‹ Œuvres complètesChapitre 168 sur 323 · CHANTS DE CARNAVAL. - II · texte numérisé non relu

CHANTS DE CARNAVAL. - II

âge ; son ranjç n'est point si inférieur au tien, la nature ne l'a pas si disfyracié en le créant, que tu aies des raisons de rejeter ses vœux. Regarde son visajïe qu'inondent les larmes que répandent ses yeux : le cœur le plus sauvage s'en laisserait attendrir, et il adoucirait la fureur d'un ligre d'Hyrcanie.

XXXII. C'est (on adresse et ton esprit qui furent les filets amoureux auxquelsjemesuis laissé prendre. Qu'un signe favorable me fasse connaître que tu ne m'es point contraire : ce signe tu me le dois; sinon tu me verras, transporté de colère et de dédain, ne laisser devant ta porte

qu'un cadavre glacé par la mort ; et Vénus ellemènie vengera mon infortune par ta honte et ton meilleur.

XXXIII. De toutes parts il n'est rien qui ne te presse, ô beauté cruelle, de répondre au cri de mes désirs : d'un côté tu es contrainte par la crainte de la vengeance qui attend celle qui ne répond point à l'amour que l'on ressent pour elle, et de l'autre par la récompense promise à celle qui veut obéir aux lois de l'Amour. Dépose donc toute volonté trop fière ou trop rebelle, et fais ton propre bonheur en faisant celui de l'amant qui t'adore.

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