‹ Œuvres complètesChapitre 22 sur 323 · SOSTRATA, LUCREZIA · texte numérisé non relu

SOSTRATA, LUCREZIA

SOSTRATA. Tu crois, j'cspèrc, ma chère fille, que je prise ton honneur autant que personne au monde, et que je ne te conseillerais pas une chose qu'il ne serait pas convenable de faire. Je t'ai dit et je te répèle que si frère Timoteo t'assure que ce n'est pas un cas de conscience, il le faut faire sans t'en embarrasser autrement.

LUCREZIA. Je me suis toujours doutée que le désir de messer Nicia d'avoir des enfants nous

RAMATIQUES

ferait faire quelque sottise, et c'est pour cela que toutes les fois qu'il m'a parlé d'un nouvel expédient , il a toujours éveillé mes soupçons: aussi je me suis tenue sur mes gardes, surloni depuis qu'il m'arriva ce que vous savez pour être allée aux Servîtes. Mais de toutes les choses , qui lui ont passé par la tête celle-ci me paraît [ la plus étrange : vouloir que je me soumette j à une chose si infâme; consentir qu'un homme I meure pour me déshonorer ! Non, quand je serais seule au monde et qu'il n'y aurait que moi pour faire revivre la nature humaine, je ne croirais jamais qu'une telle action fût permise.

SOSTRATA. Pour moi , je ne sais pas faire de si belles phrases, mon enfant. Tu parleras au frère , tu verras ce qu'il te dira , et tu feras ensuite ce qui te sera conseillé par lui , par nous, par tout ce qui te veut du bien.

LUCREZIA. Je souffre le martyre!

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