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ET DE LEURS EFFETS

Le dieval, comme tous les êtres organisés» est doué d'un poids et d'une force qui lui sont propres. Le poids, inhérent à la matière constitutive de Panimal, rend sa masse inerte et tend à la fixer au sol. La force, au contraire, par la faculté qu elle lui donne de mobiliser ce poidSi de le diviser, de le transférer de l'une à l'autre de ses parties, communique le mouvement à tout son être, en détermine l'équilibre, la vitesse, la direction.

Pour rendre cette vérité palpable, supposons un cheval au repos. Son corps sera dans un parfait équilibre, si chacun de ses membres supporte exactement la part du poids qui lui est dévolue dans cette position. S'il veut se porter en avant au pas, il devra préalablement transférer, sur les jambes qui resteront fixées au sol, le poids qui pèse sur celle qu'il en détachera la première. Il en sera de même pour les autres allures, la translation

9'opéraDt au trot^. d'aune diagonale à Tautre ; au galop, deFavant à rarrière-main, et réciproquement, il ne faut donc Jamais confondre les manières d'être du poids et de la force. Le poids n'est que passif, la force déterminante et active. C'est en reportant le poids sur telles du telles extrémités que la force les mobilise ou les fixe. La lenteur ou la vitesse des translations détermine les difiTérentes allures, qui sont elles-mêmes justes ou fausses, égaies ou inégales, suivant que ces translations s'exécutent avec justesse ou irrégularité.

On comprend que cette puissance motrice se subdi* vise à l'infini, puisqu'elle est répartie sur tous les muscles de l'animal. Quand ce dernier en détermine luimôme . l'emploi , les forces sont inètimtives ; je les appelles transmms (1) lorsqu'elles émanent du cavalier. Dans le premier cas, l'homme, dominé par son cheval, reste le jouet de ses caprices; dans le second, au contraire, il en fait un instrument docile> soumis à toutes les impulsions de sa volonté. Le cheVal, dès qu'il est monlé, ne doit donc plus agir que par des forces frans-

(1) PlOBieim pumpblétaifes trôs-érudiO et fn'ofands unatomistei ont beaucoup discuté 8ur cette expression : farces transmises^ n'ayant, disaient-ils agréablement, rieo trouré de aemblablo dans les cheraux qu*ils aTsient écordiés à Técole d'Alfori. On reconnaîtra sans doute avec moi que cette bouffonnerie est fort concluante.

Pour parier sérieusement. Je déclare qu'en employant l'expression transmises, Je ne prétends pas créer des forces €Di principe, mais, seulement en fait. Je parviens à diriger et à utiliser des forces qui , par suite de contractions et de résistances, demeuraiflnt complètement inertes, et qm aeralant eonséquemment comme ai elles n'étaient pas. N'est-ce point \h une espèce de transmission ? Au surplus, J'ai adopté ce mot, tant épilognét, pftrce qall m'a paru propre à rendre mon idée plus claireoieot que tout autre, et parce que je m'adreauis à des écuyers, non à des puristes académiqueB.

mises. L'application constante de ce principe constitue le vrai talent de récuyer.

Mais un tel résultat ne peut s'obtenir instantanément. Le jeune cheval, habitué à régler lui-même, dans sa liberté, remploi de ses ressorts, se soumettra d'abord avec peine à Finfluence étrangère qui viendra en disposer sans partage. Une lutte s'engagera nécessairement entre le cheval et le cavalier; celui-ci sera vaincu s'il ne possède l'énergie, la persévérance et surtout les connaissances nécessaires pour arriver à ses fins. Les forces de l'animal étant l'élément sur lequel Féouyer doit agir principalement, pour les dompter d'abord et les diriger ensuite, c'est sur elles avant tout qu'il lui importe de fixer son attention. Il étudiera ce qu'elles sont, d'où elles émanent, les parties où elles se contractent le plus pour la résistance, les causes physiques qui peuvent occasionner ces contractions. Dès qu'il saura à quoi s'en tenir sur ce point, il n'emploiera envers son élève que des procédés en rapport avec la nature de ce dernier, et les progrès seront alors rapides.

Malheureusement, on chercherait en vain dans les auteurs anciens et modernes qui ont écrit sur l'équitation, je ne dirai pas des principes rationnels, mais même des données quelconques sur ce qui se rattache aux forces du cheval. Tous ont bien parlé de résistances^ d'oppositions, de légèreté y d'équilibre y mais aucun n'a su nous dire ce qui cause ces résistances, comment on peut les combattre, les détruire, et obtenir cette légè-

reté, cet équilibre, qu'ils nous recommandent si instamment. Cest cette grave lacune qui a jeté sur les principes de réquitation tant de doutes et d'obscurité ; c'est elle qui a rendu cet art stationnaire pendant si long^ temps; c'est cette grave lacune >enfin, que je crois être parvenu à combler.

