‹ Œuvres complètes ... Méthode d'équitationChapitre 202 sur 209 · TU -N · texte numérisé non relu

TU -N

€ moyens qae j'ai indicpiés pour empêcher un eheval de se dérober^ « il a été colporté, dan« tout Paris et dans toute l'armée^ que j'établisu sois ea prineipe que^ lorsqu'un cheyal avait une barre sensible ou € eiLssée^ il fallait lui briser Fautre. »

Puis M. d'Âure ajoute d'un ton candide :

8 ffç rCai pourtant rien dit que ce que je viens de citer, t Mais il se j^arde bien d'expliquer que ce qu'il vient de citer ^t le paragri^fae revu et corrigé de la nouvelle édition^ paragraphe que j'avais cité, moi, TBtfçmmmft d'après l'édition de 1834*

J« me «lift étendu sur cet incident-de polémique, afin de fournir une aoi|v«lia preuve de la bonne foi de mes adversaires.

Je défie que Ton puisse jamais justifier à mon égard l'accusation de ffftfersE des principes absurdes à ceux qui m'attaquent , car je me suis tonjeufs mibtmd à reproduire les extraits de leurs ouvrages, sans y changer une virgule. Et pourtant si je m'étais permis ces sortes de prêts, je n'anrak lait assurément qu'user du droit du talion, car on ne s'est pas fiai faute d'^employer contre moi de pareils moyens.

Je remarque, du reste, avec plaisir que M. d'Aure ne s'est pas amendé seulement en ce qui concerne la nécessité d'offenser les barres. 4for bemieoup d^autres points, l'ilhistre écuyer a fini par se mettre luirmémeà la remorque de ce qu'il appelle les mauvais principes {c'e&ià-dire les miens), par se rallier à plusieurs principes d'une méthode 4ont il a eherehé à paralyser le succès et l'application par tous les moyens en son pouvoir.

Ainsi^ dans la première édition du Traité d^équitation de M. d'Aure, il n'était nulle part question de flexions ni de ramener. Dans la nouvelle, M. d'Aure commence à badiner avec les rênes, afin d'amener la tèle du dieval à droite et à gauche. & recommande à plusieurs reprisée la mise enmain, mais il n'a garde d'avouer qu'en cela il se convertit à mes préceptes. 11 déclare dans une note que ce n'est pas moi qui ai inventé le système des flexions et des assouplissements : c'est convenu. Seulement, au lieu de l'avoir emprunté, comme M. d'Aure l'avait prélendti précédemment , aux modernes écuyers aîlemands , il se trouve à présent que je n'ai fait, sur ce point , que plagier l'un de nos plus aiâeiene auteurs équestres. J'atirai bientôt sans doute pris les flexions et les assouplissements à un écuyer contemporain de Noé , qui sera censé les avoir exportés de Farche immédiatement après le déluge.

M. d'Aure persiste cependant à penser que l'encolure très-^souplte HUIT à la vitesse de» aHures ; que le cheval devient alors flagellant dans

tes mouvements ^ qu'il perd son brillant^ fion énergie^ etc., etc. Si mi assouplissement judicieiu produit de semblables résultats chez le cheval 9 il faudra donc en conclure^ par une rigoureuse analogie, que le danseur a moins de forces, de grâce et d'agilité dans les jambes , parce qu'il a fallu beaucoup exercer ces parties-là ; il en sera de même du bras dont se sert le maître d'armes , des doigts du pianiste, etc., etc. Ainsi encore, on deviendra incapable, idiot, par suite de Texercice judicieux de son intelligence. Voilà cependant où conduit la logique de M. d'Aure l

La vérité est que, si quelques parties d'un cheval sont exercées isolément, ce sera souvent au détriment des autres ; or, comme nous aTOUS besoin de tout Vensemble du cheval, il faut donc exercer toutes les parties une par une , afin qu'elles se soutiennent toutes avec la mâone facilité : l'encolure la première , ensuite la croupe , puis les rems. C'est ainsi que l'on parviendra à obtenir l'ensemble qui commence par le ramener etsetemÙDc au rassembler.

