‹ Œuvres complètesChapitre 178 sur 323 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

Si je pouvais vivre un seul moment sans penser à vous , je nommerais cette année-là heureuse; les chagrins qui m'accablent deviendraient un peu plus doux, si je pouvais vous convaincre des peines que j'endure.

Oui, je vivrais heureux, si vous pouviez croire aux peines qu'à chaque instant me causent vos beaux yeux. Ces bois n'y ant-ils pas cru , eux qui sont déjà fatigués d'entendre mes plaintes ?

On se console enfin de la fuite des richesses et de la mort d'un fils ; on se console même de la perte d'un trône : tout chagrin, toute passion a son terme ;

Mais, ô tourment de ma vie qui surpasse tous les autres! il faut que je pleure seul, et. que je pense à vous, et que mes pleurs ne puissent tarir, et qu'on ne veuille point y croire,

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