‹ Œuvres complètesChapitre 6 sur 106 · I. Piteux œil, regard compatissant. e. p.-b · texte numérisé non relu

I. Piteux œil, regard compatissant. e. p.-b

JE plains mon mal, mon temps et ma fortune Et beaucoup plus la plume malheureuse.

ï8 ŒUVRES POÉTIQUES

Qui pour vouloir du tout complaire à une Et estre trop de son nom curieuse^ Me nourrissoit en pensée amoureuse.

Doncq veuil cesser d'extoUer son haut bruit ; Car toute branche estant trop fructueuse Plus tost se rompt et soy mesmes destruict.

HELEiNE à qui de beaulté ressemblez, Si oncques Dame au monde lui sembla, Voyant les Grecs et Troyens assemblés L'un contre l'autre et Paris qui l'embla, De grand'pitié et de frayeur trembla '. Mais vous, Loyse, en qui j'ai le cœur mis, Prenez plaisir au débat des amis Et plus chargez celui qui plus est vostre. Si vous supply ne les rendre ennemis Et, gardant l'un^ ne vouloir perdre Tautrc.

I. Voyez dans l'Iliade [l, III, v. i6o) l'épisode d'Hélène contemplant du haut des remparts de Troie le combat dont elle doit être le prix. e. p.-b.

IL n'est esprit, parole ou escriture Qui sceut au bout de vos honneurs atteindre, Et moy, tant sotte et vile créature, Ne suis assez suffisant pour le maindre *. Et quand je veuil vostre bcaultd dépeindre,

Mille beaultés se viennent présenter

Qui font la main et la plume arrester.

Ainsy ne puis au subject satisfaire

Où l'on ne peut rien mettre ny oster :

Donc pour mieux dire il vaut trop mieux se taire.

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