé par Carteaiix, arr<^té sur l'ordre de Barras, transféré à l'Abbaye ,.f ,../.,..,ff, |ç jg brumaire an IT (6 nov<>nibre 1793).

GLXXXVI

Félix 1 à Robespierre (20 août 1793}

Il lui demande un entrelien.

(A. N. F-7/4436. Courtois, n" X, p. 108- 109.)

GLXXXVI I

Les Représentants à l'Armée d'Italie au Comité de Salut public

(Mauosque, 21 août 1793;

Robespierie jeune et Ricord.

(A. N. A. F-II/90. — Aulard, o. c, VI, ô7<j-577. )

GLXXXVIII

Les Représentants à l'Armée d'Italie au Comité de Salut publio

(.ManosqiiH, 22 août 1793,

Nous vous dépêchons, citoyens collègues, un courrier extraordinaire pour vous instruire des projeta horribles des lebelles de Marseille. Leur: dessein parricide est de livrer l'.'ur poi't aux Anglais et aux Espagnols. La Hotte ennemie C3oise presque à la portée du t-anon, et déjà un vaisseau parlementaire a été envoyé à l'escadre anglaise, qui n'est C'u'à trois lieues des côtes. Les rebeflles du Midi, toujours vaincus, cl le 20 de ce mois mis en déroute par ramiée de la Rép*''*l'Q^i^» ^l'i ^sl entrée hier dans la ville d'Aix, appellent à leur secours des forces étrangères. Les sections ne MarseiUe, à l'exception de celle n° IL dont le consente nient a été l'efTet de la menace et de la violence, oui adhéré à cr recours aux puissances ennemies sous l'apparence de demander, ou (|u"il fût permis à un convoi de vivres chargé pour Marseille et actuellement à Gènes d'entrer dans le port en traversant la flotte, ou que la flotte fournit ellle-même des vivres à la ville. Nous sommes instruits par une voie très sûre que ce n'est là qu'un prétexte et que les conspirateurs veulent bien réellement livrer le Midi, soit pour démembrer la République, soit pour tout

(1) Auteur de plusieurs ouvrages de littérature et de politique.

18*2 UOUHESPONDANGE DE HOBESPIEKRE

aulro svostème égallemcnt contraire à l'intérêt national, à la liberté et à Tégalité.

La ville de Toulon est soupçonnée d'avoir l'ait les mômes démarches auprès de l'escadre ennemie. Ce qu'il y a de certain, c"est qu'elle a dégarni les vaisseaux de la République pour accroître les forces des révoltés. Un détachement de 600 hommes est, à ce qu'on dit, arrivé à Brignoles pour s'opposer au passage des bataillons tirés de l'armée d'Italie, que nous avons été obligés de requérir, tant pour renforcer l'armée qui se trouve actuellement à Aix, que pour rétablir les communications trop longtemps intercept.ées par les séditieux du Midi. On croit que la flotte ennemie a des troupes de déba.rquement et qu'elle peut vomir sur les côtes méridionales 10.000 à 12.000 hommes, tant espagnols qu'anglais. Ces forces ne peuvent pas en imposer au courage des troupes de la République. Il laut néanmoins se hâter ce prévenir cette descente. C'est à vous, citoyens collègues, à presser les mesures millitaires et à faire occuper les positions qui mettent Marseille et Toulon dans l'impossibilité de i'ésister, si elles venaient à consommer leur crime.

Vous sentez, citoyens collègues la nécessité de développer un grand caractère et de ne point arrêter ni modérer ?'ai'deur républicaine dans un moment aussi critique. Ce «ont les trêves, les suspensions d'armes qui retardent le bonheur du peuple et prolongent le mouvement révolutionnaire qui pourrait à la fin briser les ressorts politiques. Que les traîtres n'aient plus le temps de rassembler leurs forces, que Lyon, Marseille et Toulon soient à l'instant soumises, et la famiWe française réunie trouvera toutes <»'s forces pour dissiper les brigands couronnés.

Donnez-nous, au nom de la patrie, des nouvelles de toute la République et de notre situation, tant intérieure qu'extérieur»', ((uelie qu'elle soit. Nous sommes au-dessus des événements et nous f'M'on'- respecter l'autorité nationale autour de ïiou^^ RiGOMi), RonKSPiEKMK jiMine.

P. S. - l/wrMKM' (lti> rt'bellies tloil <',anip(>r -<tu Pin et à Septèmes. enln^ Marseille et .\ix, où oUe doit être renforcée. l\enii- ■•lU cniiiiiiM' 1.000 Iîmts ]>nMr h' voy;ige.

(.\. .N. .\. K. II. 1S4. — Aiilnnl. o. c, VI, (ÎO-dS. !>•' la inniii «le Kobi'.spierre

ii'imc. )

CORRESPONDANCE DE ROBESPIERRE 18.'î

GLXXXIX

Les Représentants à l'Armée d'Italie au Comité de Salut public (Ai.x, 28 août ITlKi

llicurd t't llobespierre jeuiR'

(A. X. : A. F. Il, 184. — AulanJ, o. c, VI, 157-1 r)8.)

