XLV
AU despartir elle m'a refusé Ce dont jamais autre n'a esconduit.
Ne suis-je pas doncques bien abusé D'estre à jamais n'aimer autre réduit ? Non ; car Amour, qui nul labeur sans fruict Ne donne à gens de bonne patience, Tant plus m'aura de ses biens interdit Plus à la fin j'auray de recompense ^
I. Le dizain : // ne peut choir en mon entendement (t. II, p. 117), écrit sur le même sujet, est meilleur que celui-ci. e. p.-b.
UN grand ennuy souffert en amitié, Quand il est plainct de la personne aimée, 11 s'adoucit quasi plus de moitié' ; Et pour plaisir est la peine estimée.
Oui tant de fois fut maudicte et blasmée. Cecy je dy, non pas pour entreprendre Que le tien cœur se vienne à pitié rendre ; Si sçay-je bien qu'en me plaignant ainsy Comme je doy, l'acier je fcrois fendre ; Mais quoy ? ton cœur est par trop endurcy !
I. Corneille, dans Polyeucte, acte I", se. m: A raconter ses maux, souvent on les soulage.
SI VOUS avez, Amour, si grand' puissance Que tout franc cœur à vous serf vous rendez, Ne soient vos yeux par cela desbandez.
Je ne résiste à votre csjoyssance ' ; Tant suis content porter obéissance A ceste-hi de qui la grand' valeur Chasse de moy tout ennuy et douleur.
Et sa vertu estonne mon pouvoir ; Mais mon amour contente mon vouloir.
Qui ne veut mieux que servir sa grandeur '.