Et, d'abord, je pose en principe que toutes les résis* tances des jeunes chevaux proviennent, en premier lieu, d'une cause physique, et que cette cause ne devient morale que par la maladresse, Tignoranee ou la brutalité du cavalier. En effet, outre la roideur naturelle, commune à tous ces animaux, chacun d'eux a une conformation particulière dont le plus ou le moins de perfection constitue le degré d'harmonie existant entre les forces et le poids. Le défaut de cette harmonie occasionne rimperfection des allures, la difficulté des mouvements, en un mot, tous les obstacles à une bonne éducation. À l'état libre, quelle que soit la mauvaise structure da cheval, l'instinct seul lui suffira pour disposer ses forces de manière à maintenir son équilibre; mais il est des mouvements qui lui sont impossibles, jusqu'à ce (pi'an travail préparatoire l'ait mis à même de suppléer anx défectuosités de son organisation par un emploi mieux combiné de sa puissance motrice (1). Un cheval

(1) J'engage beauconp les amatean désireux de saivre mes préceptes dans tout ce qp'fls ont de naturel et de méthodique, à bien prendre garde d*y mêler des noyens pratiques qui y sont étrangers et contraires. Dans le nombre de ces gro- ^c*qae8 ioTentions se trouve placé le Jockey anglais ou l'honome de bois, auquel d<) invQs aoteon ont attribué des propriétés que la saine équitation réprouve ; en effet ^ It Imcs permanente du bridon dans la boucho du clieval est une gône et non pas un

ne 86 met en mouvement qu'à la suite d'une position donnée ; s'il est des forces qui s'opposent à cette position, il faut donc les annuler d'abord pour les remplacer par celles qui pourront, seules, la déterminer.

Or, je le demande, si, avant d'avoir surmonté ces premiers obstacles, le cavalier vient y ajouter le poids de son propre corps et ses exigences ineptes, l'animai n'éprouvera-t-il pas une difficulté plus grande encore pour exécuter certains mouvements ? les efforts qu'on fera pour l'y astreindre, étant contraires à sa nature, ne devront-ils pas se briser contre cet obstacle insurmontable? Il résistera naturellement, et avec d'autant plus d'avantage, que la mauvaise répartition de ses forces suffira à elle seule pour détruire l'action du cavalier. La résistance émane donc ici d'une cause physique : cette cause devient morale dès l'instant où, la lutte se continuant avec les mêmes procédés, le cheval conmience à combiner lui-même les moyens de se soustraire au supplice qu'on lui impose, lorsqu'on veut ainsi forcer- des ressorts qu'on n'a pas assouplis d'avance.

Quand les choses en sont là, elles ne peuvent qa'em-

ayis; elle lui apprend à revenir sur lui-même en s* acculant, pour en éviter la sujétion. Â Taide de cette force brutale, il oonmaltra de bonne heure onameat il pedt éviter les eflfets do main du cavalier.

C'est à cheval, et par de justes et progressives oppositions de main et de jambes, qne Ton obtiendra des résultats prompts et infaillibles, résultats qui seront tous en faveur du mécanisme et do Tintelligcncc du cavalier. Si le cheval présentait quelques difficultés dangereuses, un second cavalier, à Taide du caveçon, produirait une action suffisante sur le moral du cheval, pour donner te temps à celui qui le monte d*ag^r physiquement, afin de disposer la masse dans le sens du mouvement qu*on yent exiger. Mais, on le voit, il faut une intelligence pour parler intelligiblement au cfaeral, et non pas une machine fonctionnant sans moteur.

pîrer. Le cavalier, dégoûté bientôt de l'impuissance de «es efforts, rejettera sur le cheval la responsabilité de sa propre ignorance ; il flétrira du nom de rosse un animal qui possédait peut-être de brillantes ressources, et dont, avec plus de discernement et d'aptitude, il aurait pa faire une monture aussi docile dans son caractère, qae gracieuse et agréable dans ses allures. J'ai remar« que souvent que les chevaux réputés indomptables sont ceux qui développent le plus d'énergie et de vigueur, dès qu'on a su remédier aux inconvénients physiques qui empêchaient leur essor. Quant à ceux que, malgré leur mauvaise conformation, on finit par soumettre avec un pareil système à un semblant d'obéissance, il faut en rendre grâce à la mollesse seule de leur nature ; s'ils veulent bien s'astreindre à quelques exercices des plus simples, c'est à condition qu'on n'exigera i>as davantage, car ils retrouveraient bien vite leur énergie pour résister à des prétentions plus élevées. Le cavalier pourra donc les faire marcher aux différâtes allures; mais quel décousu, quelle roideur, quel disgracieux dans leurs mouvements, et quel ridicule de semblables coursiers ne jettent-ils pas sur le malheureux qu'ils ballotent et entraînent ainsi à leur gré, Meo plus qu'ils ne se laissent diriger par lui ! Cet ^t de choses est tout naturel, puisqu'on n'a pas détroit les causes premières qui Fengendrent : la matir tom répartition des forces et du poids et la roideur qu'elle mtraine à sa suite.