Augustin Robespierre à son frère (Aix, 28 aoùl 1793)

Je n'ai que le temps de te dire que je n'ai eu aucun repos depuis mon départ de Paris, que j'ai voyagé malade par monis et par vaux, pour écliapper aux brigands de Marseille. J'ai vu cette superbe cité, peut-être la plus belle du monde. Il faut des hommes très habiles pour faire le bien dans ces départemens méridionaux. Tu ne connais pas bien la situation de ces malheureiDses contrées. J'en ai acquis l'expérience en très peu de temps. Les têtes sont exaltées, incapables de raisonnemens; dès qu'elles ont embrassé un parti, elles n'écoutent plus les opinions contraii'es, de sorte que ceux qui sont parvenus à les égarer ont tiré un grand parti de cette disposition. Il n été très facile d'entraîner dans l'erreur ce peuple ardent, mais ignorant. Le peuple du Nord n'est pas plus éclairé, mais comme il est plus flegmatique, il est pluis longtemps à agir^ on a le temps de l'avertir et de le détromper. Tu sens déjà les conséquences de cette diversité des tempéramens, je t'assure que le plus grand nombre a été stupidement trompé et que les crimes de quelques hommes qui se disoient patriotes, ont néci^ssité une certaine classe de citoyens à se réunir pour se soustraire aux plus inquiétantes vexations. Des contre-révolutionnaires se isont emparés de cette classe d'hommes, ont paru d'abord ne se joindTe à ceux-ci que pour contenir des hommes vraiment dangereux, dont les propositions et souvent les actions étoient criminelles; mais bientôt les contre-révolutionnaires astucieux trouvèrent le moyen de rendre oppres- 'seurs ceux qui croyoient ne se garantir que de l'oppression. Les patriotes se trouvèrent poursuivis, vexés, immolés, et ceux qui les poursuivoient étoient les inslrumens aveugles de

quelques conire-révolutionnaires qui avoient égaré la masse ignorante de ce qu'on appelle leis honnêtes gens. C'est là ma. manière de voir. Je crois ne m'être pas tro,mpé. J'ai vu un grand nombre de ees sectionnaires qui étoient la bêtise personnifiée, que l'on pouvoit égarer avec la plus extrême facilité.

Ce qui m'est démontré, c'est que, si les patriotes veulent punir tous les sectionnaires indiistinctement, la réaction aura encore lieu et rendra la guerre civile interminable. Les passions sont exaspérées à un point inconcevable et les haines si fortes qu'il faut prendre tous les moyenis possibles pour qu'un patriote qui a eu un procès avec un patriote ne soit point victime d'une dénonciation haineuse. Réponds à ma lettre; redresse ma vue, si elle est oblique.

J'ai embrassé les prisonniers, Ricord le premier, et je t'embraisse. -

Robespierre jeune.

(Bibliothèque de Nantes. — Collection Du- ?ast-Matifeux. Dossier 44. Notes de- M. Dugast-Matifeiix. — Extrait cité par- E. Hamel, o. c, III, 176)

Le Comité de Salut Public à Gouthon et Maignet, Représentants à l'armée des Alpes et dans le Rhône et Loire

(3 sept. 1793)

Gariiot, Robespierre, C.-A. Prieur, Thuriot. Prioui' de la Marne.

(A. N. : A. F. IT, 2.52. Aulard, o. c, VI, 2.')r)-256.)

ex OU

Les Représentants à l'Armée d'Italie au Comité de Salut publia (Nice, 8 septembre 1793)

Ricurd, Robespierre le jeune

(A. N. : A. r». XVIIT, a. tlO. — Aulnnl, ". r.. VI, :î72-.S73.)

GXGIII

André Dumont à Robespierre (Amiens, 10 septembre 1793)

Je t'adresse, mon ami, un particulier qui me pai'oit méritor •la plus grande attention, il te fera part d^un projet qui pourroit être du plus grand avantage pour la chose publique. Je l'engage et je crois nécessaire de ne communiquer ce plan à personne avant de l'avoir toi-même bien considéré, il serait même plus sûr de le garder secret. Dumont il).

(Bibliothèque de Nantes. — Oollectioa r>ugiist-Matifeux, n" 240.)

CXGIV

Beffroy à Robespierre (Paris, 11 septembre 1793)

Il lui demande un entretien.

(Bibl. de Nantes. — Collection Dugast- Matifeux, n" 173.)

GXCV

Les Représentants à l'Armée d'Italie au Gomfté de Salut publid

Nice, 13 septembre 1793)

Barras, Préron, Ricord, Robespierre.

(A. F. II, 44. — Aulard, o. c, analyse^ VI, 477.)

GXCVI

Westermann 2 à Robespierre ^la Châtaigneraie, 16 sept. 1793)

Les armées étant purgées des généraux aristocrates, il convient de donner à ceux conservés plus de consistSiice et do confiance, et de ne pas les faire marcher continuellement à la barre sur ila dénonciation du premier venu; il serait préférable de les faire juger par les tribunaux établis à la suite de,s armées plutôt que de les faire venir à Paris.

(A. N. F-7/448fi. Courtois, LXXI, 243.)

(1) Cette lettre est restée inconnue à M. Emmanuel de Rougé, auteur de la bioçi-aphle d'André Dumont (Paris-1911). Rien ne permet d'identifier le particulier que Dumont envoyait à Robespierre.

(2) I^e général "Westermann (1751-1794), guillotiné avec les dantonistes.

Les Représentants à l'Armée d'Italie au Comité de Salut public

(Nice, 18 septembre 1793)

Robespierre jeune, Fréron, Barras. Ricord.

