‹ Œuvres complètesChapitre 21 sur 323 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Frèke TIMOTEO, seul

Je ne sais qui attrape l'autre. Ce coquin de Ligurio s'en est venu me tâter le pouls avec sa première histoire ; de sorte que si je n'eusse pas consenti, il restait maître de ne pas me dire la véritable ; et pour ce qui est de la fausse, ils s'en moquaient. 11 est bien vrai que j'ai été pris pour dupe; mais bast! j'ai mon profit dans cette duperie : messer Nicia et Callimaco sont cossus, et par divers moyens je tirerai bon parti de l'un et de l'autre. Il faudra bien que la chose reste secrète : il y va, à la dire, autant du leur que du mien. Ma foi! arrive que pourra! je ne m'en repens pas. A la vérité, je crains quelque difficulté, car madame Lucrezia est sage et vertueuse. Je la prendrai par sa bouté même, et les femmes ont peu de cervelle. S'il s'en trouve unequi sache dire deux paroles, on la cite comme un prodige, car au pays des aveugles les borgnes sont rois. Mais la voici avec sa mère. Quant à celle-ci, c'est une bonne bêle, et qui me sera d'un grand secours pour conduire l'autre à ma fantaisie.

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