DC PAS
L'allure du pas est la mère de toutes les allures ; c est par elle qu on obtiendra la cadence, la régularité, Fextension des autres ; mais le cavalier, pour arriver à ces brillants résultats, devra déployer autant de savoir que de tact. Les exercices précédents ont conduit le cheval à supporter des effets d'ensemble qui eussent été impossibles avant lanéantissement de ses résistances instinctives ; nous n'avons plus à agir aujourd'hui que sur les résistances inertes qui tiennent au poids de Fanimal et sur les forces qui ne se meuvent qu'à l'aide d^une impulsion communiquée.
Avant de porter le cheval en avant, on devra s'assurer d'abord s'il est léger, c'est-à-dire si sa tête est perpendiculaire au sol, son encolure souple, sa croupe droite et d'aplomb. On approchera ensuite graduellement les jambes pour donner au cheval l'impulsion nécessaire au mouvement j mais on ne devra pas, suivant
les préceptes longtemps suivis, rendre entièrement la main de Ja bride, car alors le cheval, libre de tout frein, perdrait de sa légèreté, se contracterait et rendrait impuissants les effets du mors. Le cavalier se souviendra toujours que la main doit être pour le cheval une barrière infranchissable chaque fois que celui-ci voudra sortir de la position du ramener. L'animal ne ressaiera jamais sans douleur, et ce n*est qu'en dedans de cette limite qu'il trouvera aisance et bien-être (1). L'applicatioD bien entendue de ma méthode amène ainsi le cavalier à conduire constanmient son cheval avec les rênes demi-tendues, excepté lorsqu'il veut rectifier un faux mouvement ou en déterminer un nouveau.
Le pas, ai-je dit, doit précéder les autres allures, parce que, le cheval ayant trois points d'appui sur le sol, son action est moins considérable que pour le trot
(1) J*ai habité Berlin pendant quelques mois ; j'ai yu mettre en pratique Téquitation allemande dans toute son étendue. Je n'ai pas la prétention de m'ériger en critique; je dirai seulement que les principes professés en Prusse sont diamétralement opposés aux miens : ainsi, plusieurs officiers, qui jouissent dans leur pays d'une certaine réputation de cayaliers, me disaient : Nous voulons que nos chevanx sdent en arant de la main ; et moi, leur repondais-je, je veux qu'ils soient derrière la main et en avant des Jambes, de façon à ce que le point de centre du cheval se trouve placé entre ces deux moyens d'aides ; c'est à cette condition seulement que l'animal sera BOUS l'entière domination du cavalier; ses mouvements deviendront gracieux et régufiers, il passera facilement d'une allure accélérée à une allure lente, tout en conser- TSQt son équilibre; car, leur disais-je, tout cheval qui est en avant de la main est denière les jambes, alors il vous échappe par tous les bouts, ce qui entraîne l'absence complète de grâce et de régularité dans les mouvements ; de plus, si sa conformation est vicieuse, comment y remédierez-vous 7 En procédant à votre manière vous n'obtiendrez jamais de résultats. Toutes les théories mises en pratique jusqu'à moi insistent à donner, avec plus ou moins de peines, une direction aux forces instinctives du cheval, mais non à les équilibrer convenablement avec le poids. Ces résultats ne peavent être obtenus sans l'application de mes principes; c'est fâcheux pour les opposants, mai* toute l'équitation est là.
OU la galop, et plvs facile {wr conséqui^nt à régler. Pw ^ peu, le cavalier compliquera «on travail de maj^ière a joindre à la légèreté du cheval la justesse et la cadence indispensables à la régularité de Tallure,
11 commencera alors de légères oppositions de mains et de jîuottbes pour mettre en rapport les forces de lavant et de rarrière-main. Cet exerpce, en habituant le cheval à livrer toujours l'emploi de ses forces à la direction du cavalier, sera augsi utile pour former son intelligence que pour développer ses ressorts. Que de jouissances l'écuyer, s'il est habile, n'éprouvera-t-il pas dans l'application progressive de son artl Son élève, rebelle d'abord, se pliera insensiblement à toutes ses volontés, s'imprégnera de son caractère, et Gnira par en devenir la personnification vivante. Prenez donc garde, cavalier! Si votre clieval est capricieux, violent, fantasque, nous serons en droit de dire que vous ne brillez pas vous-même par l'aménité du caractère et la justesse de vos procédés.
Pour que la cadence et la vitesse du pas se maintieonent égales et régulières, il est indispensable que les forces impulsives et modératrices, émanant du cavalier, «oient elles-mêmes parfaitement harmoniées. Je suppose, par exemple, que le cavalier, pour porter son cheval en avant au pas et le maintenir léger à cette allure, doit dépenser une force égale h vingt kilogrammes, dont quinze pour l'impulsion et cinq pour le ramener. Si les jambes dépassent leur eflfet sans que les
mains augmentent le leur dans les mêmes proportions, il est évident que le surcroît de force communiquée pourra se rejeter sur T^pcolare, là contracter, et dès lors plus de légèreté. Si, au contraire, c'est la main qui agit avec la même violence, ce ne pourra être qu'aux dépens de la force d'impulsion nécessaire à la marche ; celle-ci, par cela même, se trouvera contrariée, ralentie en même temps que la position du cheval perdra de son gracieux et de son énergie.
Cette courte exphcation suffira pour faire comprendre l'accord qui doit toujours exister entre les jambes et les mains. Il est bien entendu que leur effet devra varier suivant que la construction du cheval obligera de le soutenir plus ou moins à Favant ou à Tarrière-main ; mais la règle restera la même avec des proportions différentes.
Tant que le cheval ne se maintiendra pas souple et léger dans sa marche, on continuera à l'exercer sur la ligne droite ; mais, dès qull aura acquis plus d'aisance et d'aplomb, on commencera à lui faire exécuter des obangements de direction à droite ou à gauche en marchant.
I lin 1 1 II I I "j
ÏYffl