(A. F. II, 252. Analj-se. Aulard, o. c, analyse VI, 565.)

Gxcvin

Westermann à Robespierre (la Chalaigneraie, 19 sept. 1793)

L'armée a rétrogradé sans être attaquée, le soldat est désolé, le peuple armé déconcerté, plus d'un tiers a déserté.

(/6/V7. Courtois, LXXl, 242-24.3.)

GXCIX

Jullien à Robespierre (sans date)

il indique 4es mesures importantes à prendre : appeler des départements les patriotes à talents, qui ont besoin de quelques mois de séjour au foyer révolutionnaire; envoyei- de Paris dans les déparlements les patriotes déjà formés, propres à élever l'esprit public à la hauteur républicaine et instiuire le peuple; décréter que les maîtres de po3tes ne pourront fournir de chevaux qu'aux courriers et agents voyageant pour'la République; donner des adjoints au ministre do l'intérieur, comme à celui de la guerre, pour faciliter le maintien de l'esprit public (surveillance des ennemis du Jedans <i instruction du peuple); armer de piques les bataillons de nouvelle .levée et des flanquer de deux canon,s, comme ont fait les Vendéens; charger les comités de la Gonvenlion de faire renouveler toutes les administrations et qu'aucun suspect ne puisse y être admis: pour organiser la levée en masse, charger le^s sociétés p()T>ulaires (,1e faire le dénombrement de ceux qui peuvent et doivent niarrli»'!'.

(A. N. Aiici(-ii F-lS/411. C.urtols, OVir (c), p. 3.SS-S30.)

GC

JuUien à Robespierre (le Havre, 20 septembre 1793)

11 envoie deux arrêtés qu'il a fait prendre aux deux sociétés popu(laires du Havre et d'ingouville. Le premier a pour objet de multiplier les clubs, et par l'autre les républicains du Havre et d'Ingouville répondent à la République, de la ville t :t du port du Havre. Il demande l'autorisation du Comité de Salut public de prendre dans une caisse publique les frais d'impression de la déclaration des républicain,5 du Havre ei oe confirmer sa réquisition à la municipalité de faire arrêter ceux qui arracheraient cette affiche. H s'attfiche à remplir sa mission qui est de soutenir les sociétés populaires. Mais il n'a pas le,s pouvoirs nécessaires pour faire imprim-^r des écrits utiles, requérir les autorités constituées, établir des comités de salut public où il n'y en a pas. requérir des airrestations. « Serai-je agrent du Comité de Salut public, sans pouvoir agir poui* le salut pubhic ? »

(.\. N. Ancien ■F-18/411. Courtois, <>. <-., CVII (d), 339-342.)

Jullien à Robespierre (le Havre, 21 septembre 1793)

Duval d'Espréménil vient d'être arrêté. Jul'lien.a fad décider une réunion au Havre de députés de différentes sociétés populaires. On ne songe qu'à former des clubs républicains dans les environs. L'esprit public est bon ; on attend la destitution de la municipalité, pour que les saas-culottes aient des piques. H part pour Cherbourg. l'I demande à Robespierre de faire renouveler son certificat de Jacobin et de le lui envoyer, alln d'obtenir l'entière confiance des patriotes.

(A. N. Ihkl. Courtoiss, ihUL, 342-343.)

Westermann à Robespierre J.a Clialaigneraye, 23 septembre 1793)

L'armée des Sables commandée par Mieskowsky a été complètement mise en déroute. On a heurté l'opinion publique

parla nomination de Rossignol, ceux qui l'entourent sont tous jaloux de commander, il n'a pas un seul ami sur lequel il peut compter, les uns choqués de sa nomination ont juré sa perte en lui faisant faire des sottises, les autres profitent de son ineptie pour s'emparer d'un commandement auquel ils n'entendent pas plus que lui. Cette guerre n'est qu'une guerre d'intrigue. En marchant bien d'accord on aurait pu finir la guerre en peu de temps. Les deux armés des côtes de la Rochelle et des côtes de Brest, dont les chefs se jalousent, doivent être réunies sous un seul commandement, alors aucune opération ne pourra être entravée ni contrecarrée.

(A. N. F-7/4436. Courtois, LXX, p. 241- 242.)

GGIII Hoche à Robespierre (Dunkerque, 23 septembre 1793)

Il rappelle qu'il a éclairé quelques personnes sur la trahison de Dumouriez, et que ses amis de la Convention lui ont fait obtenir du ministre de la guerre le grade d'adjudant général.

(Extrait cité ixir E. Hamel. Histoire de Robespierre, III, 164, d'après Vlsographie, faisait partie de la collection Portiez de l'Oise.)

Augustin Robespierre à Tilly, chargé d'affaires de la République à Gênes (>Mce, 26 septembre 1793)

Il annonce que les armées sont partout victorieuses.

« Toulon n'est pas encore soumis aux lois de la Répu]>lique,

il est en pf moni^nt bnnibaj'<lé ot les làehes y sont fort

inquiets. »

(("aialoinic < 'liaiM\ av. ii(iv.-d(V. 1S94.)

ocv

Cusset à Robespierre (Tliiouvillc. L'7 septembi'c 1793)

Il lui demande de lire sa ilettre sur le butin, il a besoin de ôîes eonseils flans une affaire très délicate.

