‹ Œuvres complètesChapitre 43 sur 106 · RONDEAU · texte numérisé non relu

RONDEAU

SI vous m'aimez, vous faictes le debvoir; Car tout bien faict requiert salaire avoir, Et d'amour vray la vraye recompense Est d'estre aimé. Nemechaultdoncqu'onpense':

Pour mon amour amour veux recevoir.

Le parentaige est moyen de vous veoir', L'honnesteté nous promet de pouvoir Perpétuer nostre heureuse accointance^ Si vous m'aimez.

Dieu et nature ont voulu, pour tout voir A rnesme fin nos deux cœurs esmouvoir, Dieu ' en donnant l'esprit et cognoissance De pure amour, nature l'alliance :

Vous suivrez donc de ces deax le vouloir, Si vous m'aimez.

1. C'est-à-dire : ii ne me chault de ce qu'on pense. Cette ellipse étoit continuelle au xvie siècle, même en prose. Ainsi Amyot, à la fin du premier livre de son Longus, dit que Daphnis n'avoit jamais encore expérimenté que c'est que du brigandage d'amour.

2. Ce vers démontre que ce rondeau s'adresse aune parente du po5te, e. p.-b.

3. Au Ms. : D'ire^ ce qui est évidemment une faute grossière. p. b.

MON plaisir est de sçavoir demander Avec honneur' gratieux traictcment.

En sa puissance est de me commander Et de se faire obéir vistcment.

C'est un grand heur d'avoir commandement; Mais en amour il faut que l'on entende

DE MELIN DE S A î NCT-G E L A YS . 89

Oue ce n'est point petit contentement De faire tant que sa dame commande.

I. Avec honneur répond exactement à notre locution : En tout bien tout honneur. e. p.-b.

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