‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 27 sur 51 · P. 148 : 1. CXXXV · texte numérisé non relu

P. 148 : 1. CXXXV

Augustin Robespierre et Daillet à la Société des Amis de la Constitution de Paris

Messieurs,

Dans ces circonstances critiques entourés d'ennemis perfides qui exagèrent nos dangers et nos revers et d'hoimmes ardens qui grossirent nos avantages, nos concitoyens jouets des unis et des autres peuvent se livrer aveuglément à de

(1) Le présent document vient d'être vendu 300 francs par M. Noël Charavay (catalogue de juin 1926).

vaines terreurs et à des espérances chimériques, votre correspondance avec Iles corps administratifs du Département du Nord et de tous les Départements qui sont le théâtre de la g"icrre peut seule les garantir des pièges de la crédulité, des tourmens de l'incertitude et les soutenir contre le désespoir des mauvais succès.

Nous espémns. Messieurs, que vous ne refuserez point de nous coimmuniquer les nouvelles de nos armées pour les transmettre au peuple qui isoupire après le bienfait de la publicité de vos séances.

Nous avons ll'honneur d'être très fraternellement,

Messieurs, Les Amis de la Constitution.

A. B. j. Robespierre, Daillet.

A Arras, le 26 Mai 1792, l'an S" de la liberté.

(Archives du Pas-de-Calais — Communiquée par M. Louis Jacob).

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Augustin Robespierre à la Société populaire d'Arras

(Paris 22 avril 93 Tan 2 Rép.)

Républicains,

Vous venez de me donner une preuve non" équivoque de votre estime, en m'instruisant de votre active surveillance ; je ne négligerai rien pour accélérer les progrès de vos opérations révolutionnaires. Je m'engage par devoir et par reconnaissance à vous écrire au moinis une fois la semaine. Je suis convaincu que votre correspondance pourra servir la chose publique, et que les traîtres à la patrie ayant une cottimunicalion rapide entre eux, il est nécessaire que les bons citoyens ne soient point isolés et qu'ils présentent une masse .de lumières et de forces capables d'intimider et d'anéantir les ennemis de- la république. La patrie en danger relève le courage d«'s hommes libres, l'aveugle rage des Royalistes ♦•f d<'^ fîiruili(|ui's s'éteindra bienlôt, et nos efforts communs

purgeront la terre de la liberté de tous ceux qui n'ont point assez de vertus pour l'habiter.

J'ignore en ce moment queSs sont les pouvoirs du patriote Brune, je désirerai qu'ils fussent assez étendus pour qu'il puisse opérer tout" le bien qu'il désire. C'est un excellent républicain qui a rendu des services dans la révolution, et qui, je crois, est toujours dans les mêmes dispositions. Je m'informerai de ila latitude et de la nature de ses pouvoirs et je vous en instruirai sur le champ.

Paris est toujours calme et fier, malgré les moyens emploies pour exciter des mouvemens désordonnés dans cette immortelle cité. Les parisiens éclairés sur les intrigues qui nous environnent dénoncent les traîtres ; et comme ces conspirateurs sont puissans i'is emploient tous leurs moyens pour détourner les yeux de dessus leurs <"rimes et leurs conspirations, pour n'occuper la Nation que de prétendues conjurations des jacobins, de la commune de Parie, etc., mais les jacobinis et la commune de Paris sont tles amis de la république, c'est flà leur crime aux yeux des Royalistes. La société des jacobins est incorruptible par ea Nature. Elle délibère en présence de quatre mille personnes, elle ne peut donc trahir les intérêts du peupile, puisque sa seule puissance est dans l'opinion du peuple. Lisez ce que j'ai dit à la tribune de la Convention samedi dernier, isi le Moniteur (1) l'a rendu exactement et vous aurez une idée des ennemis que nous avons à combattre.

Robespierre Jeune.

(Archives du Pas-de-Calais — Communiquée par M. Louis Jacob).

(1) Voir dans le Moniteur du 23 avril 1793 (n" 113, séance du samedi 20 avril, rélmp. p. 199), la vigoureuse réplique de Robespierre Jeune à la dénonciation du girondin Mazuyer qui accusait la Commune de Paris d'avoir mis sous sa. protection Marat, décrété d'accusation par l'assemblée.

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