(Hihl. de Nanl*>s. — rolk'ctioii Husiist- Matlfeux, n" Hi7.)

GCVI

Payan (1) à Robespierre (27 septembre 1793,

Il lui envoie la minute d'un article qu'il compte insérer le lendemain ; il prie Robespierre de lui- dire son avis, de lui faire accorder une loge à la Convention pour son « pr-eneur cic notes » et de Tautoriser à puiser, dans la correspondance du comité ce qu'il peut y avoir d'intéressant.

(Cité par Fréron qui en certifie l'authenticité. Orateur du Peuple, n" XVI du 23 vendémiaire an III, tome VII Ms.

GGVII

Daubigny, adjoint à Bouchotte, à Robespierre (30 septembre 1793)

Il demande à Robespierre de faire lire à la Convention une

lettre du ministre de la guerre et les pièces qui y sont

jointes.

(Papiers inédits, I, 356.)

GGVIII

Dormier à Robespierre (Paris, 30 septembre 1793)

Il envoie copie de sa lettre adressée à Humbert, chef de légion, qui avait dit à Robespierre que ses opinions politiques étaient douteuses ; il lui expose sa vie, ses opinions depuis le début de la Révolution, se,s sacrifices pécuniaires. Il le somme de se rétracter ou de lui dire franchement ses griefs pour qu'il puisse le désabuser.

(Bibl. de Nantes. ■ — Collection Dugast- Matifeux, n° 235.)

GGIX Jullien à Robespierre (Saint-Malô, 1" octobre 1793)

Il est heureux que le Comité de Sallut Public ait décrété les mesures qu'il avait proposées. Il prêche aux sociétés populaires le ralliement à la Convention, l'établissement de

(1) Agent national de la commune de Paris; partisan de Robespierre avec lequel 11 fut guillotiné (1766-1794).

sociétés patriotiques dans toutes les eo.mmunes. 11 s'attache à montrer au peufVle que 'la Révolution est faite pour lui, qu'il est temps que les pauvres et les sans-culottes dominent puisqu'ils sont la majorité, le bien du plus grand nombre doit être le but du contrat social. Il associe les sociétés populaires à la responsabilité commune des représentants et des républicains. Partout à Cherbourg, Goutances, Valognes, Dol,^ Granville, il voit le patriotisme s'électriser. le peuple s'élever 0. sa dignité, les hommes suspects arrêtés et les mesures révoiutionnaires autorisées par la Cionvention s'exécuter. Les sociétés populaires se 'multiplient, les corps constitués ont été épurés. Il a fait exclure de la société de Granville des riches.

(JuUien : Registre de mes opérations et (le ma correspondance, p. 19-23. — Cité l>îir Loc-kroy avec une importante I.hcune au début. — A. IV. Ancien F-18/411. — Courtois, CVII (e), 343-347.)

OCX Âigoin à Robespierre (Toulouse, 2 octobre 1793)

Au cours d'une tournée de propagande comme président des Jacobins de Montipelliei", il recommande à Robespierre les citoyens Bellecour et Barousse membres du conseil général de Hte-Garonne et de la société des Jacobins de Toulouse, porteurs d'un arrêté obligeant tout possesseur d'espèces métalliques à les échanger contre des assignats.

(.\. N. F-7/4Ô77. Annales Ncvol., 1020, ]k ÎÎ3 et suiv.)

GGXI

L'adjudant-général Sandoz à Robespierre i]/à (Ihalaigneraie. 2 oclobrt' 1793)

.MTeclé à la division de Fonlenay-le-(jomte, i'! a constaté qu'on s'occupait peu de marcher sur les rebelles et que les ressorts de la machine étaient entièrement rouilles par la niésinb'^lligence qui règne mire les généraux divisionnaires, ,oe (\\\\ peut eompromelire la chose publiiine, si le Comité de Sahil Public ne s'en occupe pas.

(A. N. K-7/443C.. Courtois. LNXII, 244.^

GGXII

Cusset à Robespierre (Tliionville, 7 octobre 1793)

Il se plaint de tout voir renvoyé au Comité de Salut Public et <( rien ressortir ».

(Hibliotli. (le Nantes. — Collection Dugast- Matifeux, n" im.)

ncxiii

Salmon à Robespierre (18' jour du 1"^ mois de Tan II;

Protestataire cuntre lu journée du 31 mai, il déclare qu'il a été séduit et égaré par des conspirateurs; il demande la l'jvée des scellés apposés sur l^s papiers des détenus, et son jugement atin que l'innocence soit remise en libei'té.

(Biblioth. de Nantes. — Collection Dugast- Matlfeux, n" 240.)

(T.XW

Le Comité de Salut public aux Représentants à l'Armée du Nord (20' Jour du !"■ mois de l'an II, 11 octobre 1793)

Parère. Hérault de Séclielles, Robespierre.

(Archives du Nord, L, 1418. — Aularrt, o. f., VIT, 363.)

GGXV

Augustin Robespierre et Ricord aux Représentants du peuple à Grenoble i^Ni»'*', H octobre an II;

Ils se plaignent île ne rien recevoir de ce qui leur est annoncé par le ministre de la guerre. Ils mandent que les Anglais (Uit violé le droit d(\s gens en ordonnant à la frégate la Moih'str de se rendre à Toulon et en mitraiWant les marins qui s'y refusaient.

