CCCLXX.W
Buissart à Robespierre (Arras, 6 floréal an II)
Il lui reproche son silence. Voilà plus de quatre mois qu'il ne cesse de l'avertir de ce qui se passe à Arras.
(Archives du Pas-de-Calais, 161. — Collection Barbier.)
CCCLW.WI Duquesnoy à Robespierre (Mortefontaine, 10 floréal an II)
Citoyen collègue, dans quel pays suis-je fourré ? La majeure partie des autorités conistituées n'est composée que de modérés. Les sociétés populaires ne sont qu'un assemblage des administrations militaires et d'officiers de place. Le peuple est fanatisé; l'ariistocratie la plus puante règne chez les riches; l'aristocratie mercantile est chez le commerçant qui ne met point en usage la loi du maximum; et toutes ces monstruosités ne proviennent que des demi-mesures prises
(1) Cette lettre est restée inconnue à M. Jean Reynaud, qui a publié en 1S55 la Conesponilance de Merlin de Thionville.
par la plupart deis commissaires envoyés dans les départements.
J'ai pris déjà et mis en usage des moyens qui auront, un bon etïet, mais qui m'ont attiré les calomnies de la malveillance; je 'm'en moque, et j'irai toujours mon train, je ne connais que ma patrie et ses intérêts.
Nous allons commencer par faire danser la Carmagnole aux Autrichiems et Prussiens, et nous verrons ensuite.
Cette frontière est remplie d'espions, il en a été fusillé trois aujourd'hui; trois autres demain subiront le môme sort.
Les prêtres ont tout corrompu et on avait pris encore. un mauvais arrêté pounles mettre dans les chefs-lieux de diistrict, dont cinq se trouvent sur l'extrême frontière et ayant seulement la ville pour prison, c'était leur fournir les moyens de mieux cabaler et servir d'espions à l'ennemi. Nous venons de prendre un arrêté pour'Jes faire transférer tous à la citadelle de Verdun. J'aurais bien désiré trouver une ville plus patriote que celle-là, pour surveiller une pareille engeance.
Je te souhaite une bonne santé, ménage-toi pour la patrie; elle a besoin d'un défenseur tel que toi. Je t'embrasse ainsi que tous nos amis. Salut et fraternité. Ton collègue et ami.
(Biblioth. (le Nantes. — Collection Diigast-Matifeux, n° 1(>8).
CCCl.X.WVIi
Les Représentants à l'Armée d'Italie au Comité de Salut publici
Saoï'gio, 10 tloréal an H,
Robespierre jeune et Saliceti.
(Ministère de la gnerre. • - Ann(Vs des AIi»es et d'Italie. — A, Anlard, o. <:. XI II. 1 Hî-HS.)
(.(;(;i.\\\\lll
Robespierre jeune à son frère (sans dale
Plu> nous avançons en pays ennemi, plus nous som.nnvs c«>nvaincus (pi'un des grands moyens de conti'e-révolution employé par ces hommes perfides dont plusieurs sont tombés sous le glaive do la loi, étoif les outrages et les violences f.iih".^ au ciillf P.-.r'Ioiil noii^ avon^ été prérédé^ de In tert'eili*.
Les émigrés avoient persuadé que nous égorgions, violions et mangions les enfans, que nous détruisions la religion.
Cette dernière calomnie produisit les plus tristes effets ; une population de 40.000 âmes de la vallée d'Oneille avoit pris la fuite, on n'y rencontroit ni femmes, ni enfans, ni vieillards. Une si énorme émigration nous auroit opposé de grands obstacles si nous n'étions parvenus .à les dissuader par l'accueil fait aux misérables habitans des campagnes en proie à la plus affreuse ignorance. Les défenseurs de la patrie se sont parfaitement conduits ; ils n'ont touché à aucune image dans un pays où k' pinceau de la superstition a couvert toutes leis murailles.
{Journal de la Montag^ne, 12 floréal an II. — OorresfKHidance de la Convention nationale. — Comniuiiiqnée par M. A.
