‹ Œuvres complètesChapitre 143 sur 323 · DECENNALE · texte numérisé non relu

DECENNALE

; à Salsa et dans Rome . c'est dans cette dernière ville que le Fratiçais, plongé dans la tristesse, se plaignit de trouver le sort contraire. 1 Alors l'Espagnol, s'imaginant avoir obtenu ! dans ce combat la victoire qu'il espérait et ne I voulant point jouer de son reste avec son en- I nerai ,

! Espérant peut-être trouver de plus grands avantages encore dans la paix, fit mettre un terme aux tumultes des armes et fut trop heureux d'accepter une trêve.

Loin de tenir alors votre valeur cachée , vous avez revêtu vos armes les plus puissantes afin de mieux vous mettre à l'abri des insultes.

Vous n'avez point oublié non plus les offenses des Pisans ; vous leur avez ravi au contraire les fruits de leur troisième moisson en les attaquant et par mer et par terre.

Et comme ils semblaient mépriser la force de v.otre épée, vous vous êtes efforcés par divers moyens de détourner le cours des ondes de TArno.

Ensuite, pour adoucir les cœurs les plus envenimés par la haine, vous avez ouvert les bras à tous ceux qui voudraient venir implorer votre pardon.

Cependant le pape, après un grand nombre d'offres, obtint la possession de Furli et de sa forteresse, et le Valentinois s'enfuit par des chemins dérobés.

Et Gonzalve , quoiqu'il l'eût vu d'un œil bienveillant , lui imposa le châtiment que méritait un sujet rebelle au Christ.

Pour dompter l'excès de son orgueil il envoya en Espagne, vaincu et prisonnier, celui qui vous avait fait trembler et qui fit pleurer Rome.

Deux fois le soleil dans son tour a fait rouler la cinquième année sur ces événements terribles et lamentables, et sans cesse il a vu le monde teint de sang.

Maintenant il prodigue la nourriture à ses coursiers, afin qu'on apprenne bientôt des choses auprès desquelles tout ce que vous venez d'entendre n'est rien.

La fortune n'est point encore entièrement satisfaite; elle n'a point encore mis un terme aux dissensions de l'Italie, et la source de tant de maux n'est point encore tarie.

Les royaumes ni les autres puissances ne

POESIES DIVERSES

sont point encore unis ; ils ne peuvent même pas l'être , parce que le pape, prétend guérir l'Église de ses profondes blessures.

L'empereur, avec son unique rejeton, veut se présenter au successeur de saint Pierre ; et le coup qu'a reçu le Français le fait souffrir encore.

L'Espagne , qui tient enfin le sceptre de la Fouille, va tendant des lacets et des rets à ses voisins , afin de n'être point obligée de revenir en arrière sur ses entreprises.

Saint-Marc, rempli tout ù la fois de la crainte et de la soif d'acquérir , semble suspendu entre la paix et la guerre. Quant ù vous, vous conservez toujours le juste désir de reconquérir Pise.

Ainsi on comprend aiséaient que la flamme s'élèvera jusqu'au ciel si un nouvel incendie s'allume parmi tous ces rivaux.

Voilà pourquoi mon esprit s'enflamme : tantôt il cède au poids de l'espérance , tantôt à celui de la crainte; et, dans cette agitation continuelle, 'il s'évapore goutte à goutte;

Car il voudrait savoir dans quel port votre vaisseau , chargé du fardeau de tant de craintes, doit être conduit par les vents.

Cependant il s'en repose et sur la sagesse du nocher et sur les rames, les voiles et les cordages. Mais le chemin serait bien plus facile et plus court si vous rouvriez le temple de Mars.

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