(Catalogue de.^ autographes de la collection Charavay, IIP Partie, p. 227, pièce 799. — Cité par H. Fleisclnnami. o. c.^ p. 334 et suiv.)

GGXVI

Ph. Simond à Robespierre (Ghambéry, 12 octobre 1793)

H désapprouve les aiiesures politiques et militaires adoptées par Dubois-Crancé devant Lyon ; il le considère « co.mme rhomme le plus stupide ou le plus coupable qui ait paru avec qualité dans cette alïaire et je le signe... mon champ et ma conscience jusqu'ici avaient fait toute mon ambition tîl mon trésor, je me réjouissais dy mêler le sentiment de votre estime et je me flatte de ne jamais la perdre quand vous ne me jugerez pas sans m'entendre et cette justice vous me la devez ».

(Bibliothèque de Nantes. — Collecticm Dugast-Matifeux, n" 299. — Cité ea partie par Hamel, o. c, III, 180.)

CGXVII

Le Comité de Salut public aux Représentants à l'Armée des Alpes devant Lyon (Paris, 12 octobre 1793).

La Convention nationaile, citoyens collègues, voit avec plaisir votre entrée dan,s Lyon ; mais sa joie n'a pu être complète quand elle a vu que vous cédiez aux premiers mouvements d'une sensibilité trop peu politique. Vous avez paru vous abandonner à un peuple qui flatte ses vainqueurs, et La manière dont vous parlez d'une si grande quantité de traîtres, oe leur évasion, que l'on croirait avoir été militairement protégée, de la punition d'un trop petit nombre et du départ de presque tflus, a dû alarmer les patriotes, qui sont indignés de voir tant de scélérats s'échapper par une trouée et se porter sur la Lozère et principalement sur Toulon. Nous ne vous félicitons donc point sur vos succès, avant que vous ayez 1 empli tout ce que vous devez à la patrie. Les républiques sont exigeantes ; il n'est de reconnaissance nationale que pour ceux qui la méritent tout entière. Nous vous envoyons le décret que la Convention a rendu ce matin sur le rapport du Comité. Elle a proportionné la vigueur de ses mesures à

VOS premiers récits. Elle ne restera jamais au-dessous de ce qu'attendent d'elle ia République et la liberté.

HÉRAULT, Robespierre.

P. S. — Défiez-vous surtout de ia politique perfide des muscadins et des fédéralistes hypocrites, qui arborent l'étendard de la République, lorsqu'elle est prête à les punir, et qui continuent de conspirer contre elle, lorsque le danger e,st passé. Ce fut celle des Bordelais, des Marseillais, de tous les contre-révolutionnaires du Midi. Voilà le plus dangereux écueil de notre liberté. Le premier devoir des représentants du peuple est de le découvrir et de l'éviter. Il faut déma3quer les traîtres et les frapper sans pitié. Ces principes, adoptés par la Convention nationaJe, peuvent seuls sauver la patrie. Ils sont aussi les vôtres ; suivez-les ; n'écoutez que votre propre énergie, et faites exécuter avec une sévérité inexorable les décrets salutaires que nous vous adressons.

(Mbiistère de la Guerre ; Armée du Siège de LjY)n. — De la main de Robespierre. — Aulard : Recueil des Actes du Comité de Salut Public, VII, 377-378.)

GGXVIII

Le Comité de Salut public à Levasseur (de la Sarthe)

représentant dans l'Oise

(Paris, 22" jour du 1" mois de Tan II, 13 octobre 1793)

Citoyen collègue,

La Convention nationale nous a renvoyé la lettre que vous lui aviez écrite relativement à votre mission dans le département de ll'Oise(l). La contradiction des rapports qui lui ont été faits avec le vôtre et la nature de cette affaire exigent que nous conférions avec vous sur les moyens de la terminer à l'avantage de la liberté et de la tranquilité publique, avant de faire aucune démarche ultérieure. Vous n'êtes

(1) Levasseur avait écrit le 12 octobre au Comité que les troubles dans ce département étaient l'ouvrage de quelques aristocrates. « La paix ne sera point troublée dans le département de l'Oise ». Le rapport à la Convention sur les mouvements sectlonnaires n'était pas exact ; « je mettrai sous ses yeux la vérité tout entière ». (Arch. nat A F II, 150. — Aulard, o. c, VII, 380-381).

]1>4 l-.dHUESPONDANCE DK HoUKSPIKRIiE

point éloigné de nous ; nous vous prions de vous ininvSporter ici le plus tôt possible pour i*cmplir cet objet. Salut, amitié et fraternité.

Saint-Jist, Robespierre.

(Aj-c1i. Nat., A. F-II, .^8. — De la main de Ilobe.spierre. — Aulard, o. c, VIT,

GCXIX

Le Comité de Salut public à Ysabeau, représentant à l'Armée des Pyrénées occidentales, et à Tallien, chargé de la levée en masse dans la Gironde et la Dordogne, à la Réola l'aiis. 22' jour du l"- mois <!(} l'an II. 13 octobre 1793).

