‹ Œuvres complètesChapitre 11 sur 323 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

SIRO, seul.

Si tous les docteurs étaient bâtis cimme celui-ci , que ferions-nous donc, nous autres, si ce n'est des extravagances*? Est-ce que ce coquin de Ligurio et mon écervelé de maître le mèneraient par le nez à quelque affront ? Véritablement j'en serais fort aise , pourvu toutefois qu'on n'en sût rien; car si l'affaire venait à s'ébruiter, il pourrait bien y aller de la vie pour moi, et pour mon maître de la vie et de la bourse. Le voilà déjà devenu médecin ; je ne sais quel est leur projet, ni où tend leur fourberie. Mais voici le docteur qui revient avec une fiole

teur se passe à assister à des thèses ou à se chauffer au soleil dans la place publique; » Periès... «ou à demeurer tout le long du jour sur les bancs de l'audience, à faire les damoiseaux, n Ni l'un ni l'autre n'a su ce que c'était , du temps de Macchiavelli , que la panra del proconsolo- Nous l'apprenons d'^«ïo«. /ï'ra/jce^co Doni, grand ami de l'Arétin et auteur beaucoup plus fécond qu'eslimé. Dans un de ses livres iniilulé / Marmi , lequel tire son nom des marbres qui décoraieiu la place de Santa Libe- ToJta, entre la cathédrale Santa Maria del Flore et San-Giovanx, Doni vanie la délicieuse fraîcheur qu'on y goûtait, et qui en faisait un lieu de réunion plus agréable que les promenades de Naples, de Rome et de Venise. «Là, dit-il, les Florentins ont des escaliers de marbre dont le dernier degré forme une espèce de terrasse, où la jeunesse .se réunit pour prendre le fmis pendant les ardentes chaleurs ; là se tiennent d'agréables conversations; là se racontent de plaisantes histoire»; \'\ on envoie la raillerie à qiii la craint; là se publient toutes les nouvelles du monde.» Là aussi était \d.panca del pro- j, consolo; et c'est faute d'avoir cherché cette informa- r tion que l'un des traducteurs fait chauffer au soleil des \' gens qui prennent le frais , et que l'autre transforme un rendez- vous de plaisir en un tribunal.

* Nol farenrimo a'sassi pe'forni : c'est une locution proverbiale tout à fait intraduisible ; Macchiavelli l'explique lui-même dans une lettre à Guicciardini, qui ne la comprenait pas •.•fare a'sassi pe'forni, dit-il, ne signifie pas autre chose que : faire des actions d'insensé. »

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