‹ Œuvres complètes ... Méthode d'équitationChapitre 9 sur 209 · DES GENOUX · texte numérisé non relu

DES GENOUX

La force de pression des genoux se jugera, et môme s'obtiendra à Taide du moyen que je vais indiquer. Ce moyen, qui de prime-abord semblera peut-être futile» amènera cependant de très-grauds résultats. L'instructeur prendra un morceau de cuir de Tépaisseur de cinq millimètres et long de cinquante centimètres ; il placera Tune des extrémités de ce cuir entre le genou et le quartier de la selle. L'élève fera usage de la force de ses genoux pour ne pas le laisser glisser, tandis que Finstructeur le tirera lentement et progressivement de son coté. Ce procédé servira de dynamomètre pour juger des progrès de la force. Quelques paroles encouragéantes placées à propos stimuleront Tamour-'propre de chaque élève.

On veillera avec le plus grand soin à ce que chaque force qui agit séparément n'en mette pas d'autres en jeu, c'est-à-dire que le mouvement des bras n'nofflue jamais sur les épaules; il devra en être de même pour ks cuisses^ par rapport au tronc ; pour les jambes, par rapport aux cuisses, etc., etc. Le déplacement et Tassouplissement de chaque partie isolée une fois obtenus, on dépkcera momentanément le buste et l'assiette, afin d'apprendre au cavalier à se remettre en selle de lui-

même. Voici comment on s*y prendra : L'instructeur, placé sur le. côté, poussera l'élève par la hanche, de manière à ce que son assiette se trouve portée en dehors du siège de la selle. Avant d'opérer un nouveau déplacement, l'instructeur laissera l'élève se remettre en selle, en ayant soin de veiller à ce que, pour reprendre son assiette, il ne fasse usage que des hanches et des genoux, afin de ne se servir que des parties les plus rapprochées de l'assiette. En effet, le secours des épaules influerait bientôt sur la main, et celle-ci sur le cheval; le secours des jambes pourrait avoir de plus graves inconvénients encore. En un mot, dans tous les déplacements, on enseignera à l'élève à ne pas avoir recours, pour diriger, aux forces qui maintiennent à cheval ; à ne pas employer, pour s'y maintenir, celles qui dirigent.

Ce point de l'éducation étant atteint, un mois ne se sera pas écoulé depuis le jour où aura été hissé en selle un lourd conscrit normand ou bas-breton, et déjà, à l'aide d'une gymnastique équestre justement combinée et employée à propos, on aura développé les organisalions physiques les plus contraires à l'arme à laquelle elles étaient destinées.

L'élève ayant franchi les épreuves préliminaires, attendra avec impatience les premiers mouvements du cheval pour s'y livrer avec l'aisance d'un cavalier déjà expérimenté.

Quinze jours (trente leçons) seront consacrés au pas, au trot et même au galop. Ici l'élève doit uniquement

chercher à suivre les mouvements du cheval ; en conséquence, rinstructeur Tobligera à ne s'occuper que de sa position et non des moyens de direction à donner au cheval. On exigera seulement que le cavalier marche d'abord droit devant lui, puis en tous sens, une rêne de bridon dans chaque main. Au bout de quatre jours (huit leçons), on pourra lui faire prendre la bride dans la main gauche. On s'attachera à ce que la main droite, qui se trouve libre» reste à côté de la gauche, afin que le cavalier prenne de bonne heure l'habitude d'être placé carrément (les épaules sur la même ligne) ; le cheval trottera également à droite et à gauche. Lorsque l'assiette sera bien consolidée à toutes les allures, l'instructeur expliquera d'une manière simple les rapports qui existent entre les poignets et les jambes, ainsi que leurs effets séparés (1).

Page 1