Mai8, ya-t-on m*objecter, puisque vous reconnaissez que ces difficultés tiennent à la confonnation du cheyal, comment estril possible d*y remédier ? Vous n'avez probablement pas la prétention de changer la structure de l'animal et de réformer FoenYre de la nature? Non, sans doute; mais, tout en convenant qu'il est impossible de donner plus d'ampleur à une poitrine étroite, d'allonger une encolure trop courte, d'abaisser une croupe élevée, de raccourcir et d'étoffer des reins longs, faibles et étroits, je n'en soutiens pas moins que si je détruis les contractions diverses occasionnées par ces vices physiques, si j'assouplis les muscles, si je me rends maître des forces au point d'en disposer à volonté, il me sera facile de prévenir ces résistances, de donner plus de ressort aux parties faibles, de modérer celles qui sont trop vigoureuses, et de suppléer ainsi aux mauvais effets d'une nature imparfaite, en établissant, dans l'organisation du cheval, un juste équilibre des forces et du poids.

De pareils résultats, je ne crains pas de le dire^ fu« rent et demeurent interdits à jamais aux anciennes méthodes. Mais si la science de ceux qui professent d'après les vieux errements vient toujours se briser contre le grand nombre des chevaux défectueux, on trouve malheureusement quelques chevaux qui, par la perfection de leur organisation et la facilité d'éducation qui en résulte, contribuent puissamment à perpétuer les routines impuissantes, si funestes aux progrès

— Sade réquitâtion. Un cheval bien constitué est celui dont toutes les parties, régulièrement harmonisées, amènent réqoilibre parfait de Tensemble. Il serait aussi difficile à un pareil sujet de sortir de cet équilibre naturel» pour prendre une fausse position et se défendre, qu'il est pénible, d'abord, au cheval mal constitué, de rentrer dans cette juste répartition des forces et du poids sans laquelle on ne peut espérer aucune régularité de mouvements. C'est donc dans Féducation de ces derniers animaux, seulement, que consistent les véritables difficultés de réquitâtion. Chez les autres, le dressage doit être, pour ainsi dire, instantané, puisque, tous les ressorts étant à leur place, il ne reste plus qu'à les faire mouvoir ; ce résultat s'obtient toujours avec ma méthode. Les anciens principes^ cependant, exigent deux et trois ans pour y parvenir; et lorsqu'à force de tâtonnements et d'incertitudes, récuyer doué de quelqu'intelligence et de quelque pratique finit par habituer le cheval à obéir aux impresâons qui lui sont communiquées, il croit avoir surmonté de grandes difficultés, et attribue à son savoir-faire un état naturel que de bons principes auraient procuré en quelques jours. Puis, comme Tanimal continue à déployer dans tous ses mouvements la grâce et la légèreté naturelles à sa belle conformation, le cavalier ne se fait nul scrupule de s'en approprier le mérite, se montrant alors aussi présomptueux qu'il était injuste, lorsqu'il voulait rendre le cheval mal constitué responsable de Finefficadté de ses efforts.

Si nous admettons une fois ces vérités :

Que l'éducation du cheval consiste dans la domination complète de ses forces;

Qu'on ne peut disposer des forces qu'en annulant toutes les résistances ;

Et que les résistances ont leur source dans les cou* tractions occasionnées par les vices physiques ;

11 ne s'agira plus que de rechercher les parties où s'opèrent ces contractions» afin d'essayer de les combattre et de les faire disparaître en provoquant un équilibre convenable des forces et du poids.

De longues et consciencieuses observations m'ont démontré que, quel que soit le vice de conformation qui s'oppose dans le cheval à la juste répartition des forces, c'est toujours sur l'encolure que s'en fait ressentir Tef-* fet le plus immédiat. Pas de faux mouvements, pas de résistance qui ne soient précédés par la contraction de cette partie de l'animal ; et comme la mâchoire est intimement liée à l'encolure, la roideur de l'une se commu* nique instantanément à l'autre. Ces deux points sont l'arc-boutant sur lequel s'appuie le cheval pour annuler tous les efforts du cavalier. On conçoit facilement l'obstacle immense qu'ils doivent présenter aux impulsions de ce dernier, puisque l'encolure et la tête étant les deux leviers principaux par lesquels on détermine et dirige l'animal, il est impossible de rien obtenir de lui tant qu'on ne sera pas entièrement maître de ces pre* miers et indispensables moyens d'action. A l'arrière*

main» les parties où les forces se contractent le plus pour les résistances sont les reins et la croupe (les hanches).

Les contractions de ces deux extrémités opposées sont mutuellement les unes pour les autres causes et effets, c'est-à-dire que la roideur de Tencolure amène celle des hanches, et réciproquement. On peut donc les combattre l'une par Tautre ; et dès qu'on aura réussi à les annuler, dès qu'on aura rétabli l'équilibre et l'harmonie qu'elles empêchaient entre Pavant et l'arrièremain, l'éducation du cheval sera à moitié faite. Je vais indiquer par quels moyens on y parviendra infaillible* ment

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