Voilà ce que j'ai toujours enseigné, bien que M. d'Aure tronque et dénature mes principes sous ce rapport , de même que sous beaucoup d'autres. Heureusement, ces travestissements intéressés ne sauraient avoir les résultats que s'en promettent leurs auteurs. GrAce aux nombreuses éditions et aux traductions en langues étrangères qu'a obtenues ma Nouvelle Méthode, inon système peut aujourd'hui être jugé smr ces, et il est facile ainsi de distinguer le savoir de l'ignorance.

Puisque je suis sur ce chapitre, je crois devoir ajouter quelque marques relativement à la nouvelle édition de l'ouvrage de M. d'Aure. Cet écuyer s'est enseveli dans la poussière des bibliothèques; il a compulsé avec une patience de bénédictin tous les plus vieux auteurs équestres, et pourquoi? pour tâcher de découvrir la preuve que les principes qui constituent la base de ma Nouvelle Méthode ont été connus et pratiqués avant moi. On verra, par les quelques citations suivantes, que tant de laborieux efforts et de pénibles recherches n'ont abouti qu'à des résultats on ne peut plus nuls. M. d'Aure dit (Introduction, page xiv) :

c Je citerai tout à l'heure le texte de Grisou pour expliquer l'action « des jambes du cavalier, lorsqu'il faisait exécuter les tournants et les « voltes ; on verra que le principe de se servir de la jambe gauche c pour faciliter le tournant à droite , et vice versa , n'est pas du tout a nouveau, comme le disent les innovateurs ^ qui ne comprennent pas^ c prétendent-ils, comment on est resté jusqu'à ce jour sans faire con- « naître cette action. Tout homme sachant monter à cheval sait qu'il

c y a deux manières d'exécuter un tournant : la première ^ en faisant € marcher Tarrière-main ; la seconde^ en faisant marcher les épaules. « Quand le cheval est en place ou trèfr-maintenu^ dans la main^ si on « veut le tourner à droite sans que les épaules se déplacent , la jambe « droite du cavalier agit pour redresser les hanches da cheval à gauche^ c ce qui exécute le tournant à droite; quand; au contraire, le cheval « marche et que Ton tourne à droite^ la jambe gauche du cavalier « doit agir pour soutenir la hanche gauche , afin de maintenir l'action « transversale des jambes du cheval ; car, en agissant autrement, il se c désunirait Si Ton pouvait ne pas savoir cela avant Grisou , depuis « nous ne devons pas l'ignorer. »

A en juger par les réflexions de M. d'Aure, il est facile de voir que cet écuyer ne comprend pas le mécanisme qui oblige à se servir d'abord de la jambe droite pour tourner à gauche, et vice versa. Grisou a pu dire qu'il fallait employer la jambe droite afin d'obtenir une volte k gauche ; mais il n'a pas défini son effet pour tourner. J'ajouterai que cette définition ne se trouve dans aucun ouvrage , et la preuve , c'est que M» d'Aure lui-même recommande le moyen opposé (i).

Passons à la page xxn :

€ Le résumé de l'emploi du pilier, d'après Pluvinel, est de pliery^d'as- « souplir l'encolure du cheval et d'assouplir les hanches. >

Ici M. d'Aure veut prouver que Pluvinel avait pratiqué mon travail à pied, et, pour cela, il rapporte le discours que cet écuyer adresse au roi Louis XIII, dans lequel se trouve un passage où Pluvinel dit : «Sa- « chant donc que le plus difficile est de tourner (le cheval), je le mets « autour d'un pilier, afin que , le faisant cheminer quelques jours , il , « nous montre sa gentillesse et tout ce qui peut être en lui, afin de ju- « ger à quoi il sera propre, en laquelle sorte il faut le conduire. »

De bonne foi, quelle analogie existe-t-il entre ce travail, d'abord d'un pilier, puis de deux , pour commencer l'éducation du cheval, et mes flexions avec la manière de les pratiquer surtout? Il y a longtemps que j'ai protesté contre l'usage des piliers : je ne reviendrai pas sur ce sujet; seulement j'engage M. d'Aure à voir pratiquer ma méthode, qu'il juge sans en avoir, à ce qu'il parait, la première notion.

Page XXV. M. d'Aure continue ses citations. Pluvinel explique à son royal élève ce que l'on entend par pincer de V éperon :

(1] Prière à M. d'Âon de décoarrir l'aateor à qui j'ai emprunté les nouveaux effets de Jambes^ qui démentent nonnseulement ce qui a été attribué à Grisou, mais encore ce que J*ai dit moi-même. Pour lui éyiter toute recherche^ Je vais citer mes auteurs : l'expérience et la réflexion.

