‹ Œuvres complètesChapitre 127 sur 323 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

FAMPHILA, UNE SUIVANTE.

PAMPHiLA. On trouvera peut-être qu'en sortant ainsi je manque à la bienséance, et je serai sans doute blâmée; mais quelle femme, si vertueuse qu'elle soit, pourrait demeurer au logis en apprenant, comme je le fais, des choses qui me glacent et me font mourir de douleur? A ma place toute autre ferait pis encore, elle neresterait pas une seule minute chez elle. Je doute si je veille ou si je dors ; si j'ai changé de figure, de nom ou de mari; si j'ai la tète bien saine. Celle lettre est cependant bien de la main de mon mari : il m'y traite comme sa maîtresse. Il faut sans doute que le porteur se soit trompé de demeure et de nom, et que son cœur brûle pour quelque autre femme. Malheureuse que je suis! je ne vois que trop maintenant d'où provient son aversion, pourquoi il me fuit, pourquoi il me prive de mes droits d'épouse! Ahl c'est son amour pour une autre qui l'aveugle! Il lui aura promis de le lui prouver par ses actions, tandis que je dois me contenter des paroles ; car le cœur de l'homme ne peut brûler à la fois de deux amours semblables. Ah! qu'il vaudrait bien mieux pour moi, tandis que je le puis encore, chercher un autre mari ! Si le mien ne peut me souffrir lorsque je suis loin de lui , comment pourra-t-il me voir sans cesse à ses côtés?... Que ferai-je?.. Tenterai-je un semblable moyen? Attendons encore, et essayons une dernière épreuve : il n'y a pas de mal sans

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