Le Comité, par la main de Biri.aud-Varcnne. adressait le décret rdatif à la reddition de l^yon. Le Comité trouvait qu'Ys-abeau et Tallien apportaient beaucoup trop de retards dans leurs mesures contre Bordeaux. « Le moment est venu d'agir, au lieu de délibérer éternellement, avec des forces à votre disposition et un général digne de votre confiance... que votre première opération soit un désarmement général et l'épurement complet de toutes les autorités constituées, »

COLLOT d'HkHHOIS. Bn.LAUD-VARENNE,

Robespierre ajouta de sa main en post-scriplum : « Faites punir sévèremen't et promptement les traîtres et les royalistes surtout les chefs et les principaux agents des intrigues girondines et contre-révolutionnaires ; défiez-vous des marques de patriotisme dont ils se couvrent, à Texemple des traîtres de ia Convention, leurs guides et leurs modèles. Ce n'est qu'en purgeant le repaire de la contre-révcxlution et de rhypocrisie que vous pourrez épargner à la République les nouveaux détsastr*"^ dont die e'^t toujours menacée dans le Midi. »

(Arcli. Nat.. A. F-II, 58. — A nia ni. o. c. VIT. :?î»7.)

Le Comité de Salut public à J.-B. Lacoste, représentant à l'Armée du Rhin (l*aris, 22' jour du I" mois de lan II. 13 oclolire 179.3\

Cher collègue Nous vou'^ envoyons copie d'une iléiionciatioii ini[)()rtanle, .1 autant pUis vraisemblable qu'elle parait se lier à un projet

COlUlESPOiNDANCE DE llOBEiSPIERUE 1%

formé par des oiinemis de la République, de dissoudre la représentai ion nationale et de perdre la liberté, à la manière de tous les lâches hyipocrites qui ont jusqu'ici conspiré contre elle, c'est-à-dire en empruntant son langage et en outrant quelquefois ses principes. Vous êtes plus à portée que nous de véi'iiier les faits. Saisissez les coupables, envoyez-fles à Paris ; cette mesure est nécessaire pour sauver Strasbourg, que les conspirateurs veulent livrer aux ennemis de la France et de la liberté.

Robespierre, Saint-Just.

(Aivli. Niit. A. F-II, -244. — De la main «le Itol>esiiieriv. — Aulanl, o. c, VII, 398.)

Le Comité de Salut public à Simond et Dumaz, représentants à l'Armée des Alpes, dans le Mont-Blanc (Paris. 22' jour du !"■ m«jis (le l'an II, l'A oclobrc ITIKV).

Citoyens collègues,

La Convention nationale a destitué Keliermann depuis quelque temps ; le décret lui a été notitié, et il a continué de commander. Celte désobéissance à l'autorité nationale, dans une république, ne peut être couverte par aucun succès. La voix publique accuse Kellermann depuis plusieurs années ; la Convention pense comme le peuple. Nous avons cru qu'i'l était indiS'pensable de le faire mettre en état d'arrestation. Peut-être avez- vous de Kellermann une opinion trop favorable ; nous vous prions de la sacrifier à l'harmonie du gouvernement et à la volonté générale ; le sa4ut public l'exige. Au reste, nous aimons à rendre justice à votre patriotisme ; unis par les mêmes principes et par les mêmes sentiments, nous (levons nous accorder aisément sur les moyens de sauver la pati'ie.

Salut, attachement et fraternité.

Robespierre, Billaud-Varenne, B. Barère.

(Aix'li. Niit. A. F-Il, 202. — De la main (le l{r>l>espierre. — Aulanl, ihitL. VII,

GGXXII

Le Comité de Salut public à Laplanche, représentant chargé de la levée en masse dans le Loir-et-Cher (Paris, 23' jour du 1" mois de l'an II, 14 octobre 1793).

Gollot d'Herbois, Robespierre, Barère

(A. N. A. F-II, 58. — Aulard, o. c, VII, 410.)

CGXXIII Aug. Robespierre à Ricord (Nice, 23 vendémiaire, an II)

Il annonce une victoire remportée par Dugommier.

(Catalogue de la collection Sardou, n° 131, p. 138.)

GGXXIV

Les Représentants à l'Armée d'Italie au Comité de Salut publid

(Nice, 10 octobre 1793)

Ricord et Robespierre jeune.

(A. D. XVIII, a, 60. Aulard, o. c, VII, 461-462.)

GGXXV

Pressavin à Robespierre (26 vendémiaire an II)

Il proteste contre la dénonciation de Robespierre aux Jacobins d'avoir excité les troubles à Lyon, « de celui qui fut toujours 'la boussole des patriotes c'est le plus grand des désagréments ». Il demande une audience pour être entendu

(liibliotli. de Nantes. — Collection Dugast- \t)tUC..iiv, II" 273.)

r.OMHKSl'oNOANGE DE ROBESPIERRE 197

GGXXVI

Delalande, membre de la Commission administrative de la Manche

à Robespierre

(Coulances, 7' jour de la 3' décade du 1" mois de l'an II)

Il fait savoir que Perrucliel entretienl la correspondance la plus active dans le pays, il a aidé à monter le fédéralisme dans le Calvados ; il demande l'arrestation de «la femme La Chapelle, sa maîtresse, nièce de l'évêque de Bayeux.

(Papiers inédiU, I, 15^162).

Les Représentants à l'Armée d'Italie au Comité de Salut public

(li) oclohro I793j

Robespierre jeune, Gasparin. Saliceti.

{Moniteur. Séance du 28 octobre 1793.

Aulard, o. c, VIT, 511.)