« jSire , placer «on cl^oval , lor^qu- il maiiie , eil pfiesifir irai dooo»a mi^nt les âeu:^ éperoo», ou l'ua d'iû6ux> eontro son ventre, non et f coup j mais serraat délicateioâat, ou plun foft^ salon le besoin, à lois ^ le9 t^mps, ou lorsque U oéeesùté le requiert, etc., etc. »

Poi^ éviter des di«eiis9ÛNl8 en piue perte, je r^roie le leotevr à Tar- : ticle Atta^ms; il jugera par lui<-méiae ce que j^entends par le toneher d^ réperouy dans quel moment il faut s^en servir^ quelle est son utilifeé p^ rapport à l'équilibre du cheval > etc., etc. Puis je lui demandefai f^xx est la resfiemblancd entre les deux théories , car il ne suffit pas et dire le mot, il faut définir tout ce qu'il comporte ; voilà ce que n'a pas fait Pluvinel y et, sur ce point, M. d'Aure est encore moins explkaite. M. d'Apre pousse même la dis^étion jusqu'à cacher complètement son opinion relativement à ce âuoieux fincer de l'éperon ; est^il pour f eslil contre ? Impossible de le savoir. Si k moyen de Pluvinel est bon, pourquoi ne ;le pratiqud4-il pas et ne l'adopte-tnil pas dans ses propres écrits? S'il, est mauvais, pourquoi n'en lait*tl pas connall» les abus? L'auteur qui. n'a pas d'opinion peut-il discuter la divergence ou les rapports qui e:i^istent entre tel ou tel principe? Qu^ea pense le lecteur?

Plus loin^ M. d'Aure ajoute : « Il en est de même de ce qu'on appelle f aujourd'hui le ras$embUr. Qu^est^ce que roêsembler un cheval , si ce a n'est le pQssédcr dans la main et dans les jambes ? d

Ainsi, tout cavalier qui tiendra son cheval dans la main et dans les jambes le tiendra au rassembler ^ bien que l'animal soit hors la main , qu'il ait> par conséquent, l'encolure contractée I J'ai dé&ii le rassem-' iler tout autrement que ne le fait Pluvinel , IL d'Aure est forcé d'en convenir ; reste à savoir maintenant lequel , de M. d'Aure ou de moi . ni^ compreiid pas le rassembler dans tonte son acception.

Page XSXY. M. d'Aure , passant tous les auteurs en revue , arrive à Nev^caitle et aux moyens qu'emploie cet éenjrer poor pratiquer les Qi^jiws y qui ressemblent bien, ajoute«t4l, di ce qu'on aiveule Assonr n'nui uss vfMSxm^ m uaghoole. Or, écoutons la citation de NeweasUe :

f Après cet fi8sou|dissement sur le caveçon, je voudrais que vous # ppBsies de £answs rênes ^que vous les aiiachassiex, à ma mode, aa a banquet de la bride ; mais donnez la liberté à la gommette , en seite « qu'il a moins d'appr^ension de la bride ; et son appui se fortifie tela lement que, (piaod on travailla de la bride, et par epnséquent de la « gourmette, la bride le rend léger. Ceci est bon autant pour tous ceux « qisi ont trop d'appui que pour ceux qui en ont trop peu, et lui donne « lé pli de la même sorte <jue le caveçon, sinon gue le caveçon le tratt vaille sur le nez , et les fausses rênes soir les barres f ec qui le

€ UhihfmMiMtp comme il doit étre^ et du même eAté des faarree^eoimitB a to bride doit fûre; oe qui Faeeeutume tettemeiit q^m, quand on io « met aYe<i U bride seuleiiQudai et qu'il a l'aide de la gourme^^ iivaà <c merveille* p

Ek Uen 1 ma méttuMle ne preibrit<eUe fias un moyeu dîaméiralement 0Pfmà ? £n '^viié, il est impoisifale d'avoir on adversaire plus eooi*mode que d'Aure, puisqu'il pousse l^obUgeance jusqu'à se ftdre baHm avec ses propres armes.

