‹ Œuvres complètesChapitre 117 sur 323 · ACTE 111, SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE IIL

essentiel dans cet art, et dont il ne faut instruire que les véritables gourmands et les amateurs éclairés. Je n'ai jamais vu de chapons dont les croupions fussent aussi beaux! N'est-ce pas un véritable péché que de les voir perdre ainsi? Hélas î il n'y a plus de remède! il faut prendre son mai en patience. Mais Camillusn'a pas encore compris toute l'utilité de cette philosophie, la seule maîtresse du bien-vivre. Les princes euxmêmes recherchent aujourd'hui mes semblables; et lorsqu'ils ont trouvé quelque homme habile dans ce bel art, ils veulent qu'on ait pour lui l'estime que méritent les personnaj^fes les plus éminents; ils ne regardent point au salaire, car l'argent employé pour la table n'est sujet à aucune loi ni à aucune mesure; et leur principale élude, l'aiguillon qui stimule le plus leur esprit, est de pouvoir vivre au scindes voluptés. Et, pour vous faire part d'un secret connu de peu de monde, le plaisir ne peut loger chez un homme dont l'estomac est vide, attendu que le besoin est le père de la tristesse .. Mais quelle est cette femme tout affligée qui à cette heure sort de la uiaison.^ Elle doit être fille, ou amoureuse... Si je l'ai bien vue, ce doit être la suivante qui veille si bien sur Virginia. Cachonsnous près d'ici afin d'entendre ce qu'elle va dire.

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