CCXXVIIT Guiter à Robespierre (I.a Force, sans date^

Un des 73 Girondins sauvés de l'échafaud par Robespierre lui exprime sa reconnaissance. Détenu à la Force, il a recours à lui parce qu'il a reconnu qu'il n'a «jamais cetssé d'être juste ». Il raconte son passé en faveur de la Révolution : « Ce sont les journaux corrompus (pii, vers la fin de la session de l'Assemblée législative, t'ont pi'ésenté aux yeux de toute la France comme un ambitieux qui vouloit s'élever sur le>s débris do la liberté, qui ne vouloit pas de constitution. Plein de ces funestes préventions, j'arrivai à Paris. L'intrigue qui m'avoit déjà rempli de préventions m'attendoit aux portes de cette cité. Simple et confiant, j'en ai été la victime; autant je t'avois estimé, autant je t'ai haï: autant je t'avois cru un ami du peuple, autant je t'ai cru son ennemi... enfin j'ai ouvert les yeux... "

(Bibliotlif'que de Nantes. — Collection Duf:a.st-:Matifeux, n" 262. — Extrait dtt' ));ir E. Hiiniel, o. r., TT. SnO.t

198 CORRESPONDANCE DE UOBESPIERUE

GCXXIX

Garilhe à Robespierre vLa Force, l'*^ brumaire au II)

« La loyauté, la justice et rénergie que vous avez développées le 3 octobre en faveur des signataires de la déclaration du 0 juin m'ont prouvé que de même que vous savez, sans autre passion que celle du bien public, employer vos talents à démasquer les traîtres, de même vous savez élever votre voix avec courage en faveur de l'innocence trompée. » Il a été victime d'une erreur involontaire ; il constitue Robespierre son défenseur.

(Bibliothèque de Nantes. — Collection Duira^t-IMiitifeux, n" 267. — Extrait cité ))ai- K. Haniel, o. c. ITI, ir»8.)

GCXXX

Ph. Simond à Robespierre (Lyon, 1" iMuniaire an II)

Il annonce son retour à Paris dans la quinzaine.

(Hililiotlièque de Nantes. — Collectiou l)UL^ast-:\latireux. n" 271.)

GCXXXl

Jullien à Robespierre Vannes. 22 oclolire I79;V>

La Vendée est détruite, les rebelles dispersés. 11 n'y a plus que quelques prêtres dans les campagnes.

(("ourtois, LXXm (a), p. 244-245.)

GCXXXII

Gardien à Robespierre (28 octol)i'e 171)3^

(iardieii, déiuilé d'hidre-fl-Loirc. (jui devail péi'ir quelques jours plus tard, le :'.! (icl(ii)re 170:5. avec les Girondins, fait appel h R(il»i's|»iei're en sa fav«Mn'; il lui fait pn(.^ser le texte des pièces (pii di'vaieiit jwslill(M' sa conduite devant le Tribunal

COnUESPOxNDANCE DE IIOBESPIERUE VJ'J

révolutionnaire; il le pi"i(3 d'en prendre connaissance et lui affirme qu'après la lecture de ces pièces, il sera convaincu de son innocence. Il lui demande d'être son défenseur officieux : « Je compte autant sur ces actes de justice, d'humanité et de complaisance de votre part que je vous prie de compter, dans tous les cas possibles, sur la haute estime avec laquelle je serai toute ma vie l'admirateur de votre courage, de vos iilorieiix travaux... »

(Cutalugue Cliaravay, février 1924, n" 98.653. — Annales hist. de la Révolution française, novembre-décembre 1924, p. 568). •

CGXXXIII

Un des représentants à l'Armée d'Italie au Comité de Salut public

(Mfe, 2' jOLif (lu 2" niitis df Tau II, 23 oi'tobrt' 17W3,

G'e,st avec inliniiment de satisfaction que nous avons reçu votre arrêté qui nous assure une correspondance suivie avec le centre du gouvernement. Depuis que nous sommes à l'armée d'Italie, nous n'avons reçu qu'un seul avis de ia réception d'une de nos dépêches ; cette négligence ne diminuait pa,s notre zèle, mais elle pouvait êti'e funeste à la République, parce que Tautorité immense et nécessaire dont les représentants du peuple près des armées sont revêtus paraissait augmentée par l'isolement où on 'les laissait et devenait par le •fait une partie détachée du tout. Ce danger vient de cesser par votre sage arrêté, et désormais la machine politique aura un mouvement régulier sur tous les points de la République. Nous n'avons point reçu la nouveille officielle de la reddition de Lyon ; il n'y a qu«^ deux jours que nous sommes assurés qu'elle e.s>t vaincue. Cependant la résistance beaucoup trop longue de cet infâme repaire rendait la position de l'armée d'Italie fort alarmante. Les Piémontais redoublaient d'efforts pour faire une trouée dans le département du Var ; notre inquiétude était extrême ; l'armée des esclaves était infiniment supéi'ieui'e en nombre, et ils s'étaient portés en force sur l'aide gauche de l'armée du 'Var. Le courage des républicains a suppléé au nombre, et 500 défenseurs de la Repu-

bliqiie ont mis en fuite 4.000 hommes, fait plus de 600 prisonniers, dont plusieurs officiers et un prince napolitain, pris le canon des ennemis. Un poste de 100 braves a soutenu un choc de douze heures contre 1.000 hommes. Cette journée a épargné de grands malheurs à la République. Nous avons à regretter 20 ou 30 héros morts dans cette mémorable journée. L'armée d'Italie a bien mérité de la République ; déclarez-le ; c'est une récompense qui lui est due et que vous ne pouvez retarder sans injustice.

