TRÈS-MAGIVIFIQUES ET TRÈS-HAUTS SEIG!>IEDRS
Je vous avais écrit hier soir l'incluse, et je me disposais à vous expédier Ardingo , qui vous remettra la présente , lorsque messer Giovanni da Casale vint me trouver pour me dire , de la part de la comtesse, qu'il était inutile que j'écrivisse, parce que Son Excellence ne voulait rien exiger de plus de vos seigneuries, dans l'intime conviction que vous n'en agiriez pas autrement dans ses besoins qu'elle en avait agi envers vous , et qu'elle me priait de me rendre chez elle dans la matinée, pour signer l'engagement, etc.
Persuadé que c'était une affaire arrangée, je crus devoir profiter d'un exprès que le curé de Cascina envoyait à Lorenzo di Pier Franccsco , pour écrire à vos seigneuries ce que je croyais sur le point de se conclure. Ce matin donc, lorsque je pensais que nous allions terminer selon ce qui avait été convenu , et que je me trouvais avec messer Giovanni en présence de la comtesse, elle m'a dit qu'ayant réfléchi toute la nuit, elle avait pensé qu'elle s'attacherait à vous avec bien plus d'honneur , si vos seigneuries voulaient déclarer qu'elles s'obligeaient à défendre ses états, comme son secrétaire me l'avait demandé précédemment ; qu'en consé
quence, elle avait résolu de nouveau de me presser de vous en écrire, et que, si elle m'avait fait dire le contraire par messer Giovanni, je ne devais pas en être étonné , car plus on approfondit les affaires et mieux on les entend. i
A ce changement inattendu je n'ai pum'empècher d'éprouver quelque mécontentement, et de le témoigner par mes paroles et par mon maintien, en disant que vos seigneuries auraient d'autant plus le droit de se formaliser,' que je leur avais mandé que son excellence élaiti satisfaite de tout sans exception. Mais, n'ayant; pu tirer autre chose de la comtesse , je me voisj forcé devons envoyer ma lettre d'hier, et de vous écrire la présente, pour vous donner une connaissance plus particulière de ce qui s'est passé depuis , afin que vous puissiez mieux vouî déterminer et prendre une prompte résolution.
Demain matin je me rendrai à Castrocaro pour voir si je puis mettre les Corbizo à l'abri des insultes de Dionisio Naldi et de ses partisans. Madame Catherine m'a offert son entremise, et vous serez informés des suites de cette affaire. Je me recommande Irès-humblement à vos seigneuries.
De vos très-hautes seigneuries, Le très-humble serviteur, N. Macchiaveili *.
De Forli, le 24 juillet 1499.
'Après le départ de Macchiavelii, cette princesse expédia à Florence un envoyé extraordinaire, dont voici la lettre de créance :