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PREMIER EXERCICE A PIED

MOYEN DE FAIRE VENIR LE CHEVAL A l'HOMME, DE LE RENDRE

SAGE AU MONTOIRy ETC., ETC.

Avant de commencer les exercices de flexions, il est essentiel de donner au cheval une première leçon d'as* sujétissement et de lui faire connaître toute la puissance de rhomme. Ce premier acte de soumission, qui pourrait paraître sans importance, servira promptement à le rendre calme, confiant, à réprimer tous les mouvements qui détourneraient son attention et feraient obstacle au succès de notre commencement d'éducation.

Quelques leçons d'une demi-heure suffiront pour obtenir l'obéissance préparatoire chez tous les chevaux; le plaisir que Ton éprouvera à se jouer ainsi avec le cheval portera naturellement le cavalier à continuer cet exercice autant qu'il sera nécessaire, et à le rendre aussi instructif pour le cheval qu'utile pour lui-même. Voici comment on s*y prendra : le cavalier s'approchera du

cheyal, sa cravache sous le bras, sans brusquerie ni timidité» il lui parlera sans trop élever la voix, et le flattera de la main sur le chanfrein ou sur Tencolure, puis» avec la main gauche, il saisira les rênes de la bride, à 16 centimètres des branches du mors, en soutenant le poignet avec assez d'énergie pour présenter autant de force que possible dans les instants de résistance du cheval La cravache sera tenue à pleine main de la main droite, la pointe vers la terre, puis elle s'élèvera lentement et horizontalement jusqu'à la hauteur du poitrail pour en frapper délicatement cette partie à une seconde d'iatervalle. Le premier mouvement naturel du cheval sera de fuir en s'éloignant du côté opposé à celui où il ressentira la douleur. C'est par le reculer qu'il cherchera à éviter les atteintes. Le cavalier suivra ce mouvement rétrogade sans discontinuer toutefois la tension énergique des rênes de la bride, ni les petits coups de cravache sur le poitrail ; il les appliquera toujours comme je l'ai prescrit. Le cavalier devra rester maître de ses impressions, afin qu'il n'y ait dans ses mouvements et dans son regard aucun indice de colère ni de faiblesse. Fatigué de ces effets de contrainte, le cheval cherchera bientôt par un autre mouvement à éviter la sujétion, et c'est en se portant en avant qu'il y parviendra; le cavalier saisira ce second mouvement instinctif pour l'arrêter et flatter l'animal du geste et de la voix. La répétition de cet exercice donnera des résultats surprenants même à la prenodère leçon. Le cheval, ayant bien com*

pris le moyen à Taide duquel il peut éviter la douleur, n'attendra pas le contact de la cravache, il le préviendra en s'avançant forcément au moindre geste. Ce travail, d'ailleurs très-récréatif, servira de plus à rendre le cheval sage au montoir, abrégera de beaucoup son éducation, et accélérera le développement de son intelligence. Dans le cas où, par suite de sa nature inquiète ou sauvage, le cheval se livrerait à des mouvements desordonnés, on devrait avoir recours au caveçon, coomie moyen de répression, et l'employer par petites saccades. Quand le cheval se portera franchement en avant à Faction de la cravache, le moment sera venu de faire une légère opposition avec la main de la bride, afin d'(d>tenir un effet de ramier, sans discontinuer l'allure du pas.

On commencera aussi quelques effets de reculai, qu'on alternera avec les mouvements en avant , jusqu'à disparition complète des résistances.

Cet exercice est très-important pour déplacer, par les forces purement instinctives, d'abord, mais que nous régulariserons ensuite, le poids qui se fixerait trop sur l'arrière ou sur Tavant-main.

Faisons une remarque sur laquelle nous reviendrons plus tard.

Le poids du cheval surcharge naturellement la partie antérieure du corps; c'est pour cela, qu'en vertu du principe qui oppose les forces au poids dans l'ordre normal, la nature a donné une si grande puissance aux muscles postérieurs du cheval qui doivent aux diffé-

rentes allures et surtout au galop, non-^ulement s'emparer du poids de ravant-main, mais encore projeter fonte la masse en avant. Dans le reculer, cette distribution du poids induit souvent en erreur le cavalier inexpérimenté» Jl s'imagine que le mouvement rétrograde est produit par le déplacement total du poids par les forces, tandis qu'il n'est dû qu'au reflux des forces impulsives qui, refoulées par une opposition de main, n*ont entraîné avec elles qu'une partie du poids. Aussi, bien quelle cheval recule, Tavant-main se trouve souvent surchargée d'un poids comparativement énorme. D'où il suit que le mouvement est irrégulier, jusqu'à ce que l'écuyer, revenu de son erreur, ait su alléger l'avant-main de manière à équilibrer les forces et le poids. Les moyens d'atteindre à ce but seront donnés ultérieurement. Alors nous appellerons l'attention du lecteur sur Pemploi des aides, que la pratique seule peut rendre judicieux.

Les exercices précédents à l'aide de la cravache, tels que : porter le cheval en avants les commencements de ramener et de reculer, seront suivis, toujours à l'aide de la cravache, soit des pas de coté, soit des pirouettes ordinaires ou renversées*

Pour les pas de côté, la main, en se soutenant, facilite le mouvement des épaules dans le sens indiqué par la cravache. Dans le cas de résistance provenant de la croupe, le cavalier en triompherait par une opposition de la main qui ne reprendrait sa position que lorsque le mouvement serait commencé.

Dans les {MTOoettes renrersées, la main se maintiendra pour forcer la croupe à obéir à la cravache, et la faire tonmer aatoor des jambes de devant qui doivent loi servir de pivot.

Dans les piroaettes «ordinaires, la cravache agira sur la croope, pour la fixer et fournir aux jambes antérieures, mobilisées par la main, le pivot nécessaire à leur mouvement de rotation.

Ces divers exercices, pratiqués pendant quelques jours, . en séances d'une heure, ainsi que les flexions et le travail de la chambrière, diq>oseront le cheval aux mouve* ments qu'il devra exécuter avec son cavalier en selle.

Bien entendu que dans le cours de l'éducation du cheval, il fondra revenir souvent à ces exercices préliminaires afin qu'il ne perde pas le fruit de sesleçoos précédentes.

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