‹ Œuvres complètesChapitre 25 sur 106 · XCVII · texte numérisé non relu

XCVII

ON naturel me contrainct de l'aimer Et ses vertus m'invitent à le f^ire ;

Mais elle veut à tant d'autres complaire, Que ne scay qui sienne la peut nommer.

Puisqu'en amour souvent les plus loyaulx Sont moins aimez et plus ont de travaulx, Je suis d'avis (combien que femmes dicnt Qu'à blasmer sont les hommes qui varient) Que trop mieulx vaut varier pour estre aise Qu'estant loyal n'en avoir riens qui plaise.

D'en avoir tant, et d'un seul estre prise ' Qui de sa grâce ' est en autre lieu pris, Voyez un peu quelle est mon entreprise, Dont j'ay la peine et les aultres le prix. Mocquez-vous-en ! jà n'en serez repris, Vous qui sentez combien amour se prise, Et apprenez, mieux que je n'ay appris; Car je me voy, sans rien prendre, surprise.

1. On voit que c'est une dame qui parle. Le seul agrément qu'il y ait dans ce huitain consiste dans le jeu des rimes. p. b.

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