‹ Œuvres complètesChapitre 42 sur 106 · CLXIII · texte numérisé non relu

CLXIII

CEST Archerot, ainsy qu'on me saignoit, Trempoit son dard en mon sang espandu, Et murmurant ses paroles faignoit, Tant que j'en ay seulement entendu :

— (c Amy, ton sang te sera cher vendu ! y> Je scay que c'est. Tous ceux qu'il frappera Se rendront là où je me suis rendu :

Je l'aimois seul; un chascun l'aimera *.

I. Cette pièce est jolie , mais combien elle perd à être rapprochée de la charmante épigramme de Cl. Marot sur Hélène de Tournon : Au mois de viay que Ion saignoit la belle!.., e. p.-b.

LE pauvre Cerf, qui sent que l'on luy donne Un coupdctraict,pour mieux au vraysçavoir Dont vient ce mal qui si trcs-fort l'cstonne, Se tourne et va un arc apercevoir, Qui de sa corne est faict, comme peut veoir. La larme à l'œil rcspond pensif et morne : — a D'autre que moy ne doy-je mal-vouloir; Produit me suis moy mcsmc cestc corne ! »

QUE je te plains, 6 celuy qui t'avance A recevoir l'enchantement des yeux, Qui font mourir et n'osent taire mieux !

J'en suis jà mort ; mais je fais conscience Quand d'autre amy comparaison fera ' ; Car, vienne Amour lui mesme en sa présence, Près de mon feu, le sien se gèlera.

I. Emm. Phelippes-Beaulieux pense que cette petite pièce est rendue inintelligible par l'omission d'un vers; je croirois plutôt que MeJin, assez obscur d'ailleurs dans ses expressions, a employé les mots : je fais conscience, etc., dans le sens de : j'estime encans^ cience, je me flatte que quand elle me comparera à un autre ami, fût-ce à l'Amour même, elle reconnoîtra que son feu n'est que glace auprès du mien.

LESsaulvez* ont le veoir pour leur contentement, Et j'ay pour paradis le seul bien de la veue ; Leur esperit sans corps est dehors de tourm.ent. Du mien suis séparé par la beaulté cognue. J'aurois trop mieux qu'ils n'ont par la grâce receuc, Si n'estoit que leur bien par temps ne mue en rien ; Mais le mien inconstant souvent se change et mue.

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