Pe^e IL» Voici quelque ckoee de plus euiipux eneere ; tout eu es- «aFâutde meeonfondre^M* d'Aurefleeoufoodlm-niéme^Bii^ffet^ après avoir semblé approuver les 'flexîone- bypolliétiques de Pluviuel^ les flexions forcées de Newcastle^ toutes les flexions à pied>' excefiti 16S miennes» il parait maintenant ee ranger à l'^ipimon de Gaspard Seulnier^ qui ne veut pas de flcmleas ém tout. Ahmi , il dte le passage flui» vant emprunté à cet auteur :

« J'û vu des écuyers qui poussaient l^ezbravagaiiee jusqu'à plier ie f( eeu des ebevaui» <demeniène que leur tète venait jusqu'à la botte d» « eavalier; fls croyaient ator» Csùre des m^rveflles et éire Csrt habiles^ e et réeUement ils passaient pour tds dane 1§ publie. »

Voilà bien les écrits et lesdeotrinesde l'aneâenne école. L'un défend ce que l'autre prescrit ; voilà où conduisent les principes sans enchainementj les principes qui n\>nt moommencemesit mOn^ qui ne se définissent pas ! voilà le labyrinthe inextikeble dans lequel la divergenoe des opinians a conduit Tart de Téquitationl En attendent qji?^ M. d'Aupiè veuille bien nous dire qui a tort ou raison ^ dç N^castle ov de Gaspard Saulnier^Tun recommandant une seule espèce de flexions^ l'autre n'en voulant d'aucun genre, je prendrai l'initiative, et je déclarerai qu'ils avaient tort tous les deux. En premier lieu , les flexion^ à l'aide du caveçon attaché à la selle ne sont propres qu'à aéculer le cheval ou à le contraindre péniblement ; 11 est impossible , aveo ce moyen, de suivre les résistances dans toutes leurs manifestations. J'^g^^teiiai 4{a'to procédant ainsi on ne pourrait jamais obtenir que des flexions latérales et non l'assouplissement de l'encolure, non plus que la flexion moelleuse de la mâchoire, qui sont de première nécessité pour l'éducation du cheval. En second lieu, je dis que Gaspard Saulnier professait aussi une équitation hypothétique, puisqu'il ne comprenait pas et niait l'utilité ainsi que la véritable portée des flexions pour la prompte et belle éducation de toute espèce de chevaux. Il est vrai que les flexions indiquées par ses devanciers ou ses contemporains étaient peu propres à le convaincre. Je ne fais aucun doute que, si Gaspard Saulnier existait de

nog jours > il n'adoptât un système de flexions plus étudié et plus en rapport ayec la nature du chevaL Aimant son art^ il se rendrait àTéiidence des faits, ear il y a encore un très-grand mérite à juger sainement et sans prévention ce que Fon n'a pu trouver soi-même.

Page xun. Enfin nous arrivons à la Guérinière ; il est fàcheax que certains grands critiques n'aient pas au moins hérité des moyens de douceur que recommande instamment ce pacifique auteur. Laisarat parler H. d'Aure :

ff Son travail favori^ après avoir arrondi le jeune cheval à la longe , c après Tavoir mis assez en confiance et après avoir assez avancé son c éducation pour lui mettre le mors, est de faire exécuter le travail de « répaule en dedans. »

Ces principes ont encore l'approbation de M. d'Aure, bien qu'Os soient opposés à ceux qu'il avait également approuvés précédemment. Jamais on ne vit un écuyer plus éclectique ; — reste à savoir si Tédec^ tisme, dont l'utilité est contestée en philosophie , convient mieux en équitation. Ce système me parait seulement avoir l'avantage d'offirîruB prétexte commode à l'eflet de se dispenser d'exposer un corps de doctrine en propre et des opinions personnelles, surtout quand on a d'auleurs d'excellentes raisons pour s'en abstenir.

M. d'Aure vient encore de publier un nouveau livre qui a pour titre : Cours d^ équitation (propre à la cavalerie). Malgré plusieurs petits larcins qu'il a faits à la Nouvelle Méthode (T équitation (mais qu'est-ce qu'un grain de blé dans un champ d'ivraie î) , les principes qu'il contient sont de la même farine que ceux que je viens de faire coimaltre au lecteur ; je n'en dirai pas davantage, par respect pour le comité de cavalerie qui a sanctionné ce précieux Court {Céquitation.

Page 1