Mathiez.)
(.CCLWXIX
Lavigne 1 à Robespierre (13 floréal an II
Il annonce que les citoyens Payan (de la Drôme)... se rendront au Comité de Salut public à dix heures du isoir, au sujet de «rétablissement d'un tribunal révMliitionn.iii'e h Avignon ou dans quelques lieux voisins ».
(A. N. : F-7/443.-5. — Courtois, CIX (g),
Baudin à Robespierre Lt lloréal an II
Ayant été un des commissaires envoyés après le 10 août, à l'armée du Nord, et dont l'assemblée avait approuvé les mesures prises à l'égard des administrations du département des Ardennes, il demande à être entendu par Robespierre pour exposer les faits, car on réveille le souvenir de torts graves amnistiés par l'.Vssemblée.
(Bibl. de Nantes. — Collet-t. Dupast-Mctifpux, II" 174.)
(1) Envoyé par Maignet, représentant (tu peuple en mission en Vaucluse.
Robespierre à Lebas et à Saint- Just (15 lloréal an II)
Mes amis, le comité a pris toutes les mesures qui dépendaient de lui dans ce moment pour seconder votre zèle. Il me charge de vous écrire pour vous expliquer les motifs de quelques-unes de ses dispositions. Il a cru que la cause principale du dernier échec était la pénurie des généraux habiles, il vous adressera des militaires patriotes et instruits qu'il pourra découvrir. Il a cru devoir remploier dans ce moment Stetenhofen qu'il vous envoie, parce qu'il a du mérite militaire, et que les objections faites contre lui paraissent au ipoins balancées par des preuves de fidélité. Il se repose du reste sur votre sagesse et sur votre énergie. Salut et amitié.
Paris le 15 tloréal l'an 2 de la République.
Robespierre.
B. N. — Collection Berthevin, p. 47. — Ileproduite en fac-similé dans : Chal- LAMEL : Histoire-musée de la RépuMique française, t. I, p. 264.)
CCGXCll Castaing, député de l'Orne, à Robespierre (1(5 lloréal an II)
En fin»Mir (!••< nfrici.'rs de la garnison de Mortagne.
(Bibl. ù^ Nantes. — Collection Dugasl- Matifeux, n" 43.)
cr.cxGiii
Borel à Robespierre (lH lloi-i'ul an II)
11 expose ses idées sur le calendrier révolutionnaire. Il critique !•• Inij) giand nombre de fêtes, surtout à la fin do l'année.
GOKRESPONDANGE DE ROBESPIERRE 283
Deydier, Gauthier, Merlino, députés de l'Ain, à Robespierre (19 lloréal an II j
Ils demandent à Robespiei'i-e de faii'e cesser le mal causé par les hébertistes dans TAiii.
(Bi1)li()tli. de Nantes. — Collection Dugast- .Mjitifeux, n° 247. — Cité par E. Haniel, o. c, Iir, 510-511.)
Payan, agent national de la commune de Paris, à Robespierre
(Paris, 19 lloréal an II)
11 lui lait passer des notes que l'envoyé de Maignet, Lavigne, a faites relativement au tribunal que le Comité de salut public se propose d'établir à Orange (1). « Couthon n'attend que votre avis pour faire un rapport sur cet objet qui est très presisant. »
Il revient .sui- la tragédie de Timoléon de Chénier qu'il faut interdire, « elle peut devenir très dangereuse dans ces circonstances ».
Il a entendu hier le rapport de Robespierre sur les fêtes nationales avec attendrissement, « les idées en sont grandes, neuves et sublimes, l'ironie est maniée avec une noblesse, une finesse qui servii'ont de modèle à nos orateurs, il va rallier à la même doctrine les patriotcis des départemens incertains et divisés, il ne crée point une religion et des prêtre», mais prouve que les législateurs ne veulent point ravir au peuple le'dogme coii-ohnit de rexistvnce de Dieu et de Tiinmortalité de l'âme... - Payan.
(Courtois, rapport CXIX (h.), 376).