CHANT VII
Déjà notre pied touchait le seuil de cette porte, et ma dame avait fait naître en moi le désir de pénétrer dans l'intérieur.
Mon désir se trouva enfin satisfait, car à l'instant la porte s'ouvrit d'elle-même, et manifesta à nos yeux l'enceinte qu'elle renfermait;
Et pour que je pusse mieux contenter ma curiosité , ma conductrice découvrit en entrant la lumière qu'elle avait cachée sous son vêtetement.
A l'apparition imprévue de cette vive clarté, plus de deux mille bêtes, ainsi qu'il arrive toujours lorsqu'on aperçoit une chose nouvelle , levèrent soudain la tête.
«Regarde bien maintenant, si tu as envie de « voir, me dit ma dame, regarde le vaste trou- «peau qui se trouve réuni dans cette enceinte.
«Mais que ce spectacle ne te semble pas une «chose à dédaigner, car tous les animaux qui «sont ici ne sont pas des animaux terrestres : il «existe aussi parmi eux quelques oiseaux. »
Je levai alors la vue, et j'aperçus une si grande quantité de bêtes brutes que je ne crois pas qu'il soit possible de dire ni leur nombre ni leurs espèces.
Comme il serait ennuyeux de décrire tous ceux que je vis, je me bornerai à parler de quelques-uns dont l'aspect frappa mes yeux de plus d'étonnement.
Je vis un chat, par un excès de patience, laisser échapper sa proie et en demeurer tout confus , quoiqu'il ne manquât pas de sagesse et qu'il fût d'une bonne race.
Je vis ensuite un dragon, livré à la plus vive agitation se tourner, sans jamais trouver le