I. On voit que c'est une femme qui parle
M*AMiE et moy peu de fois en longtemps Sommes tumbez en querelle et divorce.
Où chascun a faict preuve de sa force Et tous deux sont demeurés bien contents. Toute la gloire en amour que j'attends, C'est, quand elle est cause de mon mal aise ; Eust-elle tort, si tost que je l'entends^ Je me le donne, et fault que je l'appaise '.
1. C'est l'éternelle comédie du Dépit amoureux. A peine est-on en querelle, qu'on s'efforce de se raccommoder, surtout le pauvre amant, qui se donne tous les torts pour rentrer plus vite en jouissance de sa mie.
RIEN je ne sens fors un nouveau désir (^n'i ne m'est pas encore assez cogncu. Mon œil vous vcult pour maistresse choisir Et est du cœur en cela soustenu.
Si de par vous il estoit retenu, Il feroit bien à aimer son office ; Ne prenez doncq à mal, si suis venu Pour vous offrir en honneur.mon service.
EN dois-je plus ou craindre ou estimer La seure amour ou la prospérité De mon amy ? l'une en captivité Ma desjà mis; l'autre ne puis blasmer.
Penser ne veuil qu'en sa félicité Peust oublier la coustume de veoir ; Puisqu'il cognoist mon asseuré devoir Ne se changer pour nulle adversité *.
I. Je crois que le huitain est écrit au nom d'une dame et s'adresse à un homme, bien que Fauteur semble, au quatrième vers (m'a desjà mis), avoir oublié qu'il devoit parler au féminin. p. b.