STANCES
LE bien est mal quand il n'est point durable^ Et mieux vaudroit n'avoir point commence, Qu'avoir Amour par soy mesme offensé, Par le meffaict d'un vouloir variable.
Le bien est mal quand il n'est point durable ; Car il n'est point telle infélicité Que d'un grand bien se voir précipité : Estre attendant est estre plus louable '.
Le bien est mal quand il n'est point durable. Et quand un mal a longuement duré, Après l'avoir sagement enduré.
Le bien en est et plus ferme et plus stable.
Tant, tant est trop et trop n'est pas durable; Un petit moins seroit un plus grand bien ""; Car bien souvent trop s'achève par rien : Si bien est bien, quand il n'est variable.
1. Lowa^/e est pris dans le sens d'enviable, digne d'envie. E. p.-b.
2. Ce vers étoit ainsi dans le Ms. : Un petit moins seroit plus amiable. Je l'ai restitué de façon qu'il rime avec le vers suivant. p. b.
VENT zephirin, qui recueils les odeurs Des fleurs estant semées dans la plaine. Puis les respans sur mes aspres ardeurs, Soufflant tousjours de ta très-doulce halaine, Pour refreschir le feu de ma grand peine,
Grâce te rends et non point de mercy A celle-là qui pitié ne soucy * N'eut de me veoir en son amour plongé. Plus désormais je ne veux vivre ainsy ; Voilà pourquoy je prens d'elle congé.
I. Df.ns le Ms.Jemot mercy est répété à la rime. I! falloit évidemment y substituer soucy. p. b.
QUAND j'eu mon feu descouvert à ma Dame Et attendu, de demain à demain.
Bien longuement, response de ma flamme *, A la parfin son vouloir inhumain Me présenta sa froide et blanche main.
Ha ! dès alors j'entends bien la façon : Sans me respondre, elle dict bien à plain ' Que je suis feu et qu'elle est le glaçon.
1. Réponse au sujet de ma flamme. Tournure toute grecque et latine. e. p.-n.