ROITE. - ACTE IV, SCÈNE II
remède. Comme le hasard nous sert parfois selon nos vœux ! cette méprise ne pouvait avoir lieu plus à propos. Si le courage et Thabileté ne me manquent pas, je saurai déjouer les projets de mon volage époux; peut-être même pourrai-je en retirer le fruit qu'il réserve à une autre ; et cette ruse innocente lui sera même profitable. Mais, comme reculer tantôt et tantôt aller en avant fait souvent découvrir la ruse, je me suis rendue sur-le champ aux désirs de Caiiiillus, et je lui ai fait savoir que j'étais disposée à lui consacrer cette uuil. Toutefois je ne lui ai répondu que de vive voix, parce que si je venais à changer d'avis je ne voudrais pas avoir contre moi une lettre pour témoin. Il ne faut pas agir comme la plupart des femmes, qui s'amusent à écrire des balivernes au premier' venu pour se donner de l'importance: elles ont souvent sujet de s'en repentir, mais alors il est trop tard. L'aiguille et le fuseau., voilà notre métier, et non celui d'écrire. Mais je ne veux pas dire tout ce que je pense de notre sexe, et j'en reviens à ce qui me touche. J'ai indiqué à Camillus le signal, l'heure, le lieu et la manière; et si, comme je l'espère, il vient à la brune me trouver au milieu des sarments, de la paille et du foin, je n'ouvrirai la bouche que lorsque les bêtes de somme resteront tranquilles.
LA SUIVANTE. Ma chèrc maîtresse , partons , je vous en conjure; il ne convient pas que nous restions plus longtemps en cet endroit : il commence à se faire tard, et Camillus pourrait encore nous reconnaître.