Que le ministre de la guerre réserve quelques places pour les hommes qui se sont montrés dans cette brillante affaire et que j'indiquerai.

Le général en chef provisoire combine avec sagesse les opérations de cette armée ; il fait les dispositions les plus utiles et tire le meilleur parti possible du petit no.mbro des combattants qui la composent.

Le général de brigade Dugommier est un vrai républicain, qui sait inspirer l'enthousiasme de la liberté à ceux qu'il conduit à la victoire ; il est aimé de ses subordonijés qu'il aime ; il est actif et courageux : i'I rendra de grands services à la patrie. Les soldats ont montré un courage au-dessus de tout éloge. L'armée d'Italie est féconde en actions héroïques : je vous ferai parvenir les plus saillantes. Depuis cette journée, l'ennemi ne cesse néanmoin,s de nous harceler, parce qu'il connaît lia faiblesse de nos moyens et l'importance d'une victoire, qui couperait nos communications, empêcherait nos approvisionnements et augmenterait les forces des Toulonnais. Ne perdez pas de vue, citoyens collègues, que l'armée" des Piémontais est pour ainsi dire l'armée des rebelles de Toulon, et que ceux qui sont dans cette ville n'en sont qu'un détachement. C'est combattre directement les Toulonnais que de s'opposer au .succès de l'armée piémontaise. II est d'absolue nécessité de renforcer de quelques bataillons l'armée d'Italie, afin qu'elle protège le siège de Toulon ; car, si l'armée d'Italie venait à éprouver un échec, les premiers pas des ennemis scf tourneraient vers Toulon pour tenter d'en faire lever le siège. C'est cette connaissance certaine qui nous a déterminés à envoyer à Lyon pour tâcher d'obtenir un faible renfort en hommes et en armes^ afin de tenir l'armée piémonlaisf raclié»' dans ses montagnes, nous mettre à l'abri de toute

inquiétude de ce côté et réduire avec plus de facilité les barbares de Toulon.

Nous avons été obligés, citoyens collègues, d'autoriser les régisseurs des vivres de cette armée à l'approvisionner audessus du prix du maximum ; nous vous avons instruits de l'urgence de cette mesure et de sa nécessité augmentée depuis les événements de Gênes. Rien ne transpire encore des dispositions de Gênes; le Sénat paraît attendre, pour se conduire» les victoires ou les défaites des ennemis de la France. En attendant que le Sénat veuille réparer son crime, nous faisons arrêter tous les bâtiments génois, que nous gardons en otages. C'est à vous à proposer la mesure ultérieure. Celle que nous avons prise est nécessitée par les vexations que les Français éprouvent à Gênes.

Les Français obligés de quitter Naples pour rester fidèles à la République ont débarqué il y a trois jours à Menton, Nous leur avons procuré les secours qu'i'ls nous ont demandés ; plusieurs ont trouvé de l'emploi dans les diverses administrations.

Nous apprenons que vous nous appelez à l'armée révolutionnaire (1) ; il nous semble qu'en restant à l'armée d'Italie nous servons efficacement l'armée révolutionnaire par ies rapports journaliers des deux armées; isi vous en jugez autrement, dites-le, et nous irons rejoindre nos deux collègues Gasparin et Saliceti à l'armée sous Toulon.

ROBESPIERRR JeINE.

(Ministère de la fïnerre ; ArnuVs dos AIj)es et d'Itnlie. — A. .\ulanl, o. c, VII, r.OS-»XK\)

GCXXXIV

Grégorie et Levingston à Robespierre

Cl" jour (lu 1*' mois de l'an II' ilo la République)

Ils lui adressent copie de la soumission qu'ils ont présentée au Comité de Salut public pour la fourniture de farines et pour laquelle ils n'ont pas reçu de réponse.

(Courtois, XXXV, 170-171.);

(1) L'année devant Toulon.

(2) .T. Grég^orie et Levingstone, négociant américains, proposaient de fournir à la Rôpiiblique française, 100.000 barils de farine.

CGXXXV

Jullien à Robespierre

Lorienl. 25 oelobre 1793 (4' jour du 2*' mois de Tan J

La Bretag"ne est oncroiilée d'aristocralie. Jullien demande renvoi par Bouchot te de bulletins et bons journaux aux soldats; les campagnes sont infectées de prêtres; le fanatisme y règne et le fédéralisme ou plutôt le royalisme dans les villes. Il propose au Co.mité :

1° D'enjoindre aux administrations renouvelées des départements d'Ilie-et-Vilaine, Finistère, Morbihan, Loire-Inférieure de faire traduire en bas-breton et circuler danw les campagnes les lois nouvelles, les bulletins et écrits républicains;

2° D'inviter les socîétés populaires de détacher un membre possédant l'idiome des campagnes pour y former l'esprit public. et déveilopper au peuple les bienfaits de la révolution;

3" De faire établir dans les chefs-lieux de canton des maîtres de langue française, afin que la génération naissante ne soit point séparée des autres citoyens de la République par une différence de langage qui entraînerait une dilTérence d'opinions et de sentiments. La langue doit être une comme la République.

(Jullien : Registre, p. 56-57. — Cette-lettre ne figure pas dans Lockroy : Une mission en Vendce.)

Page 1